Des manifestants ont fait irruption à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris © Maxppp / IP3 / Luc Nobout

L’Hôpital de la Pitié-Salpêtrière est situé à proximité de la place d’Italie où le parcours de la manifestation syndicale a pris fin, mercredi, dans un nuage de gaz lacrymogène.

Vers 16h, le personnel du service de réanimation chirurgicale entend le défilé passer au loin, raconte Mickael Seban, l’interne de la réanimation.

« Tout d’un coup la grille à l’arrière de l’hôpital est forcée et des individus commencent à rentrer » dans une petite cour au niveau du numéro 97 du boulevard de l’hôpital.

La directrice de la Pitié, Marie-Anne Ruder, tente de « raisonner » les manifestants parmi lesquels on compte des gens en « gilets jaunes », d’autres en tenue civile et des personnes au visage entièrement masqué.

On peut aussi accéder à la réa par un escalier extérieur

Mais une trentaine de personnes entreprennent de monter l’escalier d’un étage qui débouche sur une petite passerelle donnant directement dans le service de réanimation dont ils tentent de forcer la porte.

« Pour empêcher les manifestants d’entrer, il y a toute l’équipe infirmière et moi, donc on est huit personnes et on essaie de bloquer la porte tant bien que mal, alors que de l’autre coté des personnes essayent de pousser » raconte Mickaël Sebban. Ils criaient ‘ouvrez la porte’ et nous on criait ‘on ne peut pas, c’est un service de réanimation’. C’était bizarre comme sensation, mais c’est revenu à la normale quand sont arrivées les forces de police. Ça a duré moins de cinq minutes. » L’hôpital a été évacué, et 30 personnes ont été interpellées.

Quant à savoir quelles étaient les intentions de ceux qui tentaient d’entrer, l’interne explique : « c’est un peu difficile de différencier les casseurs des gens qui voulait juste se mettre à l’abri des lacrymogènes, mais en tout cas ces gens essayaient de forcer la porte, donc avec mon équipe on était obligés de les empêcher d’entrer dans la réanimation ».

Un service qui abrite des patients particulièrement fragiles

En réanimation « on a des patients qui sont intubés et ventilés, des patients dans des états assez critiques, donc si des gens étaient entrés dans ce service, la vie des patients aurait pu être en danger, conclut le docteur Sebban, qui dit être « très fier de (son) équipe, infirmiers et aides soignants. On a vraiment essayé de protéger notre réa. Heureusement qu’il ne s’est pas passé de choses graves. On tient à nos patients, c’est normal. »

Agnès Buzyn, la ministre de la Santé, a remercié dans la soirée les équipes de la Pitié « pour leur sang froid« .  Quant à l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris, elle va porter plainte a indiqué son directeur général Martin Hirsch.

Une journaliste de l’AFP a vu des manifestants se réfugier dans l’enceinte de l’hôpital pour échapper aux gaz lacrymogènes sur le boulevard de l’Hôpital, avant d’être pourchassés par les forces de l’ordre, et certains interpellés.

par Thibault Lefèvre , Valeria Emanuele

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