Le programme consiste en une série de séminaires où l’on tente d’expliquer les fondements de la religion juive aux citoyens qui ne la connaissent pas ou peu.

Combien d’entre vous ont déjà rencontré un Juif dans leur vie ? » a été demandé dans un collège technique de Solingen, en Allemagne occidentale. La vingtaine d’adolescents prudents ont répondu de façon négative. «J’ai très probablement croisé un Juif quelque part un jour,» dit un étudiant. « Mais je ne le savais pas. » C’est là que «Rent-a-Jew» intervient. «On n’oublie jamais une première fois », dit le slogan du projet.

Ce programme est le fruit d’une initiative de l’Académie européenne Janusz Korczak, située à Munich. L’organisation porte le nom d’un directeur d’orphelinat de Varsovie qui, lorsque les enfants qu’il hébergeait ont été placés dans des camps de concentration, a choisi de les y accompagner.

Un représentant de «Rent-a-Jew», Monty Aviel Zeev Ott, a fait que l’idée derrière ce projet est de montrer «un judaïsme ouvert et coloré», dans une période où l’antisémitisme semble croître en Europe.

En touchant les non-Juifs, l’initiative vise à donner l’occasion d’une socialisation avec la communauté juive pour parvenir à venir à bout des préjugés et des clichés. Sa collègue Mascha Schmerling d’origine Russe, explique que l’organisme savait que le nom «Rent-a-Jew» ferait réagir, mais que le but était de surprendre et de susciter des discussions.

Mascha Schmerling and Monty Aviel Zeev Ott

Alors que les participants commencent à se détendre, Schmerling et Ott font le tour des participants : Que savez-vous des Juifs?

Quelqu’un répond: «Ils sont éduqués».

« Pas forcément une mauvaise chose », répond Schmerling. « Mais certainement pas vrai pour tout le monde. »

«L’argent,» dit un autre participant, provoquant quelques rires et ricanements gênés dans le groupe.

«Eh bien, c’est certainement un vieux préjugé», dit Schmerling. « Mais, malheureusement, ce n’est pas vrai. En tout cas cela ne s’est pas transmis dans ma famille », plaisante-t-elle.

« Ce serait bien, ça veut dire que rien qu’en vous convertissant vous toucheriez le pactole !  » plaisante Ott. « Ah oui super, où je peux m’inscrire? », plaisante un participant

Mascha Schmerling und Monty Ott at the Rent-a-Jew seminar

Parmi les étudiants du Collège technique de Solingen se trouvait Justin, 17 ans. Avant la visite de Rent-a-Jew, il n’avait jamais eu la chance de parler avec quelqu’un de la communauté juive d’Allemagne.

Mohamed son camarade de classe, avait lui aussi envie d’en apprendre davantage sur le mode de vie juif.
« Non seulement j’ai appris ce qu’est la vie quotidienne dans le judaïsme, mais j’ai aussi appris que beaucoup de choses que je croyais savoir sur les Juifs ne sont pas vraies », a déclaré le jeune homme de 17 ans.
« Le dialogue est la clé de tout problème. Au lieu de parler l’un de l’autre, nous devons parler ensemble » martèle Ots.

Mohamed (17) and Justin (17) at the Rent-a-Jew seminar

Il affirme ne plus se sentir à l’aise de porter sa kippa dans certaines parties de Berlin. Récemment, trois hommes l’ont encerclé en scandant: «Palestine».  Il ajoute par contre que la situation n’est pas trop alarmante, et que certaines personnes curieuses et respectueuses l’ont approché, pour en savoir plus sur lui et sa religion.

«C’est encourageant de voir que certaines personnes sont ouvertes d’esprit», se réjouit-il.

«Nous voulons donner aux gens la chance d’entrer en contact avec la communauté juive et de favoriser le dialogue  » dit Masha. Nous voulons qu’ils voient que nous sommes des personnes complètement normales. Nous ne voulons pas être définis seulement par l’histoire et que la seule chose que les gens voient en nous, soit l’Holocauste», explique-t-elle.

Deutsche Welle

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