La France resserre ses liens “sécuritaires” avec le Hezbollah

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Un journaliste libanais : La France resserre ses liens politiques et sécuritaires avec le Hezbollah pour exploiter le pétrole libanais

Le 26 octobre 2018, une délégation parlementaire française représentant la commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale et la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées du Sénat, a rencontré à Beyrouth des membres du parlement libanais, dont le député du Hezbollah Nawaf Al-Moussawi. Selon un communiqué publié ultérieurement par le cabinet d’Al-Moussawi, au cours de la rencontre, les parties ont abordé plusieurs questions politiques et sécuritaires, notamment celle de l’exploitation pétrolière et gazière en mer dans les eaux territoriales libanaises. Suite à la rencontre, Al-Moussawi a affirmé que les deux chambres du parlement français « sont intéressées à soutenir le gouvernement français et la compagnie [pétrolière] Total [qui ont signé en février 2018 deux Contrats d’exploration et de production avec le gouvernement libanais [1] en dépit des pressions [exercées par Israël] pour les inciter à retirer leur engagement vis-à-vis du Liban, ou pour repousser la date des explorations pétrolière et gazière ». [2]

Trois jours après la rencontre, le 29 octobre 2018, Mounir Al-Rabi a critiqué la France dans son éditorial du quotidien libanais Al-Modon, connu pour son opposition au Hezbollah. Sous le titre « La France et le Hezbollah, une romance qui sent le pétrole », il soutient que la France développe ses relations politiques et de renseignements avec le Hezbollah pour des raisons économiques, principalement en raison des intérêts de Total au Liban. Al-Rabi affirme que c’est ce qui motive la France à parrainer un accord informel au Liban, en vertu duquel le Premier ministre libanais Saad Al-Hariri est chargé des affaires intérieures, tandis que le Hezbollah est responsable de la politique étrangère et de l’activité militaire en Syrie et à la frontière avec Israël. Il a également observé que la France entretient une coopération en matière de renseignement et de sécurité avec le Hezbollah et l’Iran, affirmant même que les relations France-Hezbollah ont atteint le degré d’un “flirt” réciproque. Concernant la situation en Syrie, Al-Rabi écrit que plus la situation en Syrie est favorable à la Russie et à l’Iran, plus le rôle de la France sera important dans la région. Il ajoute que la France a agi dans le passé à plusieurs reprises pour protéger le régime du président syrien Bachar Al-Assad. Extraits :[3]

Le rapprochement France-Hezbollah est de plus en plus marqué. Leurs points d’intérêt commun sont nombreux, et ils considèrent leurs relations réciproques comme vitales. La stabilité du Liban est un principe contraignant pour la France, qui soutient que le Hezbollah est l’élément clé pour assurer une stabilité durable. [Une telle stabilité est un intérêt français] non seulement pour des raisons politiques, mais aussi pour des raisons liées au pétrole [libanais] et à l’activité future de la société française Total dans l’exploration pétrolière [au Liban].

La dernière importante convergence d’intérêts entre la France et le Hezbollah est apparue dans les efforts en vue d’instaurer un gouvernement [au Liban]. Les deux parties avaient des positions similaires sur la nécessité d’accélérer le processus. Ces efforts ont été renouvelés après la rencontre entre les présidents Michel Aoun et Emmanuel Macron en Arménie [le 12 octobre 2018, lors du 17e Sommet de la Francophonie], en la présence du ministre des Affaires étrangères [libanais] Gebran Bassil, lors de laquelle Macron a explicitement demandé à [Bassil] de faciliter et d’accélérer la réunion du gouvernement. [Immédiatement] après, Bassil est parti rencontrer le secrétaire-général du Hezbollah [Hassan Nasrallah], conformément aux souhaits de la France…

Les relations France-Hezbollah ont traversé plusieurs phases, depuis l’intervention positive du président Jacques Chirac, lors de la conclusion de l’entente en avril [1996 concernant un cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah] et la fin de l’opération [israélienne] « Raisins de la colère » [au Liban], en coordination avec le Premier ministre [libanais] Rafiq Al-Hariri. Dans le même temps, Al-Hariri Senior [Rafiq Al-Hariri] et le Hezbollah étaient du même avis, et la division des tâches entre les parties était claire : les questions économiques étaient de la responsabilité d’Al-Hariri, et la politique intérieure de celle d’une assemblée agissant sous l’égide du régime syrien, sur le fondement… d’un accord entre trois dirigeants du Liban [le président, le Premier ministre et le président du parlement], tandis que la politique étrangère, la résistance [contre Israël] et l’activité militaire relevaient du Hezbollah, en coordination avec la Syrie.

Aujourd’hui, [l’histoire] se répète. Le [Premier ministre libanais] Saad Al-Hariri a conclu un accord direct avec le Hezbollah : [Al-Hariri] est chargé des affaires politiques intérieures, de l’économie et des finances, conjointement avec le président Aoun, et avec l’accord du président du parlement Nabih Berri, tandis que le Hezbollah est chargé de la politique étrangère et de diriger les opérations militaires, actuellement en Syrie, tout en se tenant prêt sur la frontière sud [avec Israël]. [Cet arrangement] bénéficie d’un vaste patronage international, en particulier de la Russie et de la France, pour des raisons liées au pétrole [libanais]. La France semble officiellement promouvoir toutes ces ententes, à la fois en apportant une aide économique, via [la tenue] de conférences, et par une intervention positive en retirant les obstacles à la mise en place d’un gouvernement, etc. Cela va de pair avec la coordination de [la France] et du Hezbollah en vue de maintenir la stabilité. Tout cela est également lié au « dialogue » que [la France] entretient avec l’Iran pour discuter des moyens de revenir aux négociations avec les Etats-Unis sur la question nucléaire et de renouveler l’accord nucléaire [du PAGC].

Plus les choses évoluent en Syrie en faveur de la Russie et de l’Iran, plus la France jouera un rôle important dans la région. N’oublions pas que c’est la France qui a été impliquée dans le passé dans de nombreuses initiatives visant à maintenir en vie le régime syrien, aux moments où il était ostracisé et assiégé, avant son retrait du Liban en avril 2005 et après. C’est la France qui a brisé l’isolement du [président syrien] Bachar Al-Assad [en 2008], lorsque le président [français Nicolas] Sarkozy l’a invité à se rendre en visite en France… [4]

Le message le plus important que le Hezbollah a reçu de la France est arrivé après les attentats [de novembre 2015] perpétrés par des organisations terroristes, à Paris et ailleurs. A l’époque, les Français ont ouvert la porte à une coordination sécuritaire et en matière de renseignements avec l’Iran et le Hezbollah, afin de coopérer [avec eux] pour affronter ces organisations [terroristes]. De fait, dans l’un de ses sermons, le secrétaire général du Hezbollah Hassan Nasrallah a déclaré que de nombreux pays en Europe avaient réclamé une coordination en matière de renseignements avec lui, afin de combattre le terrorisme qui visait à l’époque la France.

Récemment, la coordination [France-Hezbollah] en matière politique est devenue un flirt. Cela a été particulièrement visible lors de la visite au Liban d’une délégation française [le 26 octobre 2018] représentant la commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale française et la commission des affaires étrangères et de la défense du Sénat, et de la rencontre entre cette délégation et le parlement libanais. Le député Nawaf Al-Moussawi de la faction Loyauté à la Résistance [du Hezbollah], qui assistait à la rencontre, l’a qualifiée d’opportunité pour discuter de plusieurs sujets, « en particulier au vu du désir de l’Assemblée nationale et du Sénat français de soutenir le gouvernement français et la société Total face aux pressions pour qu’ils retirent leur engagement envers le Liban, ou qu’ils reportent la date [du début] de l’exploration pétrolière et gazière [de Total] ».

Aux côtés des déclarations positives d’Al-Moussawi sur la France, des déclarations similaires ont été entendues de la part de membres de la délégation française [au sujet du Hezbollah] : des membres de la délégation ont demandé une explication des affirmations largement répandues selon lesquelles le Hezbollah s’inspirait du modèle iranien et de ses relations avec l’Iran, et [ont souligné le fait] que, lors de leur rencontre avec le président et le Premier ministre [libanais], ils ont entendu « des choses différentes de ce qui est fréquemment [affirmé] dans les informations anti-Hezbollah des médias européens ». Al-Moussawi, de son côté, a fourni aux [Français] un résumé de la trajectoire de l’organisation de résistance [le Hezbollah] depuis sa création. Ses déclarations ont ravi son auditoire, qui a affirmé, même à voix basse, qu’il faut maintenir les discussions et les consultations avec cette organisation bien ordonnée et digne de confiance [le Hezbollah]… et conclure des accords efficaces avec elle.

memri.fr/2018/11/15

Lien vers le rapport en anglais

Notes :

[1] Total.com/en/media/news/press-releases,9 février 2018.

[2] Nna-leb.gov.lb, agence de presse officielle libanaise, 26 octobre 2018.

[3] Al-Modon (Liban), 29 octobre 2018.

[4] En juillet 2008, Sarkozy a invité le président syrien Bachar Al-Assad à Paris pour rejoindre l’Union méditerranéenne, inaugurée par l’ancien président de la France. L’invitation a été perçue comme une légitimation d’Assad par Sarkozy, et a été critiquée dans le monde arabe. Voir Dépêche spéciale de MEMRI n° 1893, Syrian Daily on Inviting Assad to Mediterranean Union: « If Sarkozy Stays on the Path of Constant Self-Criticism and Courage to Admit [Mistakes] – He May Become an Outstanding Leader of His Country, » 14 juillet 2008.

14 COMMENTS

  1. Il est grand temps que la diplomatie française soit écartée de façon définitive et irréversible, par les vraies diplomaties occidentales, dignes de la préservation de leurs intérêts de dignité et d’honneur, et d’échanges économiques fondés sur l’équité, face à la fourberie, la manipulation, l’hypocrisie de cette civilisation islamo-fachiste perverse, dont le seul objectif est de détruire le modèle culturel occidental; détruisons les avant qu’ils aient le temps de nous anéantir; ils ne nous en laissent plus le choix, donc acceptons ce défi tout en sachant que nous souffrirons de la perte d’une partie de nous mêmes dans les guerres à venir que nous devrons mener pour sauver la culture plus que millénaire de la civilisation Judéo-chrétienne, et de notre devoir de protéger tous les enfants du Grand Israel, que “D.” nous soutienne…
    Evangéliste Chrétien Sioniste,

  2. Nous aurions pu croire que la France aurait regretté sa collaboration nazi.

    Il semble que , la mémoire, n’est pas française.

  3. Une honte de plus à supporter. Nos gouvernants ne sont que des représentants de commerce prêts à vendre l’âme du pays pour quelques gouttes de pétrole et leur tranquillité commerciale. à vomir !

  4. La France à la mode Macron est faible avec les forts et forte avec les faibles. Un pays dont les dirigeants sont opportunistes et lâches. Voilà le bilan de la macronie.

  5. Soudain, ces tweets à l’endroit de la France, ceux de Trump, prennent leurs sens.
    Il y a un ange tutélaire* (et antisémite !) félon préposé à ce pays.
    Ceux qui l’on étudié et qui y sont nés
    savent de quoi je parle…
    Ses coups dans le dos de ses “alliés” au cours de l’histoire l’ont rendu malodorante…
    Ces compromissions avec l’ennemi, si peu glorieuses.
    Ceux qui président au quai d’Orsay sont, par hérédité, les artisans empressés et opiniâtres de cette indignité, pratiquée dans l’ombre …
    Les grands décideurs de la France regardent toujours derrière eux, guettant leurs acquiescements.
    Pour de plus amples renseignements, si à tort vous ne l’achetez pas, ce livre, toujours en ligne, peut-être telechargeable.
    “Un siècle de trahison” de Pryce Jones, ici.
    https://archive.org/details/PryceJonesUnSiecleDeTrahison
    Qu’importe la chair et les os, et moins encore les âmes. Deja oubliés, la defection et trahison de la guerre d’Europe centrale, il y a 23 ans…
    Les 58 militaires paras français de Beyrouth, au Drakkar, volatilisés par le… hezb !
    Les abandons chevenementistes, les ciments français, les transferts de milliards en Iran sous embargo general, par la… BNP !
    En fait des, centaines, des milliers de consentements de la “Diplomatie Française économique et autres (antisem !)…
    Le fantôme de petain se faufile toujours, jusqu’à ses accessoires et sa guirlande, au musée invalide, en ce moment même…
    Alors, quoi d’étonnant à ces liaisons hideuses et infrequentables.
    Le fil du dessus évoque l’intention de la moitié des Juifs britanniques de quitter leur pays…
    Et nous ?
    .
    * ( Ange tutélaire : 70 anges tutélaires, 1 par nation, qui influe sur l’esprit de ” leur” nation.
    cet ange, de la France arrive même à influencer des Juifs, à divers degrés, mais c’est une autre histoire…)

  6. Les dirigeants sont à l’image de ceux qu’ils gouvernent , vivre dans le luxe et fermer les yeux sur la provenance de l’argent, financer l’or de certains en position d’en profiter par le sang d’au Qui ne sont pas en mesure de protester.

  7. la France est une prostituée. Elle vendrait son âme au diable pour les affaires et signer quelques contrats. Rien ne change depuis De Gaulle.
    ROSA

  8. Qu en pensent ils les Juifs ” officiels “?
    En règle général ,les Juifs sous estiment le rôle négatif de la France ,pays amis et alliés des pires ennemis de l’ état Juif.
    Tous regardent trop la télé française ,spécialiste de la désinformation !

  9. la France a vendu son ame pour un peu d’or noir, vraiment noir
    la France amie d’israel?????????????????????????????????????.

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