Déradicalisation : Dounia Bouzar rompt soudainement son contrat avec l’Etat

Dounia Bouzar.

Missionnée en avril 2015 pour jeter les bases d’une politique de déradicalisation à la française, Dounia Bouzar invoque le débat sur le projet de révision constitutionnelle pour abandonner sa charge subventionnée par l’Etat.

Le Centre de prévention contre les dérives sectaires liées à l’islam (CPDSI) aura fait long feu. Créé en avril 2014 autour de la personnalité de Dounia Bouzar, l’association a annoncé jeudi qu’elle renonçait à renouveler le contrat public qui la liait avec l’Etat. En cause : le «contexte politique défavorable» créé par le projet de loi sur la déchéance de nationalité. Les débats ont créé «un contexte politique défavorable à l’entreprise pédagogique et scientifique pour prévenir la radicalisation», affirme le CPDSI. La structure renonce donc à «l’octroi d’un nouveau budget annuel de 595.300 euros pour une deuxième année» de mandat à compter d’avril.

Le ministère de l’Intérieur avait missionné l’association en avril 2015 pour appuyer les cellules antiradicalité des préfectures. Le contrat devait être renouvelé tacitement en avril 2016. Mais le CPDSI romp désormais les liens avec l’Etat. L’association dénonce un virage pris entre avril dernier, où l’Etat avait «décidé de construire sa politique de prévention à partir des remontées des familles concernées en France», et aujourd’hui où l’action politique est une affaire d’«idéologie» ou de «calculs politiques électoralistes». «Faire croire aux Français que la déchéance de nationalité sera un symbole pour lutter contre Daech est une réponse déconnectée de la réalité. Cette posture va plonger la France dans un retard en matière de prévention contre le processus de radicalisation de nos jeunes», estime le CPDSI.

Des résultats difficiles à évaluer

«Va-t-on recommencer à relier l’origine ethnique des individus au processus de radicalisation?», s’interroge la structure, rappelant que «c’est pour lutter contre l’amalgame entre musulmans et radicaux» que le Centre avait conçu des indicateurs de radicalisation reposant sur «des comportements de rupture et non pas sur la pratique ou l’apparence religieuse». L’organisation de Dounia Bouzar affirme qu’elle continuera «ses recherches avec les familles au sein des réalités de terrain» et construire une école de déradicalisation».

Depuis son lancement fin avril 2014, le numéro vert d’assistance aux familles a reçu plus de 4300 «signalements pertinents» de jeunes dont le comportement inquiète. Quelque 1500 jeunes sont «suivis en prévention» et 600 familles accompagnées par des structures associatives, selon des données publiées début janvier.

La compétence de Dounia Bouzar, anthropologue spécialiste du sujet, n’a jamais été remise en cause. Mais on lui reproche des résultats difficiles à évaluer… Et un mélange des genres : sur le site de l’association subventionnée par l’Etat, on trouve un lien pour acheter ses derniers ouvrages. La structure semble également être une affaire de famille, puisque les deux filles de l’anthropologue apparaissent dans l’organigramme. Des reproches auxquels Dounia Bouzar répond sur Rue 89: «Les gens sont à l’ouest. Qui peut croire que l’on devient milliardaire avec des livres sociologiques? C’est facile de critiquer quand on ne fait rien. Je trouve cela indécent.»


Polémique sur des interview arrangées

Pour les médias, le CPDSI est pourvoyeur de nombreux témoignages de familles ou de jeunes endoctrinés par des islamistes. Mais une polémique a éclaté lorsqu’une même jeune fille interrogée par trois médias différents a livré des témoignages qui ne concordaient pas entre eux. Interrogée par Closer, cette jeune fille disait avoir 20 ans et s’être «radicalisée» après avoir «vu beaucoup de photos d’enfants palestiniens et syriens en train d’agoniser et de mourir». Elle se serait mariée avec «Fabrice», un musulman converti, au cours d’une cérémonie chez lui. Mais dans Le JDD et sur TF1, la même jeune fille avait cette fois-ci 19 ans, et s’était fait embrigader en voulant partir au Mali pour faire de l’humanitaire, lit-on sur Rue 89. Elle s’est mariée avec un homme de 29 ans, mais sans «aller à son propre mariage». Plus étonnant : le véritable rôle de l’association de Dounia Bouzar dans son processus de déradicalisation diffère selon les interview : Dans l’article de Closer, le CPDSI est cité à quatre reprises comme l’ayant aidé à couper avec l’islamisme radical. Pourtant, dans les interview du JDD et de TF1, il n’est pas cité une seule fois. Contacté par Rue 89, le père de la jeune fille parle de «récupération» des propos de sa fille dans l’article de Closer, et précise que celle-ci n’a été reçue qu’une seule fois dans la structure de Dounia Bouzar. La jeune fille avait donc décidé de faire les interview suivantes sans elle.

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6 Commentaires
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Sarah

Je suis d’accord avec le premier commentaire. Toutes les initiatives qui peuvent aider à la déradicalisation des jeunes sont bonnes et celle de Dounia Bouzad en fait partie.

Danielle

Mais quel dialogue ! vous parlez comme des voyous et vous ne faites rien avancer.
Quant à Dounia, que vous a-t-elle fait ? elle essaie de faire son travail avec le soutien de l’état.
Et pour cette jeune-fille qui dit tantôt blanc, tantôt noir dans ses interviews , ça semble , en effet, suspect !
Mais, en gros, tous ceux qui tentent d’éradiquer, d’une manière ou d’une autre, les extrémistes, font du bon travail.
Pour certains qui commentent sur ce blog, je dirai : Vous pouvez dire la même chose plus convenablement, soyez digne d’être Juif !
Bonne journée à tous.

Richard

Tous ceux qui n ont pas compris l embrouille et le charlatanisme de cette magrebinre
La France est aux aiid ele courre a tous va
Et elle est prête a donner son ame aux diables
Elle est tombée bien bas
On le vous côté éducation une binationale comme ministre maricofrancaise et au travail idem maintenant a la culture ..mais ou sont les français de souche !!!

ZOUZGUEFF

Qui c’est, cette « grognace »..?
Encore une « mal bai**** » assurément..!
Elle veut quoi, au fait?

Ixiane

Cette Dounia est nulle ! son leitmotiv est : « c’est pas ça l’islam » ; mais qu’elle nous explique , un jour, ce qu’est l’islam !!! ce qu’est le Coran !! celui-ci dit la même chose chez l’ islam modéré et chez l’islam radical ; alors ….!!!

André

le Centre avait conçu des indicateurs de radicalisation reposant sur «des comportements de rupture et non pas sur la pratique ou l’apparence religieuse»…

En somme rejoindre l’Etat islamique n’a rien à voir avec l’islam… Ca sentait déjà l’arnaque, non ?