Après le sommet de Djeddah réunissant les Etats-Unis, l’Inde les pays Arabes et Israël, les trois parias Russie-Turquie-Iran tente de donner la réplique.

La Turquie qui attend aux portes de l’Europe, et qui y restera, la Russie et l’Iran mis au ban de la diplomatie mondiale tentent de masquer leur isolement. Cet attelage baroque essaie tant bien que mal de masquer l’impasse tragique de politiques barbares d’un autre temps.

La Turquie a fait un bond en arrière en gommant les avancées faites par Mustafa Kemal Atatürk.

L’Iran a détruit la civilisation Perse incarné par le Shah d’Iran Mohammad Reza Chah Pahlavi pour un retour forcé à un islam rétrograde.

Quant à Poutine, c’est le Tsar de Russie qu’il cherche à incarner avec ses démences.

Les trois vivent dans un autre monde, celui des barbaries anciennes. Leur langage, leur mode de pensé, leur culture de référence, les plongent dans une impasse, que leur raisonnement a du mal à appréhender. Les mots ont des sens différents, les valeurs sont opposées à ceux des autres nations. Ils ont fait le choix du refus du dialogue au profit de la force brutale. Leur complicité montre leur affinité de pensée.

Timing, contexte, enjeux : Ce qu’il faut savoir sur le sommet Russie-Turquie-Iran aujourd’hui à Téhéran.

Des discussions entre les chefs d’État des trois puissances impliquées dans le conflit syrien doivent se tenir aujourd’hui dans la capitale iranienne.

Pourquoi maintenant ?

Annoncée il y a une semaine par le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, une « réunion des chefs d’État garants du processus de paix » en Syrie doit se tenir aujourd’hui mardi à Téhéran entre les présidents iranien, russe et turc. Ce sommet tripartite qui s’inscrit dans le cadre du processus d’Astana lancé en 2017 dans le but officiel de ramener la paix en Syrie, intervient moins de deux mois après que la Turquie a annoncé le lancement prochain d’une opération militaire dans le nord du pays en vue de chasser les combattants pro-kurdes des localités de Manbij et de Tel Rifaat, situées dans le gouvernorat d’Alep.

Trois jours après la fin de la tournée effectuée par le président américain, Joe Biden, en Israël, en Cisjordanie et en Arabie saoudite, cette rencontre est également un moyen pour Moscou et Téhéran de montrer leurs muscles face aux Américains. Lors de son voyage, le président américain a signé avec le Premier ministre israélien Yaïr Lapid un pacte de sécurité engageant Washington à ne jamais permettre à l’Iran d’acquérir l’arme nucléaire. Depuis l’invasion de l’Ukraine par le Kremlin, le 24 février dernier, les Occidentaux multiplient les mesures pour isoler diplomatiquement le pouvoir russe, lui imposant également de lourdes sanctions économiques, qui obligent Moscou à se tourner vers l’Iran. La semaine dernière, Washington a révélé que Téhéran s’apprêtait à vendre un lot important de drones de combat à la Russie.

Quels sont les enjeux de ce sommet ?

Alors que les trois pays disposent d’une assise en Syrie, la rencontre intervient à un moment où Ankara ne cesse d’agiter la menace d’une offensive dans le nord du pays pour déloger les forces kurdes. Depuis août 2016, la Turquie a lancé trois opérations militaires dans le nord de la Syrie avec pour but affiché de chasser la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG) – considérées comme une branche syrienne du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), classé terroriste par la Turquie – et de lutter contre le groupe État islamique. Recep Tayyip Erdogan espère désormais récolter le feu vert des deux parrains de Damas en vue de conduire une nouvelle incursion à Tal Rifaat (gouvernorat d’Alep), localité contrôlée par les forces kurdes et sous influence russe. Selon plusieurs observateurs, Ankara pourrait offrir des concessions au Kremlin sur le dossier ukrainien – tels que la réouverture de son espace aérien aux avions russes en route vers la Syrie – en échange de son aval. Des pourparlers russo-turcs bilatéraux doivent d’ailleurs se tenir en marge du sommet tripartite, en vue de discuter d’un accord visant à rétablir les exportations de céréales en mer Noire. Il s’agit là également d’une occasion pour le reis truc de rencontrer son homologue russe pour la première fois depuis le début de l’invasion de l’Ukraine tandis qu’il s’agit également du deuxième déplacement de Vladimir Poutine à l’étranger depuis le début de la guerre en Ukraine, le 24 février dernier.

Sous le coup de sanctions américaines et européennes depuis, Moscou chercherait également à booster sa coopération économique avec l’Iran alors que Vladimir Poutine doit rencontrer aujourd’hui le Guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei. A la mi-mars, la Russie avait assuré avoir reçu la garantie américaine que les sanctions prises à son encontre ne concerneraient pas sa coopération avec Téhéran. Souhaitant venir à bout de son offensive en Ukraine, le Kremlin pourrait également chercher à se procurer des drones de combat iraniens, selon Washington. Samedi, le conseiller à la sécurité nationale de la Maison-Blanche, Jake Sullivan, a affirmé que des responsables russes avaient visité l’Iran au moins deux fois cet été afin d’inspecter des drones de combat que devait fournir la République islamique à la Russie. Des allégations rejetées par le ministre iranien des Affaires étrangères, Hossein Ami-Abdollahian, qui a indiqué lors d’une conversation téléphonique avec son homologue ukrainien qu’elles étaient « sans fondement ».

De son côté, Téhéran cherche à montrer par le biais de ce sommet qu’il n’est pas isolé dans la région. Au lendemain des propos prononcés samedi par Joe Biden lors de la dernière phase de sa tournée au Moyen-Orient, à Djeddah, selon lesquels son pays « ne se détournerait pas » de la région en laissant «un vide que pourraient remplir la Chine, la Russie ou l’Iran», Téhéran a vivement réagi en accusant à son tour Washington. Le porte-parole iranien des Affaires étrangères, Nasser Kanani, a ainsi déclaré dans un communiqué cité par l’AFP que les Etats-Unis, « en essayant de créer des tensions dans la région, (ont) une fois de plus recouru à la politique de l’iranophobie et c’est raté ». Le Guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, doit par ailleurs s’entretenir avec Vladimir Poutine.

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