Les troupes du Corps de la Révolution iranienne se sont retirées de nombreux fronts pour se redéployer sur des zones stratégiques tout autour de Damas. 

IRGC troops. (AFP/Atta Kenare)

 

BEYROUTH – Les troupes des gardiens de la Révolution iranienne combattant pour le compte du régime de Bachar al Assad se sont, d’après les rapports de terrain, retirés d’un grand nombre de fronts et champs de bataille et redéployés sur des points stratégiques autour de la capitale syrienne. 

« Le cercle dirigeant iranien a sonné la retraite de ses combattants du CGRI, parce qu’ils ne prennent pas d’avantage stratégique marquant dans de nombreuses zones et qu’ils ont subi de lourdes pertes », a rapporté mardi l’Agence de presse italienne Adnkronos (AKI). 

« Le CGRI s’est maintenant repositionné fermement autour de Damas », ont confié à l’AKI des sources proches du Hezbollah. 

Cela dit, ces sources démentent que Téhéran aurait retiré ses forces de Syrie pour les rapatrier en Iran. 

« Nous pensons qu’ils disposent d’environ 6.000 combattants au total en Syrie. Ils font tous partie des Pasdaran (Gardiens de la Révolution) et on ne compte pas de membres combattants des Basiji. Ce sont aussi des officiers iraniens qui les supervisent et les Syriens ne s’ingèrent pas dans leurs affaires. Le sujet se limite à la coordination avec les troupes de l’armée syrienne ». 

Ces sources expliquent que la coordination la plus significative avec les forces syriennes concerne les relations entre le CGRI, « l’Armée de l’air et l’artillerie » syriennes. Elle s’est mùise en place « pour fournir une couverture aérienne aux forces iraniennes ».  

Les rebelles profitent pleinement de l’absence des Iraniens. 

 Le journal As-Sharq al-Awsat, appartenant à des Saoudiens, est le premier à avoir mentionné un tel retrait des troupes iraniennes, la semaine dernière, citant des sources de l’opposition qui disaient constater une « absence frappante des forces des GRI pour soutenir le régime d’Assad sur le champ de bataille ». 

Ce journal ajoutait que ce retrait avait « positivement impacté la situation de l’opposition, qui a récemment commencé à reprendre l’initiative et réalisé de nouvelles percées sur le front ». 

 Ces sources ont informé l’Asharq Alawsat que leurs propres forces « avaient retrouvé la capacité de mener l’offensive et de prendre leur ennemi par surprise, en plus d’un endroit, au nord comme au sud du pays ». 

 Au cours des dernières semaines, les rebelles syriens ont ainsi pu s’emparer de la capitale du gouvernorat d’Idlib, prendre le contrôle de points stratégiques près de la frontière jordanienne et brisé les lignes de défense du régime autour et dans la ville d’Alep, au Nord-Ouest. 

Rami Abdel Rahman, directeur de l’Observatoire syrien des droits de l’homme a déclaré à l’As-Sharq al-Awsat, mardi, que l’élan des combattants du CGRI en Syrie s’était émoussé », mais que leur présence dans le pays n’avait pas diminué. 

« Les activistes et combattants (rebelles) syriens ont pu s’apercevoir de ce changement, depuis le début des négociations directes sur le programme nucléaire iranien ».  

Il a, effectivement, ajouté que la situation « restait volatile et très active en ce moment », et, par conséquent sujette à subir bien des changements.  

La Défense de Damas

Ce redéploiement supposé des troupes iraniennes dans les environs de Damas survient, alors que les forces favorables au régime ont mené de nouvelles offensives, au beau milieu des menaces rebelles grandissantes, à l’extérieur de la capitale. 

l’AKI décrit le redéploiement de ces troupes du CGRI « Au Sud-Ouest de la capitale, dans le Golan, près de la frontière avec Israël ; dans les monts Qalamoun, dans les zones nord-ouest de Damas, près de la frontière avec le Liban ; et dans certaines zones du Sud de la Syrie, en particulier dans les bases militaires autour d’Izraa et Sanamayn.” 

Toutes les zones qu’on vient de mentionner servent de lines défensives majeures pour Damas. Le Hezbollah et les forces fidèles au régime se sont, dit-on, préparées à une nouvelle campagne de printemps, dans les montagnes du Qalamoun, à partir desquelles les bataillons islamistes pourraient frapper l’autoroute Damas-Homs.  

Le magazine de Défense Jane’s, l’une des publications prédominantes dans le monde sur les sujets militaires, a prévu le 12 avril, »qu’une offensive du Jabhat al Nusra et de l’Etat Islamique, travaillant probablement de façon indépendante et visant à sectionner les communications entre Homs et Damas, est tout-à-fait probable, dans les semaines à venir ». 

Plus loin au Sud, en février, le Hezbollah et l’Iran ont lancé une offensive visant à sécuriser un territoire triangulaire qui s’étend des faubourgs au sud de Damas jusqu’à Quneitra, au sud-ouest et Dera’a au Sud-Est. 

Cependant, cette campagne est au point mort, le Front du Sud de l’Armée Syrienne Libre se taillant même une série de victoires. La semaine dernière, l’alliance rebelle a même réussi à lancer sa propre campagne en direction de Sanamayn, une ville située à, à peine, 50 kms au sud de Damas, qui abrite la 9ème Division Blindéeet qui sert comme l’une des dernières lignes de défense du régime pour défendre la capitale. 

Izraa, située sur l’autoroute entre Dera’a et Sanamayn, abrite également l’une des bases les mieux fortifiées du régime au sud de la Syrie. 

now.mmedia.me

Adaptation : Marc Brzustowski

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