Etat Palestinnien; L’avertissement saoudien

Un débat animé secoue la scène moyen-orientale depuis que plusieurs pays ont officialisé la reconnaissance d’un État palestinien. Si ce geste diplomatique est perçu par certains comme une étape vers une solution durable, des voix influentes en Arabie saoudite mettent en garde contre ses effets. Parmi elles, celle d’Abdul Rahman Al-Rashed, journaliste saoudien de renom, ancien rédacteur en chef du quotidien Asharq Al-Awsat et du magazine Al-Majalla, ainsi qu’ancien directeur de la chaîne Al-Arabiya.

Dans une tribune récente publiée dans Asharq Al-Awsat, Al-Rashed affirme que la reconnaissance internationale ne doit pas être interprétée comme une conséquence directe des attaques du Hamas du 7 octobre 2023, contrairement à ce que prétendent certains acteurs politiques. Selon lui, présenter cette séquence comme un « tsunami de reconnaissance » généré par l’offensive du Hamas est une « distorsion de la réalité ».

Le calcul politique du Hamas
Pour Al-Rashed, l’objectif du Hamas le 7 octobre n’était pas de créer les conditions de la naissance d’un État palestinien, mais bien de l’empêcher. Il rappelle que l’organisation islamiste avait lancé une attaque massive au moment où l’Arabie saoudite négociait, avec l’administration américaine de Joe Biden, un accord stratégique. Cet accord devait reposer sur deux engagements : la reconnaissance d’Israël par Riyad, et en contrepartie, la création d’un État palestinien.

En déclenchant une guerre ouverte, le Hamas savait qu’il bloquerait ces discussions, fragilisant à la fois Washington et Riyad. « L’offensive d’octobre avait pour objectif de saboter le rapprochement saoudo-américain et de compromettre toute perspective d’un accord régional », écrit le journaliste.

Le rôle de Téhéran et de ses alliés
Al-Rashed pointe également du doigt le rôle déterminant de l’Iran. Selon lui, le Hamas, tout comme les Houthis au Yémen et le Hezbollah au Liban, agit en cohérence avec les intérêts stratégiques de Téhéran. L’Iran chercherait à bloquer tout processus politique pouvant réduire son influence régionale.

« La décision du Hamas incombe à Téhéran, toujours déterminé à empêcher toute avancée qui affaiblirait son rôle de puissance dominante », explique-t-il. Ce constat renforce l’idée que le Hamas ne défend pas uniquement ses propres objectifs mais s’inscrit dans un agenda plus large, coordonné avec l’axe iranien.

Israël, le Hamas et les récits divergents
Le journaliste saoudien souligne également les récits antagonistes qui émergent autour de la reconnaissance d’un État palestinien. Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, présente cette reconnaissance comme une « récompense » pour le Hamas, un message destiné à galvaniser l’opinion israélienne et à embarrasser les États-Unis. De leur côté, les cadres du Hamas revendiquent cette avancée diplomatique comme un succès de leur offensive.

Mais pour Al-Rashed, ces lectures ne tiennent pas : « Le Hamas, en réalité, a toujours combattu les projets de création d’un État palestinien, car ceux-ci exigent de renoncer à sa stratégie de confrontation permanente avec Israël. »

Des conséquences imprévisibles
L’éditorialiste conclut que la reconnaissance d’un État palestinien pourrait provoquer des « conséquences inattendues », aussi bien pour Israël que pour les pays arabes impliqués. En insistant sur l’alignement entre le Hamas et l’Iran, il suggère que ce type de décision internationale risque de renforcer les tensions au lieu de les apaiser, en offrant à Téhéran de nouveaux prétextes pour accroître son influence dans la région.

Ainsi, loin d’apparaître comme une victoire pour les Palestiniens ou une défaite pour le Hamas, cette dynamique pourrait alimenter un nouveau cycle de rivalités géopolitiques. Pour Riyad, qui avait misé sur une approche progressive et conditionnée dans le cadre de son dialogue avec Washington, la reconnaissance d’un État palestinien dans le contexte actuel apparaît moins comme une solution que comme un facteur d’instabilité supplémentaire.

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4 Commentaires
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Max

Israel ne donnera pas un cm de sa terre. Combien de tunnels seront creusés a ses frontieres si un etat palestinien partage une frontiere avec Israel

Franck DEBANNER

Que les déchets discutent encore longtemps du pourquoi de la chose…

Ils auront, peut-être, un espoir de trouver l’enclos à déchets en question, en francekipu. Du moins, si la vermine au pouvoir et ses complices, les déjection de gauche, réussissent à se maintenir. Ce qui devient de plus en plus incertain…

Guidon

Faites ce que je dis pas ce que je fais ! Pourquoi l’arabie saoudite a eu besoin de s’étendre sur trois royaumes en spoliant d’autres peuples et qu’Israël devrait partager son territoire avec des ennemis ?

Alain

Al-Rashed a raison. Aucun des protagonistes directs ne veut d’un état palestinien (supplémentaire). Les arabo-musulmans veulent la destruction d’Israël, et Israël doit éliminer tout ennemi à ses frontière.
Toutes négociations dans ses conditions ne sont qu’un leurre. Un leurre auquel se laissent prendre, apparemment, les Occidentaux, malgré son énormité.