L’ours en peluche dans les décombres: l’image qui revient sans cesse à Gaza
Rachel O’Donoghue
Vous l’avez sans doute déjà vu, pas seulement à Gaza, pas seulement pendant cette guerre, mais dans des zones de guerre du monde entier. Au milieu du métal tordu et du béton brisé, il est là: un ours en peluche. Doux, enfantin, absurdement déplacé. L’implication est immédiate et viscérale. Un enfant innocent est mort ici. Le jouet, à moitié enseveli sous la poussière, est tout ce qui reste. Cette image est conçue pour évoquer le chagrin, l’indignation et la culpabilité.
La triste vérité est que la guerre est horrible et que ce sont souvent les innocents qui en souffrent le plus. La mort d’un enfant est toujours une tragédie, que ce soit à Gaza, en Israël ou ailleurs.
Mais à Gaza, comme HonestReporting l’a documenté à maintes reprises , le Hamas non seulement met en danger les civils, y compris les enfants, mais il manipule également le récit. Il gonfle le nombre de victimes civiles , en particulier celles des femmes et des enfants, dans le cadre d’une propagande plus vaste contre Israël.
Et ça marche. Les médias ont contribué à cette stratégie, souvent en répétant sans discussion les informations fournies par le Hamas, ou pire, en utilisant des images qui véhiculent un message émotionnel unilatéral. L’un des exemples les plus connus est celui de l’ours en peluche dans les décombres.
Ces images ont tendance à apparaître peu après les frappes aériennes israéliennes et à se propager rapidement dans les médias internationaux et sur les réseaux sociaux. Le message est sans équivoque : un enfant a été tué ici. Inutile de légender. Le jouet en dit long.
Un exemple est apparu dans un reportage de la BBC sur une explosion survenue dans un café de Gaza, où un haut responsable du Hamas a été pris pour cible. Au milieu des dégâts, un ours en peluche, à peine endommagé, à l’exception d’un peu de poussière, trônait debout, bien en évidence dans les décombres. L’implication était claire. Mais de telles images sont-elles toujours aussi authentiques qu’elles le paraissent ?
Un examen des archives de Getty Images, qui fournit des photographies aux principaux médias internationaux, soulève des doutes. Dans plusieurs cas, des ours en peluche semblent avoir été placés délibérément.
Le 21 janvier 2025, alors que les habitants de Rafah rentraient chez eux pendant un cessez-le-feu, deux photographes différents ont photographié des enfants tirant un ours en peluche rouge des décombres. Les légendes les décrivaient comme récupérant des biens. Pourtant, le même ours apparaît sur plusieurs clichés, manipulé par différents enfants, ce qui soulève des questions sur la présentation de la scène.




Ce n’est pas un cas isolé. Une photo prise le 6 octobre 2024 par Abed Rahim Khatib pour l’agence turque Anadolu montre des ours en peluche déposés sur les décombres de Khan Younès. La légende décrit les ravages considérables causés par les frappes israéliennes.

Le même ours, dans une configuration presque identique, est réapparu sur une autre image Getty, datée du 1er décembre 2024. Cette photo, créditée à Saeed Jaras de Middle East Images, a été publiée avec la légende : « La fille qui les a rassemblés tente de préserver la joie au milieu de la dévastation. »

Une recherche plus approfondie dans les archives de Gaza de Getty révèle des images similaires à maintes reprises. Les ours sont souvent propres, soigneusement positionnés et se détachent nettement sur les décombres gris qui les entourent.
Rien de tout cela ne signifie que les enfants ne sont pas victimes de la guerre. Ils le sont. Des civils meurent même lorsque des précautions sont prises. Mais l’apparition répétée de jouets soigneusement disposés devrait susciter des interrogations. Non pas sur l’existence d’une tragédie, mais sur la manière dont elle est présentée et par qui.



Une image vaut mille mots. Et l’effet cumulé de ces images soigneusement sélectionnées est de construire un faux récit. Un récit dans lequel Israël est présenté comme imprudent ou cruel, tandis que les tactiques et la responsabilité du Hamas sont ignorées.
Ce récit a pris de l’ampleur. Des titres comme celui du New Yorker, « La guerre contre les enfants de Gaza », montrent la puissance de ces images. Elles occultent les faits, attisent l’indignation et rendent plus difficile de parler honnêtement de la réalité.
Parce que parfois, un ours en peluche sur un tas de décombres est plus convaincant que la vérité.
Source: HonestReporting
Crédits image : Crédits : – Abed Rahim Khatib/Anadolu via Getty Images – Saeed Jaras/Middle East Images/AFP via Getty Images – Ahmad Salem/Bloomberg – Belal Khaled/@belalkh – Epa/Mohammed Saber
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