Le vrai visage du Liban

Jacques Neriah

« La Suisse du Moyen-Orient » n’a en fait existé que dans l’imaginaire des observateurs occidentaux. Depuis la terrible explosion dans le port de Beyrouth en août 2020, le vrai visage du Liban est dévoilé au grand jour. Désormais, le pays du Cèdre est un Etat corrompu sur tous les plans et dans tous les domaines. Politiciens, fonctionnaires et hommes d’affaires ont pillé le trésor national et déstabilisé le régime multiconfessionnel.

La crise socio-économique s’aggrave dans tous les secteurs. En moins de deux ans, le pouvoir d’achat s’est effondré. La monnaie a perdu plus de 95% de sa valeur et selon l’ONU, un habitant sur quatre vit sous le seuil de pauvreté.

Les prix des carburants ont enregistré une nouvelle hausse, sur fond de dépréciation record de la livre face au dollar. Le prix du pain a augmenté de 20 %. Les chauffeurs routiers manifestent à travers le territoire. Chaque jour des scandales éclatent au sein de l’administration. Fonctionnaires et politiciens sont accusés de voler l’État et les fonds publics. Le leader druze, Walid Joumblatt, a transféré 500 millions de dollars à l’étranger tandis que le gouverneur de la banque centrale fait l’objet d’une enquête sur fond d’escroquerie financière.

Soleimani, Liban

(An-Nahar)

Les grèves permanentes paralysent tout le pays. Les tas d’ordures inondent les villes. Les pannes d’électricité sont fréquentes. Plus de 40 % du corps médical a quitté le Liban. Pour fuir leur pays qui s’effondre, des Libanais sont prêts à risquer leur vie en prenant la mer.

Le Hezbollah se comporte à Beyrouth comme si elle était la deuxième capitale de l’Iran. Des banderoles arborant les portraits de Qassem Suleimani et d’autres « héros » chiites décorent les principales artères de la capitale, notamment celles menant à l’aéroport international de Beyrouth.

Le Hezbollah sème le chaos également dans les relations entre le Liban, les États du Golfe et l’Arabie saoudite.

La société libanaise dite moderne, occidentale, démocratique et ouverte, est en réalité xénophobe, raciste envers les étrangers vivant à l’intérieur de ses frontières : les Palestiniens vivent dans 12 camps de réfugiés, un million et demi de réfugiés syriens survivent sous des tentes et des habitations temporaires, dangereuses et surpeuplées dans la vallée de la Bekaa, et près de 300 000 travailleurs étrangers d’Afrique et d’Asie sont employés comme femmes de ménage et domestiques dans des maisons privées, et dans divers emplois à grands risques.

Les travailleurs étrangers au Liban sont enfermés dans un système appelé « kafala » (garantie), synonyme de travail forcé, sorte d’esclavage des temps modernes. Des milliers de migrants sont jetés à la rue, incapables de rentrer dans leur pays d’origine.

Voir l’intégralité de l’article et ses références sur le site anglais du Jerusalem Center

https://jcpa.org/the-other-ugly-face-of-lebanon/

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