La Cour suprême coupe les vivres aux yeshivot

La Cour suprême d’Israël a franchi un cap ce lundi en adoptant une décision majeure : à partir de l’année prochaine, l’État ne pourra plus subventionner les yeshivot fréquentées par des étudiants qui n’ont pas régularisé leur situation vis‑à‑vis du service militaire. Ce jugement s’appuie sur les recommandations partagées par la conseillère juridique du gouvernement, et marque un tournant dans le débat sur les exemptions affectant les communautés ultra‑orthodoxes.

Historique jusqu’ici : de nombreux étudiants de yeshivot, certains sans report officiel, bénéficiaient malgré tout de financements publics pour poursuivre leurs études religieuses. La nouvelle décision précise que ce privilège cessera pour ceux dont le statut reste irrégulier. Désormais, la subvention n’est possible que si l’étudiant est réintégré dans le cadre légal du service militaire, ou a obtenu une exemption formelle.

Le contexte politique de cette décision est tendu : l’absence de réforme dans ce domaine a conduit plusieurs députés ultra‑orthodoxes à quitter la coalition en place. Le gouvernement n’est pas parvenu à faire adopter une loi officialisant les exemptions pour les binationaux étudiant en yeshiva, ce qui a contribué à affaiblir la majorité parlementaire.

Cette mesure pourrait affecter des milliers d’étudiants inscrits dans des institutions religieuses dont le dossier militaire n’est pas clair. Pour ces établissements, l’arrêt du financement public pourrait représenter une crise financière : beaucoup dépendent largement de ces subventions pour fonctionner.

Cette rupture juridique s’inscrit dans une continuité récente : dès juin 2024, la même haute instance avait jugé illégale l’exemption automatique de service pour les jeunes ultra‑orthodoxes, exigeant que l’armée israélienne mobilise les étudiants non régularisés, soit immédiatement soit de manière progressive. À la suite de cette décision, les autorités militaires ont commencé à envoyer des convocations à des milliers de jeunes étudiants considérés comme déserteurs.

Un rapport antérieur indique que jusqu’à 54 000 ordre de conscription doivent être envoyés aux Haredim, formalisant la volonté de l’État d’intégrer cette population dans la réserve militaire. Le refus d’exemption relance la controverse autour du principe d’égalité entre citoyens . Le mouvement juridique, soutenu par des observateurs, souligne que les exemptions historiques accordées dès 1948 n’ont plus de justification aujourd’hui, alors que cette population a fortement augmenté en taille et en influence politique .

Ce nouveau cadre légal met aussi en exergue une fracture au sein de la coalition gouvernementale. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu doit concilier la pression des partis ultra‑orthodoxes — prêts à menacer de faire tomber la coalition s’ils perdent leur exemption — et les exigences sécuritaires croissantes liées à la situation sur le terrain, notamment la guerre en cours à Gaza et de potentiels fronts ouverts sur plusieurs fronts.

D’un point de vue institutionnel, le jugement représente un précédent : il associe désormais le financement des établissements religieux à l’obligation de service militaire ou à une régularisation administrative. Ce lien inédit impose une pression accrue aux yeshivot afin d’inciter un nombre croissant de jeunes à rejoindre l’armée ou à obtenir une justification légale de leur statut. Certains analystes comparent ce tournant à une révolution sociale, semblable à l’introduction des téléphones portables dans des communautés très fermées : il pourrait transformer durablement le rapport entre la communauté ultra‑orthodoxe et l’État israélien.

La situation reste instable et politiquement explosive : à l’approche de l’adoption du budget 2025, des discussions sont en cours pour déterminer si des fonds pourront être redirigés pour pallier la perte des subventions aux yeshivot, tandis que des projets de loi sont encore en suspens (Times of Israël).

En résumé, la Cour suprême israélienne a jeté une pierre dans l’étang de l’exception religieuse en instituant qu’un étudiant ultra‑orthodoxe doit soit servir, soit être officiellement dispensé, pour que son école religieuse puisse continuer d’être financée par l’État. Ce changement de paradigme impose un nouveau rapport au service national et accentue les tensions au sein même de la société israélienne, entre principes d’égalité, réalités démographiques et alliances politiques fragiles.

Jforum.fr

La rédaction de JForum, retirera d'office tout commentaire antisémite, raciste, diffamatoire ou injurieux, ou qui contrevient à la morale juive.

S’abonner
Notification pour
guest

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

8 Commentaires
Le plus récent
Le plus ancien Le plus populaire
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires
rabbin salomon perez

dans la sidra de cette semaine la torah ou plutot D. donne une reponse au probleme de l’appel a defendre le pays d’israel אלף למטה אלף למטה לכל מטות ישראל. on voit que premierement on ne fait de distinction tout israel est appelle a servir suivant les conditions a parir de 18 ans a 50 ans , chaque tribus devaient presenter 1000pendant qu’un nombres d’eleves appelles a servir, le meme nombre devrait s’engager a servir par l’etude et sa priere ceux qui partent a l’armee. (1000 pour 1000. )les eleves dvoivent etre a l’etude constante sans arret ,comme le militaire est au front sans arret.a ce niveau je peux comprendre les punissions au manquement a l’etude

Dernière modification le 9 mois il y a par rabbin salomon perez
Yan

Donc vous confirmez bien que Hashem a instauré la conscription et que la rejeter pour des raisons ideologiques et disons-le sectaire est un hilloul…Pour l’effectif de mobilisés et de ceux restant étudier c’est un détail technique négociable…On peut faire des roulements où tout un chacun est amené à faire son devoir civique sur une période et étudier sur une autre, de sorte qu’il n’y ait pas de hafsaka en la matière, c’est ce qui doit être le plus important pour Hashem…L’étude collective ne doit pas être interrompue, mais l’individus doit pouvoir l’interrompre pour faire son service national…Et encore, Tsa hal est disposée à intégrer des temps d’étude durant la mobilisation même du havre yechiva…Donc les sectes du Shtettle sont inexcusables…

Même pour la participation à la vie économique du pays on peut faire le même principe de roulement, chaque individus doit pouvoir gagner son pain selon ce que Hashem lui permet, dans quelque domaine que ce soit…Nous avons par exemple un Roch Kehila tout ce qu’il y a de respectable qui a été prof de mathématiques durant 40 ans au Technion!!…Et l’Etat doit donner des subventions à vos familles nombreuses pour accroître votre proportion démographique face au Erev Rav pour que nous l’acculions et le poussions à la yerida…Ainsi la Gueoula pourra enfin sonner!!…

David

80% de ceux qui ne font pas le service militaire en Israel ne sont pas H’aredim (le député Moshe Tur‑Paz, lieutenant-colonel réserviste de Tsahal et membre du comité des affaires étrangères et de la défense à la Knesset. Il a souligné que, selon les données de l’Israel Democracy Institute, seulement 1,7 % des hommes Haredim servent, contre 87,6 % des autres Juifs israéliens (c’est-à-dire ceux qui ne sont pas Haredim).
Si ils frequentent des universites, l’Etat va t’il sanctionner ces universites?

Yan

Il faut savoir que les yechivot ne courent pas spécialement après les financements étatiques qui ne représentent qu’une part epsilone des énormes dons qu’elles arrivent à récolter autrement, la décision de la basse-cour crapuleuse qui squatte le pouvoir en Israël transformant ce pays en dictature judiciaire n’est qu’un coup d’épée dans l’eau…

Maintenant il est des mouvements sectaires au sein des haredim qu’il faut arriver à marginaliser du reste du monde religieux en démontrant clairement dans les textes de la Thora que Hashem bikhvodo ou ve atsmo a instauré la conscription, et que donc ils ne peuvent en AUCUN CAS se prétendre supérieurs à Lui pour s’y opposer…On a besoin d’un effectif minimum de soldats spirituels dans les yechivot pour la protection de nos hayalim sur les champs de bataille, mais tous le reste doit participer comme tout citoyen à la vie de la Nation Juive dans TOUS CES ASPECTS, comme ils sont bien obligés de le faire en gallout…

Le gouvernement du Erev Rav ne fonctionnant pas sur les pleines règles du judaïsme est aussi un soucis majeur, mais c’est un autre vaste débat…

Dernière modification le 9 mois il y a par Yan
נתניאל

Ce que tu dis se tient, mais il fait fi de l’absolu majorité des gdoley Israel qui ne semblent pas avoir compris les textes comme toi. Participer a la vie de la Nation Juive certes, mais l’Etat d’Israel est elle le produit de la nation juive? La représente t-elle? C’est une grande question qu’on ne peut balayer d’un revers de la main.

Yan

Bonjour Nataniel!!

Je serais bien curieux de connaître l’opinion du gdole des gdole d’Israël sur la conscription Le Grand Rabbin, il ne m’a jamais semblé l’avoir entendu se prononcer sur cette question…Et une fois que son opinion est donnée pour l’ensemble des composantes de notre Am(hormis le Erev Rav que Hashem et moi-même mettons de côté – tu me passeras la prétention de mon ostracisme que j’assume tête haute!!), si elle est pour, le débat devrait être clos pour tout le monde non?!…

Pour ce qui est de la Nation Juive, sa reconstruction est encore inachevée car nous ne sommes pas encore donner le courage d’évincer le Erev Rav de notre sein qui est le gros cailloux dans notre chaussure…Il faudrait pourtant qu’on y vienne à un moment ou un autre…Mais il n’empêche que même avec un tel système, il est tout à fait possible de vivre sa vie juive en composant avec l’univers profane(les hassidim en gallout sont bien obligés de le faire)…Ce que n’arrivent pas à concevoir certaines communautés haredi ayant gardé leur esprit shttetle, qui ne devrait plus avoir cours en Israël…

Yan

Bonjour Nataniel!!

Je serais bien curieux de connaître l’opinion du gdole des gdole d’Israël sur la conscription Le Grand Rabbin, il ne m’a jamais semblé l’avoir entendu se prononcer sur cette question…Et une fois que son opinion est donnée pour l’ensemble des composantes de notre Am(hormis le Erev Rav que Hashem et moi-même mettons de côté – tu me passeras la prétention de mon ostracisme que j’assume tête haute!!), si elle est pour, le débat devrait être clos pour tout le monde non?!…

Pour ce qui est de la Nation Juive, sa reconstruction est encore inachevée car nous ne nous sommes pas encore donner le courage d’évincer le Erev Rav de notre sein qui est le gros cailloux dans notre chaussure…Il faudrait pourtant qu’on y vienne à un moment ou un autre…Mais il n’empêche que même avec un tel système, il est tout à fait possible de vivre sa vie juive en composant avec l’univers profane et de se mobiliser au sein de Tsahal(je suis dans la communauté du Rav Zini où des étudiants en Yechiva font leur service militaire)…Ce que n’arrivent pas à concevoir certaines communautés haredi ayant gardé leur esprit shttetle, qui ne devrait plus à mon sens avoir cours en Israël…Le judaïsme à ma connaissance n’a jamais prôné de vie monastique en déconnexion totale avec la matérialité(ce sont des concepts soit chrétiens soit bouddhistes), mais plutôt de sanctifier et élever cette dernière…

Je suis pour instaurer par exemple une Loi Issakhar et Zevouloun qui ponctionnerait à la source des salaires de chacun et des bénéfices nets de toutes les entreprises du pays un taux d’impôts permettant de financer les yechivot, avec des règles d’encadrement pour éviter les tentations de corruption, et de répartition encourageant l’émulation dans les niveaux d’études spirituels…Entre autres idées…

Eric

Mazeltov !! L’étude de la tora ne peut se faire par parasitisme. Oui a l’étude avec a côté une formation et un métier !!