Parti de gauche et antisémitisme: Mélenchon en pleine  dérive?

 
 
 

Le Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon en vient donc à pousser des cris d’Orfraie quand on ose constater les dégâts que son discours provoquent chez ses militants.

Le PG a ainsi annoncé le 17 février étudier « les conditions de déposer une plainte en contre Dominique Reynié », le directeur général de la Fondation pour l’innovation politique (Fondapol) , coupable d’avoir considéré ce même jour sur France Inter, « le Front de gauche et les électeurs de Jean-Luc Mélenchon en 2012 » comme un « foyer d’expression de l’antisémitisme ».

A l’origine de ce constat, une étude déjà ancienne de Fondapol (elle date de novembre 2014) qui constate que

« la société française comprend trois foyers d’expression de l’antisémitisme très forts. Le premier, ce sont les proches du Front national et les électeurs de Marine Le Pen en 2012, qui occupent une espèce de sommet en la matière. Le second groupe, c’est parmi les Français musulmans, où on trouve également une opinion antisémite qui se partage plus facilement. Et puis le troisième groupe ce sont les proches du Front de gauche et les électeurs de Jean-Luc Mélenchon en 2012, où là aussi on trouve, à un degré moindre et sur des ajustements ou des agencements différents, l’expression d’un antisémitisme fort ». 

« Une calomnie » a donc répondu Mélenchon avant de préciser : « Si vous trouvez qu’il n’y a pas assez d’antisémites et qu’il faut en inventer, on est vraiment dans la névrose. Ça va mal tourner : petit à petit, on installe une certaine banalité de l’antisémitisme ». Eric Coquerel le secrétaire national du PG de se sentir même « insulté » par les conclusions de l’étude de Fondapol et l’analyse de Reynié.

Pourtant, Jean-Luc Mélenchon a prononcé des phrases terribles, inacceptables, lourdement connotées le 24 août à Grenoble en clôture du « Remue-méninge » du Parti de Gauche. S’adressant à la communauté juive de France à travers le Crif et donc aux Juifs français, il a osé dire: « La République, c’est le contraire des communautés agressives qui font la leçon au reste du Pays ». Qui doit donc se sentir insulté par une personnalité de premier plan qui aspire à devenir Président de la République sinon les Juifs français ?

Que n’aurait-on dit si Marine Le Pen, son père ou l’un des responsables du Front national avait tenu de pareils propos ?

Où sont les défenseurs des valeurs de la République ? Du côté de M. Mélenchon qui a réduit l’été dernier, avant même la tuerie antisémite de l’HyperCacher, avant la profanation antisémite du cimetière de Sarre-Union, que les attaques de synagogues à Paris et à Sarcelles aux cris de « Mort aux Juifs », à « quelques excès » provenant de « quelques énergumènes » ou du côté de ceux qui ne sont-ils pas plutôt comme Manuel Valls considèrent que « l’antisémitisme se répand dans nos quartiers populaires, auprès d’une jeunesse souvent sans repères, sans conscience de l’histoire qui cache sa « haine du Juif » derrière un « antisionisme de façade et derrière la haine de l’État d’Israël et que « la haine du Juif, la haine d’Israël et l’antisionisme sont les moteurs de l’antisémitisme dans notre pays, ce mal en train de ronger notre société ».

Un mal, qui n’en déplaise à Mélenchon et à ses camarades du Parti de gauche, a même transcendé les clivages politiques.

Mélenchon a d’ailleurs ressorti au même rassemblement de Grenoble du 24 août cette vieille antienne : il serait la victime d’un procès en antisémitisme intenté par le Crif à lui comme à tous ceux qui auraient « l’audace de critiquer l’action d’un gouvernement » en l’occurrence du gouvernement israélien. Il n’a pas besoin de claironner : « Je ne suis pas antisémite », qu’il soit rassuré, on veut bien le croire.

Mais un constat s’impose : Monsieur Mélenchon n’en finit pas de surfer sur la vague populiste. Pourquoi avoir désigné comme il l’a fait dans ce discours de Grenoble, un bouc-émissaire. Celui qui dans l’imaginaire de certaines personnes cristallise toutes les haines et toutes les critiques.

S’il est tout à fait légitime et salutaire de critiquer la politique du gouvernement israélien, en France comme d’ailleurs c’est le cas en Israël, Monsieur Mélenchon devrait savoir que les mots ont un sens et que l’Histoire a laissé des traces dans les mémoires.

Défendre comme il l’a fait (le 24 août) devant « ses » militants, « les populations martyrisées de Gaza » en précisant : « Nous ne croyons pas aux Peuples supérieurs aux autres » est lourd, trop lourd de sous-entendus. Il suggère ainsi que les « crimes » de Gaza sont motivés par l’idée que les Juifs seraient un peuple élu. Or cette relation entre les deux (théologie et politique sécuritaire israélienne) est établie par Alain Soral. Ceux qui ont incarné la France républicaine, c’est ceux qui défendaient en fidélité à la mémoire du passé où déjà nous avons vu des petites communautés humaines être massacrées du seul fait de leur appartenance à une communauté.

Quand le même Jean-Luc Mélenchon clame dans le même discours de Grenoble qu' »en fidélité à ces combats du passé, en fidélité au souvenir des meurtres de masse qui ont été commis dans le passé, nous nous sommes portés aux avant-postes du soutien à cette malheureuse population », il s’agit d’un second parallèle totalement inadapté entre la Shoah et la guerre de Gaza.

Non l’opération israélienne de cet été à Gaza et au-délà, la guerre Israël-Palestine n’est pas un génocide. C’est une guerre avec ses horreurs, ses tragédies, ses morts et ses victimes innocentes. Monsieur Mélenchon le sait bien Et dire le contraire, c’est souffler sur les braises de l’antisémitisme et du négationnisme.

Étrange en tout cas de constater qu’il reprend désormais à son compte la rhétorique récurrente et habituelle des sites d’extrême-droite, de ceux d’Alain Soral, de Dieudonné M’bala M’bala ou encore de la mouvance islamo-salafiste.

La communauté juive serait-elle devenue pour lui, comme pour d’autres, la communauté à jeter en pâture à la nation avec un langage, des paroles et des arguments fallacieux.

On sait où cela a conduit par le passé. On sait aussi où cela peut conduire dans cette France de 2014 où quelques jihadistes de retour du Califat islamique peuvent à tout moment passer à l’acte. Les crimes antisémites de Mérah à Toulouse, de Nemmouche au musée juif de Bruxelles, de Coulibaly à l’HyperCacher l’ont prouvé. Et que Monsieur Mélenchon ne m’accuse pas d’islamophobie ou « de montrer du doigt tous les musulmans de France ».

D’élection en élection, de discours en discours, de dérapage en dérapage, Jean-Luc Mélenchon en finirait-il par oublier les valeurs de la République dans lesquelles il est si prompt à se draper ?

Publication : Mis à jour:

huffingtonpost.fr

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5 Commentaires

  1. Qu’il soit antisémite ou pas on s’en fout . Une chose est sûre : il ne nous aime pas .

    Il aime les muzz , il est amoureux des muzz .

    A l’écouter cela remonte à son enfance , je l’ai écouté faire cette confidence affalé sur un divan lors d’une émission télé .

    En effet comme beaucoup de ces malades , c’est un psychiatre qu’il lui faut .

  2. J’ajouterai, qu’à trop voire des têtes coupés par les islamistes cela réveille en peu « l’esprit révolutionnaire » chez les plus rouges de la République. D’ailleurs est-ce que la photo est un montage ou est-ce celle de sa campagne électorale ?!?!?

  3. A Dafiduck,
    Je pense que le site de Jforum n’est pas un endroit on l’on classe les gens par catégorie.
    JL mélenchon antisémite ou pas, franchement……Le plus important est surtout de souligner et d’analyser ce qu’il se cache derrière toute utilisation politique « du juif », parce que minorité non agressive et non terroriste, étant capable d’intelligence et d’autocritique, on peut se gaver sur son dos des arguments les plus abjectes pour défendre sa politique et ce depuis la nuit des temps.

  4. Cette article manque cruellement de vérité à l’encontre de J-L. Mélenchon que je me refuse à classer dans les antisémites. Les extraits supposés accabler l’homme ne suffisent pas à faire de lui un Besancenot sournois et pleureur.
    Il est d’extrême gauche, aucun doute là dessus et il utilise les éléments de langage compris par les gens qui paient un cotisation comme on achète une place de cinéma. Mais de là a en faire un antisémite, cela me semble exagéré ..

    • parce que si vous écoutez ce qu’il ose dire publiquement devant des foules nombreuses je vous laisse le soin d’imaginer ce qui se tapie au fond de son esprit…

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