Quand la France débarque à Alger en 1830, elle ne prend ni un État ni un territoire, même pas une entité politique identifiable.

Elle saisit une ville corsaire, un beylik côtier sans frontières et sans arrière-pays. L’essentiel du territoire – 80% de l’Algérie actuelle– sera inventé, mesuré, annexé, puis présenté comme une continuité naturelle. Des territoires sahariens marocains du Touat, du Gourara, du Tidikelt et de Tindouf aux zones prises à la Tunisie, à la Libye, au Niger et au Mali, voici ce qu’en disent les archives militaires françaises.

En 2014, Hélène Blais, historienne et enseignante en France à l’ENS, publie un livre majeur sur l’Algérie intitulé «Mirages de la carte, l’invention de l’Algérie coloniale» (Fayard). Se basant exclusivement sur les archives militaires françaises, elle démontre comment l’Algérie est passée d’une province ottomane sans nom que les Turcs appelaient «Dar el Dey», un port de corsaires que la France nommera à partir de 1830 «régence d’Alger», à l’Algérie postindépendance d’aujourd’hui. C’est cette histoire que je vais vous relater, en expliquant comment l’Algérie, en s’accaparant les territoires de ses voisins et notamment du Royaume du Maroc, a évolué d’une superficie de 500.000/700.000 km² à celle de 2.381.741 km². Car, un siècle plus tard, voilà cette même régence métamorphosée en un mastodonte saharien, un pays plus grand que la France, l’Espagne, l’Allemagne, l’Italie et la Pologne réunis.

Ces 500.000/700.000 km² (confirmés par les historiens Julien, Ageron, Ruedy, Kaddache, Merouche), soit 21% ou 29% du pays actuel, doivent être pris avec mesure. Ils intègrent selon l’historienne un «territoire [qui] était divisé en trois beyliks indépendants dans leur administration». Alger, résidence du patron des corsaires et seule apte à payer des impôts aux Ottomans grâce au rançonnage des navires commerciaux qui sillonnaient la Méditerranée, n’exerçait aucun pouvoir sur les trois autres beyliks: de l’Est (qui sera appelé par les Français beylik de Constantine), de l’Ouest (qui sera nommé beylik d’Oran) et de Titteri (confondu ultérieurement avec la régence d’Alger).

Le choc des Français à la prise d’Alger en 1830

Ce que la France envahit le 5 juillet 1830, ce n’est pas un État, encore moins un espace cohérent et borné. La première imposture commence ici: la régence d’Alger n’est pas un État. C’est un port entouré de quelques plaines. Une excroissance ottomane administrée par un dey dont l’autorité ne dépasse guère les murailles d’Alger. Les troupes françaises ne prennent pas un pays: elles prennent une ville dépourvue de souveraineté sur les autres beyliks. Hélène Blais le dit sans ambiguïté: «il n’y a pas de frontière à proprement parler», c’est un «pouvoir urbain côtier appuyé par des garnisons turques qui ne descendent jamais plus loin que Biskra».

Voici où se situe la province de Biskra (en rouge), limite du pouvoir ottoman avant l’arrivée des Français:

Commune de Biskra dans l’Algérie postindépendance, représentant le dernier bastion et les limites du pouvoir ottoman en 1830. (Le360)

Blais explique parfaitement ce paradoxe fondateur: «La souveraineté extérieure [de la régence d’Alger] s’établit sur un territoire non pas donné a priori, mais construit.» Lorsque les Français prennent Alger, ils n’ont aucune idée claire de l’espace qu’ils s’apprêtent à occuper. L’aveu est répété dans le livre: «On ne sait toujours pas exactement ce que recouvre, ni territorialement ni socialement, le terme « Algérie”.» C’est là un constat majeur. Les Français prennent possession d’un territoire non défini, que les militaires appellent tour à tour «Barbarie», «régence d’Alger», «pays d’Alger», parfois même «Maghreb mitoyen». Un lexique flottant pour un territoire flou. Blais en donne une description limpide: «Le terme le plus couramment employé par les Français en 1830 est celui de “régence d’Alger”.» Il n’y a aucun État à l’intérieur des terres. Le pouvoir du dey n’existe réellement que dans la ville d’Alger, et se limite à des relations diplomatiques avec les trois beyliks «en rivalité permanente, gouvernés par des beys autonomes, sans cohésion politique, sans institutions unificatrices».

La France va «inventer un pays», affirme l’historienne, en lui attribuant des contours, une cohérence, un imaginaire, bref: une géographie politique. L’Algérie n’est pas seulement conquise; elle est fabriquée. Elle nait d’une série de compas plantés sur une carte comme on découperait un gâteau marocain trop tentant pour être laissé entier à son propriétaire. Construire un territoire: c’est exactement ce que l’Algérie française a fait. Et l’Algérie indépendante, en 1962, l’a hérité tel quel, sans vernis, sans correction, sans même rougir de porter la carte d’un autre comme propre visage. Et de se proclamer, de manière hautaine, pays-continent.

Le détail chiffré du territoire marocain spolié

Si l’Algérie française a annexé des terres relevant de la Tunisie, de la Libye, du Mali et du Niger, l’appropriation la plus spectaculaire est celle opérée sur le Royaume du Maroc. Voici le détail en nombre de km² de la spoliation, pour la première fois révélée dans la presse:

Province de Touat, incluant Gourara – Tidikelt– In Salah: ~350.000 à 450.000 km². Ce bloc de territoires sahariens est le cœur des territoires marocains attribués à l’Algérie. Les estimations utilisées par Blais:

  • René Basset, Ernest Mercier, Delafosse: autour de 350.000 km²
  • Dossiers coloniaux du Service géographique de l’Armée: jusqu’à 450.000 km² si on inclut les zones nomades des Kssour marocains.

Région de Tindouf – Hassi Beïda – Hassi Khebbi: ~100.000 à 120.000 km². Cette zone fut marocaine sans contestation jusqu’au début du 20ème siècle.Les estimations modernes de la CIA et des cartographes français convergent: environ 110.000 km².

Région de Tlemcen – Mascara – Colomb-Béchar – Kenadsa – Abadla: ~80.000 à 90.000 km². Colomb-Béchar fut administrée par la France tantôt depuis l’Algérie, tantôt depuis le Maroc (notamment 1884–1902).

On arrive à un total approximatif d’entre 530.000 à 620.000 km², c’est-à-dire environ un quart de l’Algérie actuelle. Il manque donc 1,5 à 1,9 million de km². Ces trois quarts seront conquis entre 1870 et 1902, principalement lors de l’annexion du Touat, du Tidikelt et du Gourara entre 1900 et 1902, et des territoires des quatre autres pays limitrophes. Autrement dit, le Maroc a perdu environ 55% de son territoire, principalement entre 1845 (Lalla Maghnia) et 1902 (prise de Touat). L’ouvrage «Mirages de la carte» documente parfaitement cette «invention du Sahara algérien».

Le Sahara n’appartient pas à l’Algérie

Il ressort que le Sahara ne relève absolument pas de l’Algérie avant 1902. Les Ottomans, selon Hélène Blais n’y nomment aucun caïd, n’y envoient aucune troupe, n’y perçoivent pas le moindre impôt, n’y bâtissent aucune mosquée d’État, n’y entretiennent aucune route et n’y exercent aucun acte de souveraineté.

Le même constat est fait concernant la Kabylie, territoire montagneux à l’accès difficile que les Ottomans, selon l’historienne, ont toujours dédaigné: «L’incapacité à penser l’Algérie comme une entité étatique constituée, l’occupation d’enclaves séparées par de larges territoires non accessibles (la Kabylie notamment), les incertitudes sur le projet colonial lui-même caractérisent la décennie qui suit le débarquement.» Il n’y a aujourd’hui aucune trace des Ottomans en Kabylie, ni toponymie, ni bâtisse officielle, ni autorité beylik ancienne, expliquant en partie les revendications du Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK), indépendantiste, fondé en 2001 par le poète et chanteur lyrique Ferhat Mehenni.

Comme le note Blais, «Les Ottomans exerçaient leur souveraineté jusqu’aux limites du Tell». Même au moment où Bugeaud achève la conquête du Tell en 1847, le Sahara demeure totalement étranger à la colonie. Le Tell, c’est ce territoire limité par le ligne verte sur cette carte datant de 1846, qui inclut les trois beyliks:

Carte de l’Algérie divisée par tribus avec la ligne jaune signalant la limite du Tell algérien, 1846 (reproduite par Hélène Blais dans «Mirages de la carte, l’invention de l’Algérie coloniale»).

Le Sud profond– Saoura, Touat, Gourara, Tidikelt– est un angle mort. Il fonctionne selon des logiques radicalement étrangères au monde ottoman. Les zaouïas, «notamment celles du Tafilalet et du Drâa, structurent le paysage politique». La souveraineté commerciale, portée par les caravanes, est tournée vers le Tafilalet marocain, jamais vers Alger. De même pour la souveraineté fiscale: «les oasis versent des dons, ziyara ou redevances ponctuelles au Makhzen marocain».

Voici des exemples d’impôts marocains sur plusieurs villes du Sahara oriental (Tidikelt, Gourara, Timimoun) entre 1666 et 1886, rapportés par l’historien A.-G.-P. Martin dans son ouvrage «Quatre siècles d’histoire marocaine: au Sahara de 1504 à 1902, au Maroc de 1894 à 1912», publié en 1926:

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Comme le note Hélène Blais, dans les actes juridiques, les chroniques et les calepins des lettrés locaux, il n’existe aucune trace de rattachement à Alger. «Les Français découvrent un système de dépendances et de relations qui n’a rien à voir avec l’organisation ottomane», écrit-elle. Le Sahara aujourd’hui algérien était historiquement rattaché aux autorités chérifiennes du Maroc (dynasties mérinide, wattasside, saadienne, alaouite). Les qadis (magistrats) étaient formés dans les cercles de Fès. Les qaïds (gouverneurs) étaient nommés par les sultans marocains. Les caravaniers appartenaient aux réseaux du Tafilalet. Et Blais de signaler: aucune source ottomane ne fait mention du Touat comme territoire de la Régence d’Alger.

Ainsi, «la connaissance imparfaite du pays est utilisée pour construire une Algérie en fonction des besoins de la colonisation». Les Français héritent d’une régence sans territoire, sans frontières définies, sans administration étendue. La colonisation a donc dû inventer un espace, le remplir, le nommer, le mesurer, puis le rattacher à une entité administrative. C’est cette construction – et non une réalité historique antérieure – qui fonde l’Algérie contemporaine. Dans les correspondances militaires citées dans le livre, ce désarroi est constant. Les Bureaux arabes constatent que le pouvoir d’Alger ne dépasse pas les zones densément peuplées du Nord.

La conquête du Sahara

En 1847, la France célèbre la fin de la «conquête de l’Algérie». En réalité, la Kabylie est encore indépendante (prise en 1857), le Mzab est indépendant (conquis en 1882), le Sahara est totalement entre les mains du Royaume chérifien (conquis entre 1882 et 1902) le Touat, le Tidikelt, le Gourara ne tomberont qu’en 1900–1902. Autrement dit: en 1847, 80% de l’Algérie actuelle échappe à la FranceLe Sahara – les quatre cinquièmes de l’Algérie actuelle – n’a toujours pas été conquis. La France détient le littoral, les plaines du Tell, les capitales beylicales.

Voici sur cette carte datée de 1890 les territoires en orange foncé déjà conquis par la France en Afrique, et en orange clair ceux qui sont à conquérir (dont le Sahara marocain):

Carte de George Rolland, «L’Afrique française. Ce qu’elle est – ce qu’elle doit être» avec en orange foncé les territoires déjà conquis (dont l’Algérie) et en orange clair les territoires encore à conquérir (dont le Sahara marocain), 1890 (reproduite par Hélène Blais dans «Mirages de la carte, l’invention de l’Algérie coloniale»).

La chute du Second Empire en 1870 marque un tournant géopolitique majeur en France. Jusqu’alors, l’Algérie n’est qu’une colonie côtière, un prolongement européen au sud de la Méditerranée. Mais la République, dans une logique d’expansion continentale, cherche à relier ses possessions d’Afrique du Nord à celles d’Afrique de l’Ouest. Le Sahara devient soudain un enjeu stratégique majeur. Paris veut créer un «continuum territorial du Maghreb au Soudan français» et c’est dans ce contexte que «nait l’idée d’un Sahara algérien».

Dans les archives militaires, le constat est récurrent: le Sahara n’est pas connu, donc il faut le cartographier pour le posséder. Le livre «Mirages de la carte» revient sur les missions d’exploration militaires qui vont s’atteler à produire des croquis, des cartes, des relevés topographiques et, peu à peu, transforment le désert en un espace administrable. À partir de 1880, un nouveau récit apparaît dans les rapports militaires: «Le Sahara appartient naturellement à l’Algérie», écrit Hélène Blais. C’est selon elle un récit colonial qui repose sur une inversion des faits: «L’enjeu est de donner une assise territoriale à la colonie en formation», la France décrétant qu’il doit appartenir à l’Algérie.

Carte de la province de Touat, Service géographique de l’armée française, 1914 (reproduite par Hélène Blais dans «Mirages de la carte, l’invention de l’Algérie coloniale»).

Entre 1800 et 1900, la conquête militaire se prépare. Durant cette période, des garnisons apparaissent à Laghouat, Ghardaïa, Biskra; des colonnes avancent vers la Saoura; les officiers établissent les premières cartes précises du Touat. La France prépare la dernière phase de l’annexion. Une partie du Sahara, la plus importante, encore autonome en 1899, se verra prise en trois ans. L’Algérie actuelle nait entre 1900 et 1902, et non en 1830.

Le capitaine Henri Bissuel et ses sept prisonniers marocains (en djellabas blanches), 1887 (reproduite par Hélène Blais dans «Mirages de la carte, l’invention de l’Algérie coloniale»).

1900: In Salah, première grande victoire française

En 1900, le commandant Cottenest prend In Salah, capitale religieuse du Tidikelt et ville la plus méridionale dans le Sahara. Cette prise ouvre à la France la porte du désert vers l’Afrique. Selon l’historienne «les ksour résistent (notamment Tamentit), mais la puissance française est implacable». Les Marocains tiennent plusieurs mois, mais la supériorité française est écrasante: artillerie, mitrailleuses, renforts levés à Alger. In Salah tombe. Le Tidikelt est annexé.

En 1901, les Français lancent une opération majeure: prendre le Touat et le Gourara, les deux oasis les plus importantes du sud-ouest algérien. Les structures religieuses sont démantelées, les zaouïas placées sous surveillance, les gouverneurs du sultan marocain destitués ou assassinés. En quelques mois Aoulef tombe, ainsi que Timimoun, Adrar, Tamentit, Ouled Saïd. Le rattachement est immédiat.

Paris publie alors une série de décrets intégrant ces territoires dans les départements algériens. La perte du Touat par le Maroc marque un basculement géopolitique majeur.

En 1902, la France proclame la fin de la conquête saharienne. La France peut désormais rédiger les premières cartes d’un territoire continu allant de la Méditerranée jusqu’au Niger, comme chez Laperrine, en ligne verte, en 1905:

Limites transactionnelles (en vert) voulues par Laperrine, 1905 (reproduite par Hélène Blais dans «Mirages de la carte, l’invention de l’Algérie coloniale»).

Les conséquences géopolitiques

Le Maroc perd son espace saharien oriental. L’Algérie gagne 1,5 à 1,9 million de km². La carte du Maghreb est redessinée artificiellement. Des populations sahariennes autonomes sont intégrées de force à l’Algérie française. Sans le Touat, le Tidikelt, le Gourara, l’Algérie serait un pays d’environ 600.000 km².

En 1905, Paris impose au Maroc un traité reconnaissant l’annexion du Touat, du Tidikelt et du Gourara par l’Algérie française. Le Maroc est affaibli. Il ne peut s’opposer. La France coupe définitivement les liens historiques entre le Tafilalet et le Sahara oriental.

120 ans plus tard, l’Algérie indépendante continue de brandir comme héritage historique une carte que ses ancêtres n’ont jamais dessinée, et dont elle revendique la sacralité comme si elle relevait d’un droit divin. Pourtant, sous la poussière des archives coloniales, une évidence demeure: l’Algérie actuelle n’est pas le produit de l’histoire, mais celui d’un legs colonial. Et le comble, c’est que ce pays-avatar lutte avec acharnement depuis 1975 pour s’accaparer – encore – honteusement, comme un brigand de grand chemin, le Sahara occidental marocain. Preuve que le pays-mirage algérien ne se dissipe pas.

Par Karim Serraj 

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Asher Cohen

Les français ont toujours besoin, pour leur identité, de se croire supérieurs à tout le Monde, en rabaissant les autres peuples, notamment ceux qu’ils ont infériorisés par le racisme qu’ils ont inventé, puis massacrés et exploités par l’impérialisme colonial avec sa violence militaire et policière, impérialisme qui a permis de réaliser les fortunes des 16 ième et 7 ième arrondissements parisiens. Mais il faut reconnaître que d’autres peuples d’Europe de l’ouest ( Hispano-portugais, hollandais, anglais, belges, allemands, italiens, etc.) ont en fait autant voire pire. Dans tous les cas, Macron qui mendie de la technologie chinoise pour faire redémarrer son industrie, afin de donner du travail à 6 millions de chômeurs, couvre de honte et déculotte les français avec leur complexe de supériorité. Heureusement que le ridicule ne tue pas.

Depuis plus de 60 ans qu’ils ont lâché l’Algérie, les français n’arrivent pas à se libérer de leurs fautes, d’abord pour avoir massacré des populations civiles, tentative d’extermination dès le 19 ième siècle qui selon Apathie aurait inspiré les nazis, ensuite pour avoir exploité ce pays par l’impérialisme colonial en utilisant la violence militaire et policière criminelle. L’histoire révèle l’esprit d’un peuple, et l’histoire coloniale sanguinaire de la France n’est pas ragoûtante.

Les français ne n’acceptent pas eux-mêmes au point de constamment chercher à justifier qu’ils auraient créé l’Algérie par leur colonisation. N’ont-ils pas créé des nations artificielles comme la Syrie ou le Liban, dont on voit le résultat actuellement ? l’Algérie n’a jamais été une nation. Elle est composée de populations différentes, dont certaines comme les Kabyles veulent faire sécession. Ces populations ont en commun l’islam et la langue arabe, qui leur ont été imposées par la force, encore que des berbères se rebellent contre cela. La période coloniale y a introduit la langue française qui persiste toujours 63 ans après l’indépendance. Le Sahara avec sa manne pétrolière y a été rajouté. J’entends toujours De Gaulle hurler en 1961 devant la presse que  » le Sahara restera français  », et pourtant il a été cédé. Peut-être qu’un jour des historiens clarifieront les raisons de cette cession mystérieuse. Durant toute la période française, le Sahara fut administré par des militaires, et ce n’est qu’en décembre 1961 que De Gaulle, après avoir vu Ben Gourion, a naturalisé collectivement les Juifs de Gardaïa, hors du décret Crémieux jusqu’alors, et les a fait  » rapatrier  » d’office en France.

Le Maroc n’a jamais accepté la perte de l’ouest algérien, qu’il a toujours revendiqué, tant par la bataille de l’Isly en 1844, que par la guerre qu’il a menée en 1963 dès le départ des français, contre l’Algérie nouvellement indépendante.

Maintenant, prétendre à posteriori, qu’il n’y avait pas un quasi-état dans la Régence d’Alger, c’est aller très loin dans l’histoire mensongère. Il y avait une cour à Alger avec des ambassadeurs des puissances européennes et américaine. La France y maintenait un consul, dont le consulat était fréquemment perquisitionné car fournissant des armes aux Kabyles pour les soulever contre le Dey. Pour ne pas payer la dette du blé, Bonaparte avait fait assassiner le Juif Busnach et fomenté le pogrom des Juifs d’Alger de 1805. La structure administrative des 3 beylicats était d’inspiration ottomane, et la culture ottomane permettait de différencier un résident du Maghreb Central d’un marocain. La Régence d’Alger faisait trembler les puissances européennes en rançonnant leur commerce en Méditerranée, et a mené 2 guerres contre les États-Unis naissants, pour les rançonner.

C’est après la défaite de 1815 face aux américains, que la course, n’étant plus rentable, a dû être abandonnée, et dans toutes les chancelleries l’on savait alors que la Régence allait s’effondrer, et que les puissances européennes allaient s’en partager les restes. Une grande question est de savoir pourquoi l’Angleterre, puissance dominante de l’époque, a-t-elle laissé la France tomber en rapace sur la Régence d’Alger ? Peut-être qu’un jour, des historiens feront la lumière ? En attendant, les français n’ont jamais tort, ils ne commettent jamais de bévues et se prennent donc pour D.  » leur oeuvre coloniale fut civilisatrice », n’est-ce-pas ? En 1830 les français n’avaient même pas une cartographie sérieuse du Maghreb Central et utilisaient des cartes de Juifs hollandais. Comment Jforum peut-il publier des historiens aussi incompétents ?

Charles Martel
  • Les français ont toujours besoin, pour leur identité, de se croire supérieurs à tout le Monde *
  • on pourrait vous l’appliquer …..
Asher Cohen

Vous m’attaquez parce que vous n’avez pas d’argument sérieux à opposer à mon analyse. Vous êtes donc irrationnel et je ne débats pas avec les irrationnels. Il est impossible d’être supérieur aux français puisqu’ils ont un complexe de supériorité et se prennent pour le centre du Monde. Ils ont toujours eu la meilleure armée au Monde, les meilleurs chercheurs, notamment nucléaires, au Monde, les meilleurs ingénieurs au Monde, les meilleurs médecins au Monde, n’est-ce-pas ? Enfin, les Juifs ne peuvent pas se comparer à personne sur Terre, ils doivent toujours demander plus d’eux-mêmes. Ce qui compte c’est ce que nous, nous réalisons, non ce que font les goyim.

Charles Martel

apathie , c’est ça votre référence , un débile haineux et inculte ?

Asher Cohen

Ce qui compte, ce sont les faits. La population musulmane de l’Algérie est tombée de 3 millions en 1830 à moins de 2,2 millions après 1871, donc après la répression de la révolte de Kabylie. Cela fait donc plus de 800.000 personnes en moins sur 2 générations. À titre de comparaison, la population juive de l’Algérie est passée de 15.000 en 1830 à 34574 en 1870, elle a donc doublé en 2 générations, malgré énormément de départs sur cette période. De plus, certains historiens prétendent que les français auraient eu l’intention après 1870, d’exterminer tous les Kabyles, pour y installer à leur place uniquement des colons européens. Je ne sais pas si les nazis se sont inspiré des pratiques françaises en Algérie, mais ces pratiques ont été très loin dans l’inhumanité.

Madredios

L’Algérie a été fondé par la France.
Ensuite, des gangsters du FLN on holduppé ce pays clé en mains.
La France a fait tout le travail pour que les colons arabo-musulmans s’approprie ce pays.
Réaction typiquement arabe.

Alain

Ça me rappelle d’autres revendications illégitimes arabo-musulmanes…