« Si on ne fait rien et si on se contente de pérorer, il est rare que ça fasse avancer la situation », a ironisé le ministre, répondant implicitement à Nicolas Sarkozy, qui s’est livré la veille à une critique de la diplomatie française depuis Israël.
« Snobisme des idées mineures »
« Si on veut une solution, il faut que les deux parties discutent, mais pour ça il faut les pousser à discuter, les inciter à discuter », a rétorqué Laurent Fabius. « L’histoire nous montre que depuis 40 ans, quand les négociations (israélo-palestiniennes) ont lieu elles n’aboutissent jamais. Il faut un accompagnement international de la négociation, c’est la proposition de la France », a poursuivi le ministre.
« Moi, ma hantise c’est de me réveiller un matin en apprenant que ça a recommencé à Gaza. Il faut agir », a ajouté Laurent Fabius, qui doit se rendre dans quelques jours en Egypte, en Israël et à Ramallah pour tenter de pousser son projet de relance des négociations.
Le chef de la diplomatie a également rétorqué à Nicolas Sarkozy qui, toujours depuis Israël, s’en était pris à l’accord sur le nucléaire en négociation entre les grandes puissances et l’Iran, et avait déploré que la France soit « laissée à la porte » des discussions pilotées par Téhéran et Washington.
« Lorsque j’ai entendu un ancien responsable politique d’Etat se trouvant à l’étranger rompre avec la tradition (de ne pas critiquer la politique de son pays) et dire que la France n’était pas présente dans la discussion iranienne, je me suis demandé si c’était un manque d’information ou d’objectivité, ou les deux. Je me suis demandé mais j’ai très vite apporté la réponse », a lancé Laurent Fabius.
« J’ai envie de citer (l’écrivain Marcel) Proust, qui parlait du ‘snobisme des idées mineures' », a encore ironisé le ministre.
LHP