M. Valls : Abandonner les Kurdes est un crime©

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Avec les Kurdes, plus que jamais ! Rassemblement de solidarité avec le Kurdistan irakien, jeudi 2 novembre 2017 à 20h, au cinéma Le Saint-Germain. Prises de parole par Caroline Fourest, Anne Hidalgo, le général Hajar Aumar Ismaïl, Bernard Kouchner, Bernard-Henri Lévy, Kendal Nezan et Manuel Valls © christophe Caudroy
M.Valls, [ancien 1er Ministre aux affaires le 13 novembre 2015] : Attaquer les Kurdes, c’est attaquer l’Europe
Former French Prime Minister Manuel Valls. AFP photo
L’ancien 1er Ministre Manuel Valls. AFP photo

Selon l’ancien Premier Ministre Manuel Valls, la France et la Communauté Internationale doivent prendre position, concernant les attaques irakiennes menées par les milices chiites contre les Kurdes et envoyer un message clair à l’Iran, pour lui faire comprendre que son ingérence en Irak et dans la région doit s’arrêter. Valls a déclaré dans une interview à Rudaw, que les Kurdes sont les alliés de l’Occident et qu’ils ont combattus ensemble contre le terrorisme, et que par conséquent, les laisser à présent à leur propre sort est un crime. 

Quand les Hashd al-Shaabi ont attaqué les Kurdes et Kirkuk, le monde a préféré garder le silence. Que fait la France à présent, pour les Kurdes?

Manuel Valls : Ce silence est malheureux, en gardant à l’esprit le rôle efficace et positif des Kurdes. Ce silence est en conflit complet avec bnos intérêts stratégiques. Les Kurdes, l’Europe, la France, l’Amérique défendent les mêmes valeurs, quand ils combattent le terrorisme de l’Etat Islamique.

Doc, si nous ne disons rien aujourd’hui, et que nous laissons les Kurdes être vaincus et que nous laissons l’Irak et l’Iran piétiner nos valeurs et les droits de nos amis kurdes, c’est un crime. Nous devons briser ce silence et exiger que la communauté internationale réagisse et garantisse aux Kurdes qu’ils bénéficieront de leurs droits légitimes.

Les Irakiens violent la constitution et, après s’être emparés de Kirkuk, ils essaient de prendre d’autres zones, également. Erbil appelle à des négociations que Bagdad rejette. La France peut-êlle jouer un rôle médiateur? 

Manuel Valls : Oui, certainement. La diplomatie française et le Président doivent bouger à un niveau européen et international. Nous ne pouvons pas permettre à ce qui est en train de se produire de continuer. Ce que l’Irak fait avec le soutien de l’Iran, c’est marcher sur les droits des Kurdes. Pourtant, le message kurde porte haut les couleurs de la liberté. C’est pourquoi j’ai accepté de participer à ce rassemblement [au cinéma Saint-Germain-des-Prés, avec BHL, Hidalgo, Fourest et Kouchner] qui appelle la France de répondre aux attentes et de jouer son rôle à la lumière de notre amitié historique avec les Kurdes et de leur participation dans la guerre contre Daesh.

La France a joué un rôle crucial dans la conception des 36 lignes de la zone d’exclusion aérienne (en 1991), mais maintenant, il y a des menaces bien réelles contre ces lignes. Que fait à présent la France pour protéger ces acquis,en particulier,alors que les Kurdes sentent qu’ils ont été abandonnés? 

Manuel Valls : Nous avons triomphé sur Daesh et le terrorisme grâce aux Kurdeset toute attaque contre les Kurdes sera une attaque contre l’Europe. Pas seulement, à cause de l’amitié entre les Kurdes et la France, mais pour le bien des intérêts pour lesquels nous combattons aujourd’hui, la France doit être active à un niveau international et soutenir les Kurdes en donnant tout ce qu’elle a (dans les tripes).

The Hashd al-Shaabi sont soutenus par l’Iran, donc pourquoi la communauté internationale reste t-elle silencieuse face à l’ingérence de l’Iran en Irak et sur les terres kurdes?

Manuel Valls : L’Iran veut propager son influence en Irak, dans la Région du Kurdistan, en Syrie et au Liban et ici, en Europe, notre cible est de combattre Daesh et le terrorisme, mais cela ne signifie pas que nous devions prendre à la légère la question de l’Iran. Si nous étions intervenu et avions clairement rejeté ces attaques hostiles contre les Kurdes en y mettant un terme immédiat, nous aurons alors envoyé un message fort à l’Iran, pour lui dire que nous rejetons sa domination sur cette région.  Ce qui se passe ici jette le doute et l’incertitude sur l’avenir de la région et, par conséquent, La France doit agir immédiatement et de façon résolue.

Vous êtes au courant de la nature des conflits. Que peut faire de plus le gouvernement français en terme de manifestation de son soutien aux Kurdes? 

Manuel Valls :  A mon avis, la participation et les actions des intellectuels, des responsables, des journalistes et des militants à de tels événements consiste à mobiliser les médias, les médias français, en particulier et, pour le peuple et des décideurs politiques français, de prendre position. Vous pouvez compter sur l’expression de nos voix.

Je suis en admiration devant le peuple kurde et ses combattantes et combattants, qui ont payé de leurs vies le prix de notre liberté. C’est pourquoi nous l’avons dit ici, aujourd’hui, que nous ne laisserons pas faire et ne permettrons pas la défaite des Kurdes. Vous pouvez croire en notre promesse. Nous savons que ce qui se passe représente un grave danger pour les Kurdes, mais nous ne devons pas le permettre.

Par Rudaw le 04/11/2017. 

Adaptation : Marc Brzustowski

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