Israël : plus de la moitié des lycéens

Les diplômés israéliens sont-ils en mauvaise santé ?

Un phénomène inédit interpelle le système éducatif israélien : plus de la moitié des lycéens bénéficient désormais d’aménagements médicaux lors des examens de fin d’études, selon un rapport officiel. En 2016, seulement 5 % des élèves avaient droit à un temps supplémentaire de 25 % pour passer leurs examens. Ce chiffre a grimpé à 48 % en 2025, tandis que 56 % des candidats ont bénéficié de diverses facilités, telles que la réduction du nombre de questions. Cette évolution spectaculaire ne traduit pas une dégradation massive de la santé des adolescents, mais plutôt un changement dans les pratiques administratives.

Le rapport souligne que les troubles d’apprentissage comme la dyslexie ou le trouble du déficit de l’attention avec hyperactivité (TDAH) concernent environ 5 à 10 % des enfants et adolescents. Pourtant, 45 % des élèves reçoivent des aménagements basés sur des diagnostics internes aux établissements scolaires, souvent sans justificatifs médicaux. Depuis 2015, les commissions scolaires ont la liberté d’accorder ces avantages sans nécessiter de certificats médicaux, ce qui a fait exploser le nombre de bénéficiaires, passant de 5 % en 2015 à 39 % en 2018, et poursuivant sa croissance.

Cette politique soulève des questions d’équité et d’intégrité. En effet, 92 % des aménagements sont décidés par les commissions scolaires, tandis que 8 % sont attribués automatiquement à certains groupes, comme les enfants de nouveaux immigrants. Les écoles semblent encouragées à faciliter les examens pour améliorer leurs taux de réussite au baccalauréat. Certaines institutions ont ainsi accordé des avantages à plus de 90 % de leurs élèves. Par ailleurs, une disparité sociale apparaît : 55 % des élèves issus des familles les plus aisées bénéficient d’un temps supplémentaire, contre seulement 39 % des élèves de milieux défavorisés. Ce déséquilibre suggère que le système d’aménagements peut accentuer les inégalités plutôt que les réduire.

L’impact de ces aménagements est également mesuré : ils correspondent en moyenne à une augmentation de 2,5 points sur la note finale de l’examen. Cette donnée souligne l’importance des facilités accordées et leur influence sur les résultats scolaires. Le rapport met en lumière une tendance préoccupante où la simplification des examens, bien qu’elle puisse sembler bénéfique à court terme, risque de déformer les indicateurs de performance scolaire et d’affaiblir la valeur des diplômes.

Cette explosion des aménagements médicaux aux examens en Israël reflète un changement profond dans la gestion scolaire, avec des conséquences notables sur l’équité et la fiabilité des évaluations. Le système, en voulant s’adapter aux besoins des élèves, semble ouvrir la porte à des pratiques qui favorisent certains groupes au détriment d’autres, tout en brouillant la perception de la santé réelle des jeunes. Une réflexion approfondie sur les critères d’attribution et les contrôles nécessaires apparaît indispensable pour garantir une évaluation juste et transparente des compétences des futurs diplômés.

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