Après l’affaire du consulat à Jérusalem est, la position américaine sur les implantations en Judée Samarie , le nucléaire iranien qui engendre un dangereux rapprochement Ryad Téhéran, et surtout le fait que les États-Unis perdent de leur fiabilité dans le monde, voilà la dernière sortie de l’administration Biden en chute libre elle-même auprès des Américains.

Logiciel espion Pegasus : La firme israélienne NSO sur liste noire aux Etats-Unis.

CYBERSECURITE Washington dénonce la vente d’un logiciel «à des fins malveillantes» qui a permis à des régimes autoritaires d’espionner des figures politiques.

Le ministère américain du Commerce a décidé de placer l’entreprise israélienne NSO Group sur la fameuse Entity List, où figure déjà le nom de Huawei — entre autres. Les sociétés étrangères inscrites dans ce fichier ont, pour rappel, interdiction de travailler avec les entreprises américaines. Théoriquement, elles ne peuvent pas, non plus, faire usage de technologies développées par des entreprises américaines au sein de leurs produits.

« NSO Group a été ajouté à l’Entity List sur la base d’éléments prouvant qu’elle a développé et fourni des logiciels espions à des gouvernements étrangers qui ont utilisé ces outils pour cibler de manière malveillante des fonctionnaires, des journalistes, des hommes d’affaires, des militants, des universitaires et des employés d’ambassades (…) Ces outils ont également permis à des gouvernements étrangers de mener une répression transnationale, qui consiste pour des gouvernements autoritaires à cibler des dissidents, des journalistes et des activistes en dehors de leurs frontières souveraines pour faire taire les dissidents. Ces pratiques menacent l’ordre international », indique le ministère.

« Les États-Unis sont déterminés à utiliser les contrôles à l’exportation pour tenir pour responsables les entreprises qui développent, font le trafic ou utilisent des technologies pour mener des activités malveillantes qui menacent la cybersécurité des membres de la société civile », précise quant à elle Gina Raimondo, secrétaire au Commerce. Pour rappel, NSO Group est la société située en Israël qui édite Pegasus, logiciel qui permet d’espionner de manière invisible les téléphones portables des personnes ciblées, au centre d’une vaste affaire d’espionnage international.

NSO Group sur liste noire. Washington a annoncé mercredi avoir ajouté la société israélienne qui fabrique le logiciel d’espionnage Pegasus à sa liste des entreprises interdites parce qu’elles constituent une menace pour la sécurité nationale des Etats-Unis ; une décision dénoncée à Tel-Aviv.

NSO s’est retrouvé exposé cet été après des enquêtes publiées par un consortium de 17 médias internationaux, révélant que Pegasus aurait permis d’espionner les numéros de journalistes, hommes politiques, militants ou chefs d’entreprise de différents pays, y compris le président français Emmanuel Macron.

Ces programmes informatiques « ont permis à des gouvernements étrangers de faire de la répression au-delà de leurs frontières (…) pour réduire au silence toute voix dissonante », ont souligné les autorités américaines dans un communiqué. Une fois installé dans un téléphone mobile, Pegasus permet d’espionner son utilisateur, accédant à ses messageries, ses données, ou activant l’appareil à distance pour capter son ou image.

NSO « consterné »

Le groupe israélien s’est dit « consterné » par cette décision et a l’intention de la renverser, a déclaré dans un message à l’AFP un porte-parole de cette société basée en banlieue de Tel-Aviv. Selon lui, NSO dispose d’une charte éthique « rigoureuse basée sur les valeurs américaines ».

« Les Etats-Unis sont déterminés à utiliser de manière incisive le contrôle des exportations pour responsabiliser les entreprises qui développent, commercialisent ou utilisent des technologies à des fins malveillantes, qui menacent la cybersécurité des membres de la société civile ou du gouvernement, des dissidents, et d’organisations basées ici et à l’étranger », a déclaré la ministre Gina Raimondo.

Le ministère a aussi ajouté une autre société israélienne (Candiru), une société russe (Positive technologies) et une société singapourienne (Computer Security Initiative Consultancy PTE) à cette liste noire, qui restreint les échanges commerciaux avec les firmes concernées.

Zéro clic

Les Etats-Unis sont un grand allié d’Israël. Mais le président américain Joe Biden a indiqué que le respect des droits humains serait au coeur de sa politique étrangère, et travaille donc à « mettre fin à la prolifération des outils numériques utilisés à des fins de répression », d’après un communiqué du département d’Etat. « Cet effort doit servir à améliorer la sécurité des citoyens en ligne, combattre les menaces de cybersécurité et réduire la surveillance illégale », a détaillé un porte-parole.

Le logiciel Pegasus doit, comme du matériel militaire, obtenir une licence d’exportation du ministère de la Défense israélien pour être vendu à un Etat étranger. C’est un programme informatique particulièrement sophistiqué, qui permet notamment de pirater des appareils sans même que l’utilisateur n’ait cliqué sur des liens ou boutons piégés, la technique habituellement utilisée. En septembre, Apple a dû réparer en urgence une faille informatique qui était exploitée par Pegasus.

Affaire Pegasus

« NSO va continuer d’équiper les agences de renseignement et forces de l’ordre dans le monde avec des technologies qui sauvent des vies et permettent de combattre le crime et le terrorisme », avait alors réagi la société israélienne, qui exporte dans 45 pays. En tout, d’après les associations Amnesty et Forbidden Stories, l’affaire Pegasus concerne une liste de 50.000 numéros de téléphone dans le monde sélectionnés depuis 2016 par les clients de NSO.

Les relations entre la France et le Maroc sont parasitées depuis cet été par ces révélations. Selon les informations du consortium de médias, un numéro d’Emmanuel Macron, de l’ancien Premier ministre Edouard Philippe et de 14 membres du gouvernement figuraient dans la liste des numéros sélectionnés par un service de sécurité de l’Etat marocain, accusé d’avoir eu recours au logiciel espion.

Les téléphones mobiles d’au moins cinq ministres français et un diplomate rattaché à l’Elysée ont été infectés par le logiciel espion, avaient expliqué à l’AFP plusieurs sources proches du dossier. Rabat a démenti avoir utilisé Pegasus. Plusieurs procédures judiciaires ont été enclenchées, notamment en France. Des experts des Nations unies ont appelé à un moratoire international sur la vente de technologies de surveillance jusqu’à ce que des règles soient mises en place pour protéger les droits humains.

Etats-Unis Israël

La morale n’est pas la seule raison dans cette affaire. Les Etats-Unis voient aussi d’un mauvais œil l’avancée technologique israélienne. Dernièrement un accord de coopération entre les deux pays a été signé afin d’accroitre les performances des deux pays dans ce domaine très particulier qui a une importance majeure dans la cyberguerre. Dans cette histoire il y a un double jeu américain, dans laquelle la morale a peu à voir.

JForum – 20 minutes

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