Hezbollah rejette l’accord Israël-Liban
Le chef adjoint du Hezbollah, Naim Qassem, a fermement rejeté l’accord-cadre signé entre Israël, le Liban et les États-Unis à Washington, le qualifiant de « nullité », d’« humiliation » et de perte de souveraineté pour le Liban. Dans une déclaration publiée samedi, Qassem a dénoncé toute tentative de conditionner le retrait israélien du sud du Liban au désarmement du Hezbollah, estimant que cela franchit « toutes les lignes rouges ». Il a également appelé les autorités libanaises à revenir sur ce qu’il considère comme des erreurs destructrices pour le pays.
L’accord, conclu après plusieurs jours de négociations sous médiation américaine, vise à structurer un processus de désarmement du Hezbollah, à démanteler ses infrastructures terroristes et à permettre un retrait progressif des forces de défense israéliennes (IDF) du territoire libanais. Le texte prévoit aussi un renforcement des capacités des forces armées libanaises pour lutter contre le Hezbollah. Cette initiative trilatérale a été saluée par les dirigeants israéliens et libanais. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a qualifié cet accord de « grande réussite pour l’État d’Israël », tandis que le président libanais Joseph Aoun l’a présenté comme une étape vers la restauration de la souveraineté du Liban.
La réaction du Hezbollah souligne la fracture profonde entre les parties impliquées. Le groupe chiite, soutenu par l’Iran, refuse catégoriquement d’être désarmé ou de voir son sort lié à un retrait israélien, ce qui complique la mise en œuvre de l’accord. Cette opposition risque d’entraver les efforts visant à stabiliser la région et à réduire les tensions entre Israël et le Liban. Par ailleurs, l’appel de Qassem aux autorités libanaises à renoncer à cet accord met en lumière les divisions internes au Liban, où la souveraineté nationale est un sujet particulièrement sensible.
À court terme, cet accord pourrait ne pas aboutir à un changement concret sur le terrain, en raison du refus du Hezbollah de se plier aux conditions imposées. La perspective d’un désarmement du groupe reste donc incertaine, tout comme la possibilité d’un retrait israélien sans garanties de sécurité. La communauté internationale, notamment les États-Unis, devra naviguer avec prudence pour tenter de concilier ces positions antagonistes, tout en soutenant le renforcement des forces armées libanaises comme alternative au Hezbollah. Ce contexte souligne la complexité de la situation sécuritaire au Liban et les défis persistants pour parvenir à une paix durable dans la région.
L’accord signé à Washington représente une avancée diplomatique importante pour Israël et ses alliés, mais il se heurte à un rejet catégorique de la part du Hezbollah, qui refuse toute condition liée à son désarmement. Cette opposition met en lumière les tensions profondes qui traversent le Liban et la région, et laisse planer un doute sur la capacité des parties à trouver un compromis durable. La situation reste donc fragile, avec des enjeux sécuritaires majeurs pour Israël et des implications politiques sensibles pour le Liban.
Jforum.fr
![]() |
![]() |




































