Septième séance de hausse consécutive pour le pétrole, la demande chinoise accélère

Le prix du baril pourrait dépasser les 100 dollars, voire les 110 dollars, avant la fin de l'année, contre environ 85 dollars aujourd'hui.

Le prix du baril pourrait dépasser les 100 dollars, voire les 110 dollars, avant la fin de l’année, contre environ 85 dollars aujourd’hui. (CFOTO/Sipa)

Les cours du pétrole ont solidement grimpé mercredi, toujours poussés par les perspectives d’ouverture de la Chine susceptible d’augmenter la demande d’or noir, et en dépit d’un gonflement massif des stocks de brut américains. Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en mars a bondi de 3,20% à 82,67 dollars. Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate (WTI) pour livraison en février, a gagné 3,04% à 77,41 dollars. La hausse des cours a été portée par «les attentes continues que la Chine va se reprendre», a souligné à l’AFP Bart Melek de TD Securities ajoutant que plusieurs banques avaient relevé leurs objectifs de prix pour le baril de brut.

«Nous estimons qu’on pourrait voir d’ici six à neuf mois environ un million, voire un million et demi de barils de nouvelle demande de la part de la Chine», a relevé l’analyste de TD Securities. La Chine a rouvert depuis dimanche sa frontière avec Hong Kong, et mis fin à la quarantaine obligatoire pour les voyageurs en provenance de l’étranger, ce qui devrait relancer la mobilité dans et à l’extérieur du pays. Un grand nombre de voyages est particulièrement attendu à l’approche du Nouvel An chinois, fin janvier, ce qui pourrait aussi doper la demande et faire monter les prix. À cela se sont ajoutés des chiffres inattendus du côté des stocks hebdomadaires de brut américains et surtout du côté de leurs réserves stratégiques.

Les stocks ont augmenté massivement de façon surprise avec 19 millions de barils supplémentaires, une hausse exceptionnelle due aux ruptures d’activité des raffineries ces dernières semaines en raison d’une tempête hivernale fin décembre. Un gonflement des stocks de cet ordre tend d’ordinaire à avoir une influence baissière sur les cours, ce qui ne s’est pas matérialisé.

Coup de frein de l’administration Biden

Les courtiers ont en effet aussi été surpris par le coup d’arrêt du recours aux réserves stratégiques par l’administration américaine. Depuis un an et demi, le gouvernement Biden a fortement puisé dans ces réserves stratégiques mettant sur le marché plus de 200 millions de barils. Ces mesures exceptionnelles avaient été prises pour faire baisser les prix du brut en élargissant l’offre, afin de contrecarrer l’inflation et les ruptures d’approvisionnement d’hydrocarbures dues à la guerre en Ukraine.

Mais mercredi, les données hebdomadaires de l’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA) ont montré que l’administration Biden a mis un sévère coup de frein à cette ponction dans les réserves stratégiques, n’ayant retiré que 800.000 barils contre plusieurs millions chaque semaine depuis des mois. «Les ventes de réserves stratégiques aidaient à combler le déficit de l’offre l’année dernière mais maintenant les raffineurs vont chercher une offre alternative. C’est un facteur contributeur de la hausse des cours, avec l’ouverture de la Chine», a indiqué Andy Lipow de Lipow Oil Associates. Selon lui, l’arrêt du recours aux réserves stratégiques pourrait valoir 5 à 7 dollars de plus par baril.

Par Le Figaro avec AFP

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