(FILES) In this file photo taken on November 16, 2021 Fabrice Leggeri, head of the EU's border agency Frontex, poses for a photo at the Frontex headquarters in Warsaw. - The head of Frontex, Frenchman Fabrice Leggeri, submitted on April 29, 2022 his resignation from the European coast guard and border guard agency, which is to be "examined by the board of directors" on Friday, AFP learned from a source close to the case. (Photo by JANEK SKARZYNSKI / AFP) (Photo by JANEK SKARZYNSKI/AFP via Getty Images)

Frontex ne Garde plus les Frontières, et Devient une Agence de Tourisme

Les pro-migrants de l’Union Européenne ont gagné : Fabrice Leggeri, directeur général de Frontex, l’agence des gardes-frontières et gardes-côtes européens, a été contraint de remettre sa démission jeudi 28 avril 2022. Celle-ci a été acceptée par le conseil d’administration.

Frontex, l’Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes, a été créée en 2004 pour aider les États membres de l’UE et les pays associés à l’espace de libre circulation (dit Schengen) à protéger les frontières extérieures de l’UE. En 2021, Frontex disposait d’un budget de 544 millions d’euros et salariait mille fonctionnaires européens. Leur nombre (garde côtes et garde-frontières) sera multiplié par dix d’ici 2027. Il est prévu également que les garde-côtes européens soient armés.

Point important, Frontex n’est pas sous tutelle de la Commission européenne. Le patron de Frontex dépend d’un conseil d’administration, composé des ministres de l’Intérieur des 27 États membres. Toutefois, la Commission dispose de deux représentants au sein du conseil d’administration.

Cette disposition institutionnelle explique la nature des moyens employés pour obtenir le départ d’un directeur général dont l’action était perçue comme hostile à la politique de frontières ouvertes de la commission.

Fabrice Leggeri, nommé en 2015 et reconduit en 2019, a été, au cours de ces deux dernières années, l’objet d’attaques incessantes. La commissaire aux affaires intérieures suédoise Ylva Johansson (sociale-démocrate), de nombreuses ONG pro-migrants (Sea Watch, Front-Lex et Progress Lawyers Network, Greek Helsinki Monitor…), des élus du Parlement européen… tous ont accusé Frontex et son directeur général de transformer l’Union européenne en forteresse et d’attenter aux droits humains des migrants.

On ne comprendra rien à l’intensité des conflits politiques autour de la question migratoire si on ne la relie pas à la seconde guerre mondiale. C’est parce que les Européens ne se sont jamais remis d’avoir fermé leurs frontières aux réfugiés juifs persécutés par les nazis que l’Union Européenne se fait un devoir de veiller sur les droits des « réfugiés ». Cette culpabilité est bien sur instrumentalisée : les multinationales veulent toujours plus de migrants pour faire baisser le coût du travail et certains mouvement politiques ont besoin d’une clientèle électorale.

C’est un reportage de l’ARD tourné en caméra cachée qui a mis le feu aux poudres. En octobre 2021, des journalistes allemands de la chaîne ARD ont filmé un « push back ». En d’autres termes, ils ont filmé les méthodes musclées utilisés par les garde-frontières grecs pour refouler les migrants, ainsi que l’utilisation de chiens pour les traquer. Mais surtout, les journalistes ont cherché à savoir pourquoi Frontex fermait les yeux. C’est cette passivité des agents de Frontex que plusieurs médias européens, dont le Guardian britannique et la chaîne allemande ARD n’ont pardonné au directeur général de Frontex.

C’est cette passivité qui a été à l’origine d’une enquête de l’OLAF, le service d’enquête interne de l’Union européenne. Le rapport établi par l’OLAF (Office européen de lutte antifraude) en février 2022 – 129 pages et 700 pages d’annexes – a été entièrement à charge. Trois griefs ont été établis contre M. Leggeri : non-respect des procédures, déloyauté envers l’Union européenne et mauvais management du personnel. La proposition d’ouvrir une procédure disciplinaire contre M. Leggeri a néanmoins été massivement rejetée par 22 suffrages contre, 5 pour et une abstention.

Les trois griefs contre Leggeri se résument au fond à un seul : Frontex aurait fermé les yeux sur les méthodes brutales utilisées par certains Etats Membres de l’Union européenne pour repousser à l’extérieur de leurs frontières (« push back ») des flux de migrants clandestins. Ce n’est pas que M. Leggeri ait adopté des attitudes personnelles anti-migrants, mais ses adversaires ont refusé de voir que les migrants pouvaient, entre les mains d’Etats hostiles, devenir un outil de déstabilisation économique et politique.

Ainsi, en février-mars 2020, la Turquie a laché sur la Grèce plusieurs milliers de migrants, un geste hostile que même la chancelière allemande Angela Merkel a jugé « inacceptable ». « Personne ne peut faire chanter l’UE », a même ajouté le commissaire européen aux Migrations Margaritis Schinas.

Un an plus tard, en novembre 2021, le président du Belarus, Alexandre Loukashenko, pour se venger des sanctions occidentales, a importé des migrants du Moyen Orient pour les lancer contre la Pologne et la Lituanie.

Mais les enquêteurs de l’OLAF n’ont pas pris en compte cet aspect politique des flux migratoires et ont accusé Leggeri d’avoir trahi sa mission de « surveillance » des Etats Membres. Cette accusation est au cœur du conflit qui travaille l’Union européenne : les Etats Membres de l’UE doivent-ils garder leurs frontières toujours ouvertes ? Et Frontex a-t-elle pour mission de veiller à ce que les frontières des Etats Membres de l’UE soient toujours ouvertes ?

Le rapport des enquêteurs de l’OLAF fait ainsi grief à Fabrice Leggeri d’avoir trainé à recruter « vingt moniteurs aux droits fondamentaux » – ces « moniteurs » sont en quelque sorte des commissaires politiques du progressisme chargés de veiller au respect des droits des migrants – et avoir trainé à créer un système opérationnel de surveillance des « droits fondamentaux ». On l’aura compris, chaque fois que l’Union européenne parle de « droits fondamentaux », c’est du droit des migrants à circuler librement dont il est question. Jamais du droit des populations d’accueil. Dans ce contexte, un « pushback » est considéré comme un crime capital.

Ces « moniteurs » en charge des droits fondamentaux ne dépendent pas du directeur général, ce qui fait que Frontex illustre à lui seul le dilemme européen : accueillir des réfugiés et refouler des migrants, mais accueillir tous les migrants de crainte de refouler d’authentiques réfugiés.

Dans sa lettre de démission, Fabrice Leggeri écrit : « Il semble que le mandat de Frontex sur lequel j’ai été élu et renouvelé en juin 2019 a silencieusement mais effectivement été modifié ». Une manière de dire que la mission de Frontex n’est plus la protection des frontières mais uniquement le droit des migrants à s’installer ou bon leur semble. Ce qu’a confirmé l’eurodéputée néerlandaise Tineke Strik, chef de file du groupe de travail du Parlement européen sur Frontex. Dans un tweet moqueur, Tineke Strik a expliqué que ce n’est pas Frontex qui a changé. La réalité a-t-elle affirmé est que Fabrice Leggeri « n’a jamais compris que Frontex doit protéger les droits fondamentaux dans toutes ses actions ». Elle a ajouté : « Le prochain directeur doit en faire une priorité absolue. »

Avec le départ de Fabrice Leggeri, Frontex devient officiellement une agence pour l’accueil des migrants.

2 Commentaires

  1. Comme les barbares qui ont envahi l’Europe au temps de Rome , les associations bidons financées par les états étrangers font leurs œuvres destructrices ainsi que le patronat pour s’enrichir sur le dos des simples européens, mais tôt ou tard tous ces traîtres immondes qui s’emploient à activer l’esclavage moderne en paieront le prix …

  2. Le suicide européen est sans limites
    L’Europe disparaitra et il n’y aura personne pour la pleurer
    Les ordures pro-immigration, qui d’ailleurs regroupe, souvent
    les antisémites de tous horizons, finiront un jour par atteindre
    leurs objectif, la destruction de L’Europe

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