Un char Merkava à la frontière de Gaza

Tsahal est prêt: il est temps de prendre l’initiative contre le Hamas

La séquence des événements de sécurité qui se déroulent ces derniers mois, en particulier dans le contexte du changement stratégique aux États-Unis et de l’instabilité politique en Israël, ne doit pas surprendre. En réalité de nos jours, tous les acteurs du domaine géostratégique sont en train de se réorganiser, et chacun essaie de prendre la meilleure position pour la prochaine étape, qui peut être soit une conflagration, soit un arrangement.

Tout d’abord, les députés ‒ vous serez surpris ‒ ne sont pas dans le conflit entre Netanyahou et Saar, ou entre Lapid et Netanyahou; par rapport au contexte mondial, il s’agit là de conflits mineurs. Nous  sommes dans un monde d’agitations permanentes et d’instabilité. Une partie de la difficulté provient des conséquences du Coronavirus, qui est connue dans la plupart des régions du monde pour défier les régimes politiques et intensifier l’instabilité, mais le changement de gouvernement en Amérique, y compris un changement stratégique radical, secoue tous les environnements en général et le Moyen-Orient en particulier, et en premier lieu.

Coup de force de Poutine.

Voir par exemple l’accumulation des forces de l’armée russe à la frontière ukrainienne, qui est un coup de force de Poutine comme tentative d’embarrasser et de provoquer l’administration Biden, et attendre cyniquement de voir ce qui va se passer dans les  jours qui suivent; il suffit de comprendre alors que nous ne sommes que des acteurs secondaires dans ce contexte. Cependant, en ce qui concerne Israël, la réalité est plus complexe, le changement de gouvernement en Amérique entre Trump ‒ qui était un président  soutenant Israël de manière sans précédent ‒ et l’administration Biden, qui ne nous épaule que très froidement et notamment ces jours-ci pire encore. L’Amérique veut fuir le Moyen-Orient, et à cette fin elle essaie de stabiliser le conflit avec l’Iran par un accord [obsolète] ‒ quelles qu’en soient les conséquences. Que dira Israël dans ce contexte? Il semble que pour Biden c’est le cadet de ses soucis. On était en droit de s’attendre ‒ pour le moins ‒ à ce que le Président américain s’assoie avec le Premier ministre israélien et résume avec lui les avancées vis-à-vis des Iraniens ‒ mais cela ne se produit pas, et comprenne qui voudra.

L’Amérique conclura un accord avec l’Iran. L’hégémonie iranienne au Moyen-Orient continuera d’être établie et nous devons continuer à lutter et à tenir bon. Cet événement a des conséquences. Le complot iranien consiste à continuer de détenir dans ses mains la maîtrise de la situation dans la région, dont une partie a conduit à la vague d’éclatement au Liban, une autre partie en Syrie et une autre partie à Gaza. La Syrie, pour l’instant, est hors-jeu dans le contexte d’actions souveraines contre nous, en grande partie en raison de l’intérêt de Poutine à maintenir la stabilité là-bas, mais les fronts nord et notamment nord d’Israël nous signalent exactement ce que veulent les Iraniens. Un signal provient des actions attribuées à Israël autour de l’espace maritime et des pétroliers, un deuxième signal autour de l’attaque attribuée à Israël sur l’infrastructure nucléaire, et un troisième signal est adressé à l’Amérique concernant les termes des négociations menant à l’accord.

Dans la situation actuelle, toutes les arènes bouillonnent, en particulier l’arène de Gaza. Au cours des deux dernières années, nous avons eu beaucoup de calme dans ce domaine ‒ une partie de cela découle des défis de la pandémie, une autre partie découle des efforts de réglementation, mais le statu quo dans le sud est tout à fait maintenu. Néanmoins le Hamas ne reste pas silencieux face à la réalité décrite, et d’autant plus avec la politique intérieure israélienne sanguinolente, impliquant les Arabes israéliens, pour la première fois, de faire partie éventuellement d’une coalition politique, avec certainement un Abou Mazen qui retire son épingle du jeu des élections dans lesquelles le Hamas était censé gagner ‒ il est indéniable que le Hamas ne reste pas les bras croisés et trouve une opportunité de se signaliser à Israël.

Interceptions du dôme de fer.

Nous avons vu les signaux du Hamas ces derniers jours ‒ ils ont pris soin de maintenir les tirs à courte portée, n’ont pas intensifié les lancements, et l’incident jusqu’à présent a été limité et n’a pas fait de victimes. Une grande partie de cela est le résultat de la non-intervention israélienne, qui peut avoir empêché l’entrée dans une « embuscade stratégique » pour laquelle nous avons été entraînés dans une escalade dans des conditions moins favorables pour nous dans les contextes décrits. Lorsque vous êtes dans une querelle politique et que le soutien de votre allié est davantage soumis à l’hégémonie chiite, vous n’allez pas vous engager plus que nécessaire et relever le défi. D’où les tactiques dérivées.

Israël n’est pas intéressé par l’escalade. Cela n’arrive pas simplement ‒ la réalité telle qu’elle est de nos jours est dictée par tous les événements qui se déroulent ici. Le monde est à un carrefour important, le gouvernement israélien est à un carrefour important, et une escalade de la sécurité peut dévorer les cartes de tout le monde. Par conséquent, pour l’instant, tout le monde préfère le calme. Au Hamas aussi, apparemment. Peut-être que les lancements récents étaient un signe de choses à venir, peut-être un défi, peut-être une tentative de créer un lien avec la rue arabe, en particulier à Jérusalem. Dans tous les cas, le Hamas n’escalade pas au-delà d’une certaine limite, bien qu’il en ait les moyens. Eux aussi sont probablement intéressés par le calme pour le moment en tout cas.

Et la question reste posée: est-ce que le silence nous sert vraiment? Et peut-être que le moment est venu de mélanger les cartes et d’agir de toutes nos forces contre le Hamas, et contre tous les facteurs bouillonnants ici; Israël sort du Coronavirus, nos conditions d’ouverture sont bien meilleures, Tsahal est prêt, et maintenant peut-être il est temps d’agir et de laisser tomber les mêmes cartes que tous les conspirateurs, y compris l’Iran, jouent avec nous.

Israël ne dirige pas le monde, mais Israël est clairement un facteur influent, et en tant qu’objet de vie, nous pouvons être dans une position où l’initiative doit être entre nos mains. C’est peut-être le moment d’éliminer certaines des menaces qui sont à l’ordre du jour ‒ parce qu’en ce moment, alors que tout bouillonne et demeure instable, il est peut-être temps de donner un autre coup ou un coup de pouce, et d’effondrer ce qui nous menace ici depuis plus de deux décennies.

L’auteur de l’article est un ancien commandant d’une brigade blindée, actuellement chercheur en relations militaro-sociales.

Traduit de l’hébreu par Eliezer Zis pour JForum ‒ Israel Hayom

N.B. : Notons au passage que, bien expérimentée par toutes les guerres avec le monde arabo-syro-palestinien ‒ notamment avec les échecs des guerres de Kippour [1973] et Paix pour la Galilée [1982] qui manquaient d’éléments rationnels ‒ « l’intelligentsia politico-militaire » maîtrise au mieux les décisions pour qu’elles ne soient pas  déclenchées par des pulsions provenant essentiellement des tripes. C’est vrai qu’on a tendance à vouloir ‒ à juste titre ‒ appliquer le Loi du Talion: «Œil pour œil, dent pour dent, coup pour coup, etc.». Encore faut-il appliquer cette Loi avec la sagesse du Roi David et du Roi Salomon. (E.Z.)

1 COMMENTAIRE

  1. Je pense qu’il ne faut pas se comporter comme le taureau devant un chiffon rouge. surtout pas rentrer dans Gaza. Il faut répondre par un missile pour tout missile lancé par le Hamas. il faut detruire toute fabrique d’armes. ils finiront par comprendre de quel coté est la force puisqu’ils ne comprennent que cela

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