Il est clair depuis longtemps qu’il y a peu de différence entre la nature des attaques terroristes en Israël et en Occident en général. Attaques à la voiture bélier, des camions qui foncent dans la foule   comme à Nice, à Berlin et à Jérusalem. Les terroristes se font exploser ou ouvrent le feu dans les boîtes de nuit, comme ils l’ont fait à Orlando, Tel Aviv et Bali. Les islamistes qui utilisent des couteaux se jettent sur les passants dans des centres commerciaux des postes de police, frappant au hasard n’importe qui comme ils l’ont fait au Minnesota, à Bruxelles et, oui, à Tel-Aviv.

Par rapport à il y a 15 ans, il y a aujourd’hui une empathie beaucoup plus grande en Occident concernant les préoccupations existentielles d’Israël. Les dirigeants européens comme le Premier ministre français Manuel Valls, la chancelière allemande Angela Merkel et le Premier ministre britannique Theresa May ont montré une volonté beaucoup plus grande que le président américain Barack Obama pour reconnaître que l’antisionisme est une forme d’antisémitisme et que la campagne de boycott d’Israël est fondée sur la haine et qu’Israël vit dans une région où, chaque jour, quelqu’un d’influent, appelle à son annihilation.

Malheureusement, cette compréhension ne se répercute pas sur la diplomatie. Les derniers jours de l’administration Obama ont été marqués par l’adoption de la résolution 2334 du Conseil de sécurité des Nations Unies, qui ouvre la voie à une solution en dehors du cadre des négociations israélo-palestiniennes directes. Plus de 72 pays, dont les États-Unis, ont pris pied dans la capitale française pour pondre une déclaration complètement déconnectée de la réalité.

Laissons de côté les objections évidentes: que cette conférence perpétue la vision erronée des nations voulant percevoir le conflit israélo-palestinien comme étant responsable de tous les maux du Moyen-Orient. Rien que le spectacle de 72 pays exprimant leur fixette sur Israël, alors que la Syrie voisine a été transformée en cimetière, est nauséabond.

Regardons plutôt la vision du monde telle qu’exprimée dans la déclaration de la conférence, dont les conclusions semblent avoir été adoptées à l’avance. Les outils pour atteindre et maintenir une «solution à deux États», dit la déclaration, sont «des incitations économiques, la consolidation des capacités de l’État palestinien à mettre en place des institutions viables, et le dialogue avec la société civile».

Très bien alors.

Une économie viable : Il ne faut pas perdre de vue qu’il sera impossible de transformer Gaza en une ville portuaire florissante tant que le Hamas sera en place. On ne peut ignorer non plus la corruption  et le népotisme de l’Autorité palestinienne (PA) qui concentre une immense richesse autour de Ramallah et des miettes pour le reste de la Cisjordanie. Il faut aussi rendre en compte l’ampleur effrénée du crime organisé en Cisjordanie, comme en témoigne l’universitaire palestinien Ali Qleibo. Mais ces 72 pays font fi de tout cela et prévoient de continuer à croire que des «incitations économiques» pourraient ouvrir une nouvelle ère de paix dans la région.

Un État palestinien capable de se gérer comme un Etat : C’est très intéressant. La déclaration de la conférence indique que nous ne devrions pas automatiquement attendre d’un Etat palestinien d’être comme la Norvège dès le départ. Et il y a deux raisons à cela. Premièrement: l’AP a volé des milliards de dollars en aide internationale dès le premier jour de son existence. Deuxièmement, à part quelques exceptions comme la Jordanie et les zones sous contrôle kurde, les États du Moyen-Orient – sunnite et chiite, arabe, turc et persan – ne sont que des donjons surmontés d’un drapeau.

Mais rassurez-vous, il suffit d’un peu de « dialogue avec la société civile » pour résoudre ces problèmes?

Ne soyons pas injustes. J’admets qu’il a eu des efforts merveilleux pour encourager le dialogue entre les citoyens arabes et juifs d’Israël. Mais pour que cette approche porte ses fruits, il faut être capable d’altérité. Quelle pourrait être la teneur du dialogue, de toute façon? Un Israélien pourrait demander à un Palestinien: «Pourquoi vos prédicateurs disent-ils que nous sommes les descendants des  singes et des porcs ?

Mais peut-être que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a raison quand il dit que la conférence de Paris est le «dernier soupir» d’une stratégie défaillante. Il y a de bonnes raisons, après tout, de le croire, surtout après avoir entendu la condamnation de la Résolution 2334 de Rex Tillerson, le secrétaire d’Etat.

Pourtant, même si le changement d’administration à Washington est susceptible de renforcer la position diplomatique d’Israël dans un proche avenir, et même si par conséquent les Palestiniens au bout du compte ne feront plus partie des priorités internationales des États-Unis, la question palestinienne elle-même ne disparaîtra pas. À bien des égards, elle verra même son statut renforcé.

Pour commencer, il y a le domaine public. Et cela nous amène à une évidence que les Européens n’ont jamais saisi : la stratégie historique palestinienne n’a jamais été de parvenir à l’Etat, mais d’empêcher une solution négociée, afin de perpétuer l’image des Palestiniens en tant que peuple à qui l’histoire a infligé la plus cruelle des injustices. C’est pourquoi les Palestiniens font des demandes délibérément irréalistes, comme le «droit au retour» – un objectif que l’Organisation de libération de la Palestine avait initialement promis d’atteindre par la violence, ou bien en poursuivant le Royaume-Uni pour la Déclaration Balfour de 1917.

Leur stratégie pour obtenir le soutien des opinions publiques mondiales, a bien fonctionné. Par conséquent, si le président élu Donald Trump adopte une position radicalement différente de celle du président Obama à l’égard des Israéliens, le narratif Palestinien, s’en trouvera renforcé. L’Amérique ignore les véritables objectifs des Palestiniens, ( ou fait la sourde oreille). Elle accrédite le narratif erroné de 50 ans d’occupation israélienne. Ainsi, les Palestiniens pourraient devenir  l’emblème de « La résistance populaire à la politique étrangère de l’administration Trump » et pourraient en devenir le porte-drapeau. D’ailleurs, la conjoncture post élection américaine semble vouloir le confirmer. En effet, le Parti démocrate est aujourd’hui le baromètre le plus significatif de ce processus amorcé.

Les Palestiniens vont aussi continuer de jouer la carte politique et poursuivre leur campagne pour devenir membres d’organismes internationaux en tant qu’État indépendant. Ils pourraient tenter d’obtenir les faveurs du président russe, Vladimir Poutine, qui s’apprête à faire face à une nouvelle confrontation avec l’Occident. Et les palestiniens vont évidemment continuer leur militantisme politique sur les campus universitaires, propager des opérations boycotts, et renforcer les sentiments antisionistes et par conséquent l’antisémitisme mondial.  Ces actions pourraient se révéler autrement plus nuisibles, que leurs gesticulations dans l’arène politique internationale.

Comme je l’ai dit, Netanyahou pourrait bien avoir raison, lorsqu’il dit que la stratégie d’Obama pour obtenir l’indépendance palestinienne, est en train de pousser sont dernier soupir. Mais aucun de nous n’est assez naïf pour croire que ces batailles sont terminées.

Ben Cohen, rédacteur en chef de TheTower.org et The Tower Magazine, écrit une chronique hebdomadaire pour JNS.org sur les affaires juives et la politique du Moyen-Orient. Ses écrits ont été publiés dans Commentary, le New York Post, Haaretz, le Wall Street Journal, et beaucoup d’autres publications. Il est l’auteur de «Certains de mes meilleurs amis: un voyage à travers l’antisémitisme du XXIe siècle» (Édition Critique, 2014).

 

Ben Cohen, Jns

3 Commentaires

  1. Le monde entier s’escrime à abreuver de grasses subventions cette populace sans autre identité que la volonté d’effacer l’état des dhimmis juifs. Les aides de l’UNRWA, qui assurent aux descendants de la 4° génération de réfugiés aide alimentaire et au logement, éducation et soins gratuits, pompent 50% du budget mondial d’assistance aux réfugiés (qui sont plus de 50 millions, et pas héréditaires), sans compter les subventions directes des pays de l’UE aux ONG et à des projets d’infrastructure prestement détournés. Les Panama Papers donnent la liste des dizaines de kleptocrates de Ramallah qui ont planqué des milliards de dollars chez Mossack&Fonseca http://www.haaretz.com/middle-east-news/1.713347 .
    Alors donnez une seule raison à la nomenklatura (difficile à distinguer du crime organisé) palestinienne de renoncer au juteux fonds de commerce victimaire du Naqba business, aux 171.000 grattes papier de l’AP et de l’UNRWA de quitter leurs bureaux climatisés pour aller trimer dans les champs sous le cagnard, d’abandonner le statut gratifiant de « mouvement de libération » pour assumer les galères de l’état de droit.
    Tant que la communauté internationale financera le salaire des terroristes emprisonnés et la corruption généralisée des « élites », la « cause palestinienne » permettra à tout un petit monde de diplomates barbouzards, de journaleux en quête de scoops antisémites, de pêcheurs en eaux troubles assoiffés de pétrodollars, de perpétuer pour l’éternité un conflit artificiel. S’il y avait la moindre volonté, chez les donneurs de leçons, de parvenir à une solution quelconque , il suffirait d’avoir le courage de couper le robinet financier.

  2. Il faut couper au plus vite l’herbe sous les pieds des terroristes Arabes d’Israël en dénonçant Oslo et l’AP du terroriste criminel Abbas.
    Mais il est évident que si Israël se tait, les ennemis d’Israël se donnent à coeur joie pour le déligimiter à court ou moyen terme.
    Il est temps pour Israël de dire la vérité au monde, que la terre d’Israël, toute la terre d’Israël appartient à Israël et à personne d’autre, le soi disant « peuple Palestinien » est un mensonge et une imposture.

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