Erdogan en meeting dimanche à Istanbul, pour sauver la mairie AKP.

Municipales en Turquie : les forteresses d’Erdogan menacées

Erdogan en meeting dimanche à Istanbul, pour sauver la mairie AKP.
Erdogan en meeting dimanche à Istanbul, pour sauver la mairie AKP.
Raphaël Boukandoura. Publié le 

Les municipales, dimanche, seront un test pour l’AKP, archi-dominateur depuis 2002. Récession et lassitude face à l’autoritarisme du Président pourraient faire basculer Ankara et Istanbul.

57 millons d’électeurs turcs sont appelés aux urnes ce dimanche 31 mars, pour élire leurs représentants locaux. Moins d’un an après les législatives, il s’agit d’un véritable test pour le pouvoir d’Erdogan, alors que le pays vient d’entrer en récession.

Quelle est l’importance de ces élections ?

Il ne s’agit que d’élections locales, mais elles sont très importantes car il pourrait s’agir de la première défaite majeure pour le Parti de la justice et du développement (AKP), au pouvoir depuis 2002. Ce qui pourrait imposer une nouvelle dynamique politique.

La ville d’Istanbul, avec ses 16 millions d’habitants, poumon économique du pays, est un symbole. C’est en conquérant la mégapole du Bosphore, en 1994, sous les couleurs d’un parti alors ouvertement islamiste, que Recep Tayyip Erdogan a entamé sa marche vers le pouvoir.

La popularité de l’AKP est aujourd’hui en berne, l’opposition veut saisir l’opportunité : le Parti républicain du peuple (CHP) et le Bon parti (nationaliste) se sont entendus sur des listes communes.

Le parti d’Erdogan peut-il vraiment perdre ?

La récession économique dans laquelle le pays est tombé et l’autoritarisme grandissant d’Erdogan lui ont fait perdre de nombreux électeurs. Les administrés se plaignent aussi de la gestion municipale de l’AKP qu’ils jugent parfois trop clientéliste. Selon la quasi-totalité des sondages, l’AKP risque de perdre Ankara, la capitale, elle aussi conquise en 1994.

À Istanbul, l’AKP et l’opposition semblent au coude-à-coude. « Cest pour cela que l’AKP a décidé de présenter un politicien de premier plan, lancien Premier ministre Binali Yildirim », analyse le spécialiste de l’islam politique Rüsen Çakir, fondateur du site d’information en ligne Medyascope.tv. Pour sauver ses mairies, l’AKP a lui aussi formé des listes communes avec le Parti de l’action nationaliste (MHP), d’extrême droite.

Quel est le rôle des Kurdes dans ces élections ?

Le Parti démocratique des peuples (HDP), issu de la minorité kurde, joue un rôle clé. Dans les villes de l’ouest du pays, où il n’avait aucune chance de l’emporter, il a renoncé à présenter des candidats, afin de faciliter une défaite de l’AKP. « Pincez-vous le nez sil le faut, mais allez voter contre le fascisme », a déclaré sa figure de proue, Selahattin Demirtas, emprisonné depuis plus de deux ans.

Dans le sud-est, majoritairement kurde, le HDP est certain de remporter la majorité des municipalités et la métropole de Diyarbakir. Mais Tayyip Erdogan, qui assimile le HDP à la guérilla du PKK, a prévenu : « Si des candidats qui ont partie liée avec le terrorisme remportent des élections, ils seront immédiatement démis et l’État nommera des administrateurs à leur poste. »

Raphaël Boukandoura. Publié le 

 

ouest-france.fr

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