Israël : des chercheurs découvrent un traitement de la leucémie

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Une étude dirigée par le Dr. Milyavsky de la Faculté de médecine de l’Université de Tel-Aviv a permis de mettre au point une méthode pour identifier les cellules souches cancéreuses résistantes à la chimiothérapie qui déclenchent la leucémie, et ont trouvé un médicament potentiel efficace pour lutter contre ces cellules dangereuses.

Selon les chercheurs, l’étude représente une étape importante pour l’élimination des cellules leucémiques et la prévention des récidives chez les patients apparemment guéris.

Elle a été menée par le doctorant Muhammad Yassin dans le laboratoire du Dr. Milyavsky, en collaboration avec l’Université de Toronto et l’Université Harvard, et a été récemment publiée dans la revue scientifique Leukemia.

« Nous savons que les tumeurs cancéreuses en général sont constituées d’un mélange de différents types de cellules », explique le Dr. Milyavsky.

« La plupart de ces cellules ne sont pas dangereuses, mais certaines ont des propriétés de cellules souches dont le rôle est de produire d’autres cellules et sont en fait celles qui causent la maladie. Il est important de noter que, même dans le sang d’une personne en bonne santé, on trouve des cellules souches qui produisent une quantité énorme de cellules sanguines normales (10 puissance 11 cellules par jour) pour remplacer les cellules mortes et reconstituer le stock.

Mais les cellules souches cancéreuses, sont des cellules rares qui résistent à la chimiothérapie conventionnelle et peuvent donc survivre même lorsque le patient est apparemment guéri, recréant la maladie.

Dans notre étude, nous avons cherché une manière d’identifier les cellules souches du cancer du sang et de les mettre en évidence afin de les isoler et d’étudier leurs mécanismes d’action, dans la perspective de mettre au point des traitements efficaces ».

Un « capteur génétique »

Les chercheurs ont d’abord analysé le génome humain et y ont découvert certains fragments d’ADN actifs dans des cellules souches sanguines saines.

Puis ils ont examiné ces mêmes segments dans les cellules leucémiques et ont remarqué une activité accrue de l’un d’entre eux. Ils ont donc isolé ce même segment d’ADN cancéreux et découvert qu’il s’agissait d’un segment du type appelé « amplificateur » : un fragment d’ADN qui se lie à des protéines spécifiques particulièrement actives dans les cellules souches.

Ils ont alors attaché à ce segment d’ADN une protéine fluorescente ayant la propriété d’émettre de la lumière lorsqu’elle se fixe à l’amplificateur en question.

De cette manière, ils ont en fait fabriqué un capteur génétique capable d’identifier les cellules souches du cancer, les seules contenant le segment en question à l’état actif.

« Nous avons inséré ce capteur fluorescent dans plusieurs échantillons de cellules leucémiques prélevées sur des patients et avons constaté qu’il brillait dans un certain groupe de cellules », explique le Dr. Milyavsky. « Nous avons alors isolé ces cellules et les avons comparées à d’autres cellules des échantillons pour identifier ce qui les différencie. Les résultats ont montré que ces cellules devenues fluorescentes, donc les cellules souches cancéreuses, étaient plus résistantes à la chimiothérapie et produisaient même la maladie de manière beaucoup plus efficace ».

La molécule spécifique appelée Fenrétinide

Les chercheurs ne se sont pas contentés de ces résultats et ont décidé d’examiner l’effet sur ces cellules souches leucémiques de plusieurs molécules considérées comme des médicaments anticancéreux potentiels.

Ils ont découvert qu’une molécule spécifique appelée Fenrétinide, peu nocive pour les cellules saines, détruisait de manière particulièrement efficace les cellules souches du cancer du sang.

« Nos résultats pourraient servir de base à la mise au point d’un médicament efficace et ciblé contre les cellules souches leucémiques, qui survivent souvent à une chimiothérapie conventionnelle », conclut le Dr. Milyavsky.

« La destruction de ces cellules réduira considérablement les risques de récidive de la maladie. La méthode que nous avons développée pour isoler les cellules souches de la leucémie pourrait favoriser dans l’avenir des approches médicales personnalisées: notre capteur fluorescent pourra isoler les cellules souches cancéreuses dans le sang d’un patient et on pourra alors, en déterminant leurs caractéristiques, adapter un traitement plus efficace pour ce patient ».

SOURCE : Site de l’Association française de l’Université de Tel-Aviv

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