Statut de Jérusalem: le Fatah appelle à la poursuite des manifestations

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Le Fatah du président Mahmoud Abbas a appelé les Palestiniens à poursuivre leurs manifestations contre la décision des Etats-Unis de reconnaître Israël comme capitale d’Israël.

Dans une déclaration publiée samedi soir, après trois journées de violence lors desquelles quatre Palestiniens ont été tués et des dizaines blessés, le Fatah a appelé à “poursuivre la confrontation et à l’élargir à tous les points où l’armée israélienne est présente”.

En signe de protestation contre la décision sur Jérusalem annoncée mercredi par le président Donald Trump, M. Abbas a décidé de ne pas recevoir le vice-président américain Mike Pence lors de sa visite prévue mi-décembre en Israël et en Cisjordanie, a indiqué à l’AFP son conseiller Majdi al-Khalidi.

Réunis au Caire, les ministres des Affaires étrangères des pays membres de la Ligue arabe ont appelé Washington à revenir sur sa décision.

Dans une résolution publiée dimanche matin et dont l’AFP s’est procurée une copie, les ministres arabes estiment que les Etats-Unis se sont “retirés comme parrains et intermédiaires du processus de paix” israélo-palestinien et demandent qu’ils “annulent leur décision sur Jérusalem”.

Des Palestiniens sont de nouveau descendus dans les rues samedi à Jérusalem-Est et en Cisjordanie occupée ainsi que dans la bande de Gaza. Ils ont lancé des pierres sur les soldats israéliens qui ont riposté en tirant des balles en caoutchouc ou des balles réelles et des gaz lacrymogènes, selon l’armée.

Selon le Croissant-Rouge, 171 Palestiniens ont été blessés en Cisjordanie et 60 dans la bande de Gaza pendant la journée de samedi par des tirs ou des coups des forces de sécurité ou intoxiqués par inhalation de gaz lacrymogène.

– Avertissement israélien –

Deux Palestiniens ont été tués dans des heurts vendredi et deux membres du mouvement islamiste palestinien Hamas ont péri samedi dans des raids menés par l’aviation israélienne en riposte à des tirs de roquettes venus de la bande de Gaza.

L’armée a déclaré que les raids visaient des cibles militaires dans la bande de Gaza contrôlée par le Hamas, qu’Israël considère comme une organisation terroriste.

Un haut responsable militaire israélien, le général Yoav Mordechaï, a averti samedi qu’une poursuite des tirs depuis l’enclave palestinienne provoquerait une réponse “douloureuse” de la part d’Israël.

L’actuelle flambée de violence est survenue après l’annonce faite mercredi par Donald Trump que les Etats-Unis reconnaissent désormais Jérusalem comme la capitale d’Israël et vont à terme y transférer leur ambassade, rompant avec des décennies de diplomatie américaine et internationale.

Jérusalem, avec ses lieux saints juifs, chrétiens et musulmans, est un sujet passionnel.

Après l’annexion de Jérusalem-Est, Israël a proclamé toute la ville comme sa capitale “éternelle et indivisible”. L’ONU n’a jamais reconnu cette annexion.

Par solidarité avec les Palestiniens, des dizaines de milliers de personnes ont manifesté dans divers pays depuis la déclaration de M. Trump. Des rassemblements ont eu lieu samedi notamment à Istanbul, au Koweït et à Paris.

Dans la capitale française, les manifestants, plusieurs centaines, protestaient à la fois contre la décision de Donald Trump et contre la venue du Premier ministre israélien Banjamin Netanyahu, attendu à Paris dimanche pour une rencontre avec le président Emmanuel Macron.

M. Macron a qualifié mercredi de “regrettable” l’annonce de M. Trump, alors que M. Netanyahu a déclaré que le président américain, avec cette décision, était “entré à jamais dans l’histoire (de Jérusalem)”.

Netanyahu critique l’attitude “hypocrite” de l’Europe

La réaction de l’Europe à la décision du président américain Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël est hypocrite et témoigne d’un double standard, a estimé le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu samedi, juste avant son départ pour une visite de deux jours à Paris et à Bruxelles.

Benjamin Netanyahu doit rencontrer ce dimanche à Paris le président français Emmanuel Macron. Des centaines de personnes ont d’ailleurs manifesté samedi à travers le pays contre la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël par les Etats-Unis et la venue du Premier ministre israélien.

Celui-ci se déplacera ensuite lundi à Bruxelles, où il est attendu pour une réunion informelle des ministres européens des Affaires étrangères à l’invitation de Federica Mogherini, la Haute représentante de l’Union pour les affaires étrangères.

“Ces 22 dernières années, aucun Premier ministre n’a participé à une telle réunion. J’accorde une grande importance à l’Europe. Je la respecte mais je ne suis pas prêt à accepter des doubles standards”, a affirmé Benjamin Netanyahu avant son départ.

Ce dernier ne comprend pas que les dirigeants européens condamnent la décision de Donald Trump mais restent dans le même temps silencieux sur l’envoi de roquettes depuis la Palestine vers Israël. “Je n’ai pas l’intention d’accepter cette hypocrisie et, comme toujours, je profiterai de cette opportunité importante pour proclamer la réalité israélienne sans peur et avec la tête haute”, a prévenu le Premier ministre.

Pour les ambassadeurs de France, du Royaume-Uni, d’Italie, de Suède et d’Allemagne à l’ONU, la décision de M. Trump “ne favorise pas la perspective de paix dans la région”.

– Rencontres annulées –

Face au tollé, l’ambassadrice américaine à l’ONU, Nikki Haley, a assuré que les Etats-Unis restaient engagés dans le processus de paix israélo-palestinien, au point mort depuis 2014.

Avant M. Abbas, le grand imam d’Al-Azhar, influente institution de l’islam siégeant au Caire, a annulé sa rencontre avec M. Pence prévue en Egypte le 20 décembre. Le pape des coptes d’Egypte Tawadros II a lui aussi indiqué samedi qu’il refusait de recevoir M. Pence.

AFP

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