Un entretien avec Bernard-Henri Lévy paru dans le numéro de mai de l’Arche magazine ( 20 Mai 2015)
Vous avez donc été l’un des premiers à faire connaître en France ce nom de Franz Rosenzweig. Son œuvre demeure-t-elle pour vous actuelle ?
Oui, elle demeure actuelle. Si on veut penser contre l’hégélianisme d’abord (ce qui, soit dit en passant, reste l’ardente obligation, la tâche de nos générations), la manière la plus radicale et la plus féconde reste celle que nous enseigne Rosenzweig.

Il y a Bataille. Il y a Kierkegaard. Et il y a, donc, Rosenzweig : troisième modalité de l’insurrection contre Hegel, troisième variante de la sécession vis-à-vis de l’idée qu’il n’y a pas d’instance supérieure au tribunal de l’histoire. Et, des trois, c’est la résistance proposée par Rosenzweig qui me semble, j’y insiste, la plus riche et la plus forte. Actualité, donc, en ce sens-là. Actualité brûlante en ce que je ne connais, au fond, que Rosenzweig qui nous donne les moyens de penser un universel qui ne soit plus en dette vis-à-vis des catégories de l’hégélianisme…
Et puis vous avez, deuxièmement, la prodigieuse fécondité de sa pensée pour les juifs et dans les débats juifs. Rosenzweig, comme vous savez, se battait sur deux fronts. Celui de l’assimilation qu’il voit poindre et qui l’obsède à partir de la nuit mystique dans la petite synagogue orthodoxe du rabbin Petuchowski à Berlin. Et celui du sionisme auquel il se refuse à réduire le destin juif et dont il débat avec, en particulier, Gershom Scholem. Or qu’est-ce qui se joue dans ce double refus ? Qu’est-ce qui se joue dans cette querelle qu’il cherche à ce qu’il appelle parfois l’assimilasionisme ? En quels termes cela peut-il se penser ? Aujourd’hui, dans ces débats, on peut difficilement faire l’économie de Rosenzweig, même si on prend le parti, comme c’est mon cas, de Gershom Scholem. Mais les termes du problème sont posés là, de manière admirable et définitive.
De même que la réponse à la grande question posée par toute la philosophie occidentale et par les penseurs juifs : qu’est-ce qui, dans le judaïsme, a permis à celui-ci de vivre et non seulement de survivre ? Qu’est-ce qui a permis au judaïsme d’étinceler et de briller de mille feux ? Qu’est-ce qui a conjuré le destin de tous les peuples qui est de se résoudre en États ? Le seul qui donne une réponse à peu près convaincante à ces questions, c’est Rosenzweig.
Rosenzweig tient à distance tout horizon de normalisation, et fait l’éloge d’un peuple qui, de façon immémoriale, s’est résolu à camper à la marge des nations. N’est-ce pas une vision du judaïsme qui tend d’une manière ou d’une autre vers une forme d’orthodoxie ?
Bien sûr que non. La thèse de Rosenzweig, c’est que le judaïsme est le mot manquant de l’hégélianisme. La preuve que le hégélianisme ne marche pas, c’est la persistance du judaïsme ou, pour parler comme Jean-Claude Milner, du « nom juif ».
Si Hegel a raison, le judaïsme doit disparaître. Si le judaïsme ne disparaît pas, c’est que Hegel a tort. Voilà le théorème de Rosenzweig. Qu’est-ce qui fait, à partir de là, que le judaïsme ne disparaît pas ? Qu’est-ce qui fait que, non content de ne pas disparaître, il est beaucoup plus qu’un résidu, une séquelle, un fossile ? C’est le rapport à la loi, le rapport à la langue, le rapport à la terre.
Une loi plus importante, plus éminente que l’histoire, cette Weltgeschichte et ses verdicts iniques. Une terre pour une large part imaginaire, ou qui ne peut être aimée concrètement que si elle a aussi un siège dans l’imaginaire. Une langue, enfin, qui garde en elle quelque chose de non profane, car elle renferme une part de sainteté. Tels sont les trois éléments qui, pour Rosenzweig, constituent la singularité juive. Ce triptyque ne définit pas l’orthodoxie, il est la texture même du judaïsme.
La résurrection de l’hébreu par Israël, c’est la preuve que Rosenzweig avait raison. L’attachement à Israël des juifs de la Diaspora, qui est quand même incroyable et défie toutes les réprobations, c’est une autre preuve que Rosenzweig avait raison. Et la persistance, dans le monde, de quelques uns qui pensent que l’histoire n’a pas le dernier mot, cela prouve encore que Rosenzweig avait raison – et cela n’a rien à voir avec l’orthodoxie.
Pour vous, judaïsme et christianisme sont appelés conjointement à participer à la « réparation du monde », au « Tikkoun olam» ?
Oui, je suis très frappé par la régression de l’antisémitisme chrétien. Je ne dis pas qu’il a disparu. Mais il est, clairement, en voie de marginalisation. Et je suis heureux de voir, en retour, le nombre grandissant de juifs qui, sans la moindre concession sur le fond, sans baisser la garde, sans même céder à la tentation de l’œcuménisme auquel il est arrivé à Lévinas de recourir, cessent de considérer les chrétiens et, en particulier, les catholiques comme leurs ennemis. Je suis conscient de cela. Je pense que, face aux périls d’aujourd’hui, nous sommes profondément alliés.
A Francfort, Rosenzweig a fondé une école d’apprentissage, le « Lehrhaus », une « maison d’étude » où il s’est efforcé de mettre le plus concrètement en pratique la dimension fondamentale de la transmission. Le judaïsme, dans la compréhension phénoménologique qu’il en a livré, ce n’est pas une identité biologique, ce n’est pas seulement une identité religieuse et communautaire, ce n’est évidemment pas une identité seulement nationale, c’est une identité qui existe par l’étude et qui procède de l’étude. Comment cette centralité de la transmission innerve-t-elle votre approche du judaïsme?
Pour moi, cela fait plus que l’innerver ! Cela constitue ma conception même du judaïsme ! Je suis juif par ma mère et mon père. Je suis juif par ma mémoire et par un certain nombre de fidélités fondamentales. Mais je crois, d’abord et avant tout, qu’être juif, c’est étudier l’être juif, c’est penser l’être juif, c’est transmettre l’être juif. Et c’est même la vraie grandeur, à mes yeux, du judaïsme : cette étude inlassable, cette vérité jamais atteinte, inachevée, et qui fait corps avec la vision que les juifs ont du messianisme. Il n’y a pas de judaïsme sans étude. C’est la thèse du Gaon de Vilna que je citais déjà dans « Le Testament de Dieu ». En substance : « Je préfère un savant à la foi vacillante à un ignorant à la foi solide comme un roc ». Il faut le rappeler à tous ceux qui ont le judaïsme paresseux et qui croient qu’on est juif par inertie, sur le même mode, une fois pour toutes. En un sens, bien sûr, on est aussi juif une fois pour toutes.
Mais il ne faut pas se lasser de rappeler qu’il n’y a pas plus vivant que ce judaïsme. Il faut dire et répéter que, de toutes les formes de spiritualité, c’est la plus vivante ; que, de tous les monothéismes, c’est celui qui s’enrichit le plus constamment, le plus intensément et qui ne se satisfait jamais de ses formes provisoires. La pensée juive, la spiritualité juive, ce n’est jamais la répétition. Ou, si c’est la répétition, celle-ci n’est jamais l’essentiel. Et, à l’inverse, ne mérite d’être répété, redit, que ce qui est aussi creusé, médité, objet de recherche incessante, talmudisé. J’ai beaucoup de respect pour le christianisme. J’ai beaucoup de respect pour l’islam. Mais je ne vois ni chez les uns ni chez les autres, cette propension à éterniser le travail de vitalisation du texte. Là, pour moi, est une part – essentielle – du génie du judaïsme.
Ce dialogue inlassable. Cette mise au rouet perpétuelle. Cette dispute âpre, où nul ne feint ni ne joue la concorde, et dont il nous appartient d’aiguiser les angles au lieu de les arrondir. Là, est la vraie force du judaïsme. Là son irremplaçable rôle dans l’économie du monde. Heureusement qu’il y a des juifs pour penser, en même temps, que l’essentiel de la foi repose sur des textes, et que les textes ne valent que s’ils sont, pour reprendre l’expression de Lévinas, « comme les ailes repliées de l’esprit » – l’étude ayant, ensuite, vocation à déplier, déployer ces ailes… Heureusement, oui, qu’il y a les juifs pour penser, dire, prophétiser cela.
Propos recueillis par Alexis Lacroix et Salomon Malka
Additif : parcours d’une étoile filante
L’histoire du jeune Franz commence à Cassel le 25 décembre 1886. Né dans une famille bourgeoise émancipée, Franz est fils unique et il va développer de fortes relations avec ses cousins, Hans et Rudolf Ehrenberg. Bien qu’issu d’une famille assimilée à la société ambiante Franz va rester assez marginal pour pouvoir porter un regard distancié sur le monde qui l’entoure.
Ce monde, en premier lieu c’est la famille, démasquée dès l’enfance comme lieu de contradictions sociales et intellectuelles insupportables ; il y dénonce l’incohérence d’un milieu familial aspirant à la fusion dans la société dominante tout en préservant des vestiges épars d’une tradition devenue incompréhensible. Son grand oncle Adam, pratiquant et attaché aux traditions, compte beaucoup pour lui.
Etudiant brillant alors qu’il se destine à réussir la médecine, il se lance avec passion dans des études de philosophie et d’histoire. Il subit l’influence de l’historien Frédéric Meinecke. Dans le même temps, il passe beaucoup de temps avec son cercle d’amis, ses cousins, surtout dont il est le plus proche. Ils sont tous à la recherche d’une philosophie existentielle, qui place en son centre l’individu vivant, ici et maintenant.
Et si la religion pouvait fournir la clé ? Et si elle en savait plus ?
En 1909, son cousin et plus proche ami, Hans Ehrenberg se convertit au protestantisme au grand désappointement de la famille Rosenzweig mais Franz approuve la démarche de recherche tendant vers un absolu.
Un an plus tard il se rend à un congrès philosophique à Baden Baden où il fait connaissance d’un certain Eugen Rosenstock avec va se nouer une profonde amitié. Dès l’âge de 17 ans, Eugen Rosenstock s’est converti au christianisme, il est devenu un chrétien militant.
A cette époque il y a un fort mouvement de conversion au christianisme chez certains intellectuels juifs.
Pour eux le judaïsme n’est plus qu’une relique incapable de répondre aux besoins de l’époque : ce serait une « bourse vide », les trésors de la culture seraient européens et l’Europe serait chrétienne.
Pourtant les juifs doivent apporter des réponses à ces questions lancinantes qui se posent à toutes les générations :
Comment concilier la modernité et la tradition ? Qu’est-ce que la spécificité juive ?
En juillet 1913, à Leipzig, Franz et Eugen se retrouvent et au terme d’une discussion passionnée où l’on parle de la raison et de la foi, de l’histoire et de la révélation de Hegel et de Nietzche, de judaïsme et de christianisme, de la vérité et de la prière.
Rosenstock convertit intérieurement Franz Rosenzweig. Il le convainc qu’on ne peut continuer à vivre dans le relativisme et le scepticisme, qu’il faut se référer à un absolu, que le religion chrétienne est la seule apte à fournir des repères à la vie intérieure, que le temps a un sens, une origine et une fin qu’elle offre au monde une cohérence. Franz Rosenzweig est secoué.
En 1913 il rentre à Cassel pour fêter le nouvel an juif, les Evangiles à la main il proclame devant sa mère :
« Tout y est, la vérité est là, il n’y a qu’un chemin ! » Il désire se convertir à son tour, comme ses cousins Hans et Rudolf Erhenberg et son ami Eugen Rosenstock.
La seconde vie de Franz Rosenzweig est marquée par le tournant de Kippour 1913, les débuts et le déroulement de la Grande Guerre.
C’est apparemment une décision formelle ; immédiatement après Kippour, il se convertira au christianisme. Comme aux origines du christianisme il ne veut pas rentrer dans l’Eglise comme un païen mais en tant que juif, comme Jésus et les Apôtres ! Existe-t-il au sein du judaïsme une journée plus cruciale que celle de la rémission des péchés. Et c’est pour cela qu’il a pris à la veille de son baptême, le chemin de la synagogue, chemin qu’il n’avait plus emprunté depuis le jour de sa Bar-Mitsva
Au début de Kol Nidré, ouvrant le Yom Kippour de 1913, c’est un jeune homme âgé de 27 ans qui pénètre dans une des synagogues orthodoxes où il ne connaît personne, sans orgue, ni chœur, une shule, de Berlin. Ici, nulle fioriture, pas de chœur mixte, en fait une grande quantité d’hommes qui invoquent le maître d’univers auquel ils adressent des supplications : dans les complaintes qui s’élèvent vers le ciel il ressent aussitôt toutes les souffrances du peuple juif.
Lorsque vingt cinq heures plus tard, l’Office de Yom Kippour s’achève par la prière de Nehila, c’est un Franz Rosenzweig bouleversé et transformé jusqu’aux tréfonds de l’être, qui sort de la Synagogue.
La même nuit il écrit à son cousin Rudolf Erhenberg :
« Cela ne semble plus nécessaire et c’est pourquoi, étant ce que je suis, cela n’est plus possible. Je resterai Juif. Peut-être le Christianisme, la Demeure du Fils, doit-il permettre à chaque homme d’entrer dans la Demeure du Père, et son caractère missionnaire est-il universellement justifié sauf pour Juif, car le Juif n’a nul besoin du Fils pour trouver le Père ; de par sa naissance même, son histoire, son existence, il est à demeure dans la Demeure du Père. »
A partir du lendemain de Kippour 1913 non seulement il reste Juif, mais par un effort incessant et volontaire d’étude, de réflexion, de pratique et de vie, il « redevient » juif dans toute la plénitude du terme. Pour lui le judaïsme n’est plus une question de recherches historiques ni un sujet académique, mais bien une question existentielle.
Après sa presque conversion au christianisme et son retour au judaïsme, il décide de rester quelque temps à Berlin pour y approfondir les sources juives. Il va suivre les cours du philosophe Hermann Cohen.
Cohen est dans ses vieux jours. Il vient de quitter l’Université de Marbourg, en pleine gloire. Fils de hazan, ministre-officiant, élevé dans la tradition- destiné initialement à être rabbin, il a fait un passage par l’institut rabbinique de Breslau, il a suivi sa formation de philosophie à Berlin avant de devenir l’illustre représentant de l’école de Marbourg. Entre les deux hommes naît une affection profonde. Rosenzweig voit en Cohen un inspirateur, un maître, une référence qui lui rappelle peut-être son grand-oncle Adam.
Cohen pressent chez ce jeune homme un esprit libre, un disciple doué et peut-être le fils qu’il n’a jamais pu avoir. Ils divergent sur bien des sujets, leurs tempéraments sont aux antipodes, mais cette rencontre a beaucoup compté pour Rosenzweig. Comme celle de Martin Buber dont il fait la connaissance à la même époque et qu’il retrouve plus tard à Francfort. Ce qu’il appelle la teshouva de Hermann Cohen renforce en tout cas son propre retour au judaïsme, même si ce retour doit se frayer sa voie par ses propres forces.
En septembre 1914 éclate la première guerre mondiale : c’est un moment où la civilisation européenne est entrée dans une crise sans précédent. En effet la mort au combat provoque la rupture définitive avec le modèle condamné d’une Europe dévastée par l’affrontement des nationalismes. La guerre entre les nations européennes est une confirmation de la « nocivité »hégélienne. Il faut sortir du XIXème siècle, de cette sorte de religion de l’Histoire et de l’Etat et entrer dans une religion avec un investissement d’existence.
Il entre comme volontaire à la Croix Rouge à Berlin et il est envoyé comme infirmier, avant d’être enrôlé dans l’armée en avril 1915.
Il est envoyé sur le front des Balkans où il reste jusqu’à la fin de la guerre. Il est rattaché à une unité de défense anti-aérienne.
Son œuvre majeure, L’Etoile de la Rédemption, a été écrite par le sous-officier Franz Rosenzweig sur le front de Macédoine, dans des lits d’hôpitaux, pendant des marches dans la forêt, sur des cartes militaires.
En 1917, pendant qu’il est encore mobilisé dans les Balkans, il médite sur la nécessité d’un renouveau de l’éducation juive et écrit un texte qu’il commence à envoyer à Hermann Cohen. Il a choisi un titre tiré d’un verset des Psaumes : « Il est grand temps » (Psaume 119, verset 126).
Après la guerre il renonce à une carrière universitaire philosophique pour se consacrer à la direction d’une académie d’études juives pour adultes, à Francfort où enseignent les meilleurs savants juifs allemands.
Il fonde un foyer juif avec une jeune Berlinoise Edith Hahn qui, elle aussi, a fait un retour au judaïsme. Le couple s’installe à Francfort où il se lie au rabbin Nobel avec il peut s’investir dans l’étude de la Bible, du Talmud, du Zohar, de la langue hébraïque et du peuple juif.
Aussi soudainement qu’a commencé le premier acte, en 1913, éclate en 1922, le deuxième acte. Cette fois, c’est un duel avec la Mort physique. Franz Rosenzweig est atteint d’une paralysie qui le privera progressivement et rapidement de l’usage de ses muscles, de ses jambes, de ses bras, de tout son corps, jusqu’à l’usage de la parole. Seul le cerveau reste lucide.
Et l’âme. Le médecin a prévu un an d’agonie. Elle durera sept ans, constituera un miracle des courages conjoints de Rosenzweig lui-même, de sa femme avec laquelle il communiquera par le clignotement de ses yeux et de son entourage, la période la plus féconde, la plus créatrice, la plus rayonnante de son existence, trempée dans la souffrance.
Il rédige ses études les plus approfondies sur les problèmes fondamentaux de la pensée juive : assimilation et identité, laïcité et sacré, diaspora et sionisme, antisémitisme et affirmation de la pérennité juive. La mort l’enlève en quelques heures, le 10 décembre 1929. L’année 1929 laisse profiler le spectre du nazisme.
Son itinéraire, bref et dense, ressemble à celle d’une étoile filante dont le rythme est plein de rebondissements. Alors qu’il est sur le point de se convertir au christianisme il opère une authentique teshouva qui le ramène au judaïsme et fait de lui un des plus grands penseurs juifs du monde contemporain.
Après surmonté l’épreuve de la mort spirituelle en revenant à sa foi, pendant huit années il doit combattre l’épreuve de la mort physique : il en sort vainqueur en contribuant à renforcer le judaïsme par un livre de pensée sans pareil dans l’histoire et aussi par une action pédagogique exceptionnelle lancée dans l’Allemagne d’avant le chaos.
Le 9 janvier 1930, Guershom Scholem commémorait la mort de Franz Rosenzweig en ces termes :
« Du fond du silence où il a dû s’enfoncer, la voix de Dieu vivant s’est fait entendre jusqu’à nous. Celui qui un jour fut assis dans cette chambre de Francfort et a écouté les réponses qu’il donnait à ses questions, celui qui a entendu les paroles d’une netteté absolue qui émanaient de ce saint muet, celui-là sait, celui-là est témoin, que le miracle a été présent parmi nous en notre temps. »
Les héritiers du penseur allemand ne manquent pas : tels André Neher, Guershom Sholem et Lévinas. Jérusalem abrite un Centre Franz Rosenzweig.
Emmanuel Levinas
Adaptation de Joël GUEDJ
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