PARASHATH CHELAH LEKHA 5784  A LA RECHERCHE D’UNE GARANTIE  

Une autre péricope comporte cette même tournure de phrase ou plutôt  de conseil, d’ordonnance: lekh lekha (va pour toi) a dit Hashem à  Abraham et ici, D dit à Moïse : Shelah lekha (envoie pour toi).  

En français cette sidra est appelée « les explorateurs » et en hébreu il s’agit  d’espions « meraguelim » (מרגלים ) du mot רגל, pied ou quelqu’un qui va à  pied à des fins d’observer d’épier et non pas comme un explorateur qui  va étudier les espèces humaines, animales ou végétales à des fins  scientifiques comme le ferait un explorateur véritable mais bien comme  un espion: à des fins logistiques : quelles sont les structures existantes,  qui sont ces habitants, et comment les combattre pour s’approprier le  pays.  

Si l’on fait le total des mots de Shelah lekha en guematria on obtient un  total de 388 qui correspond au mot חפש dont le sens est « chercher » donc,  la motivation de ces envoyés était de « chercher ». Chercher quoi ? Tout et  rien : observer dans les moindres détails ce qui se passait sur cette terre  d’élection. Ces envoyés, originellement avaient pour mission de rassurer  le peuple qui aurait dû considérer le cadeau divin d’une terre prodigieuse comme un présent inestimable…

Pourtant, sauf les deux envoyés des  tribus de Judah et d’Ephraïm, respectivement Caleb1 ben Yefoune et  Hoshéâ2 ben Noun, tous ont été félons et ont de par leurs discours  mensongers incité les pleurs/lamentations du peuple et ont, ainsi, attiré  le malheur sur les têtes de tous ces gens qui se sont laissé influencer par  le yetser harâ. 

Or, HaShem a promis aux Patriarches de donner en héritage une contrée à  leur descendance alors, pourquoi dit-IL à Moïse: « envoie pour toi » des  observateurs ? En fait, IL n’a pas demandé d’envoyer des observateurs mais  en précisant bien « pour toi » cela signifie en d’autres termes : pour ce qui me  concerne, Je sais ce que Je vais vous donner comme terre mais si toi, Moïse  tu veux tranquilliser ce peuple, Je n’y vois pas d’inconvénient, envoie là-bas qui  tu veux. 

Nous assistons alors à un véritable déploiement de démagogie populaire dès  le retour de ces émissaires: il faut tout d’abord savoir qui étaient ces envoyés.  Dans la parasha de Nasso il a été question des sacrifices offerts par les élus  (les princes) de chaque tribu sauf celle des Léviim. D’autres représentants  furent nommés pour se partager la nouvelle mission pendant les 40 jours que  dura l’expédition pendant que les « princes » sont restés en poste.

Qui sont,  alors, ceux qui sont partis parcourir le pays et en rapporter des fruits ? Ce sont  ceux qui auraient pu être des « gouverneurs » locaux, sorte de préfets, pour  chaque tribu. Or, en prenant possession du pays, ils étaient en droit de  s’interroger sur le futur de leurs fonctions. Le tort qu’ils eurent de ne pas se  reposer entièrement sur HaShem. Redoutant de perdre leurs attributions et  par conséquent de perdre le rang honorifique qui leur était conféré, ils ont  adopté un discours très démagogique : vanter tout d’abord le pays et  l’abondance matérielle que l’on y trouvait : des raisins si beaux si juteux qu’il  fallut deux gros bâtons disposés en « x » et 8 hommes pour la porter ce qui  reviendrait à dire que cette grappe de raisins pesait quelques 7 tonnes et que  chacun des explorateurs pouvait porter près d’une tonne de marchandise ! 

C’est donc après avoir exposé ce magnifique raisin, cette superbe figue et la  grenade géante et après avoir reconnu devant tout le peuple qu’en effet, les  figues laissaient échapper un miel savoureux dont les chèvres se pourléchaient  et qui provoquait chez elles une surabondance de lait riche qui s’écoulait de  leurs mamelles, c’est alors que les explorateurs portèrent leur « coup bas » :  ce pays est effrayant car tout y est immense, et, devant un tel spectacle  comment espérer être de taille ?!  

D’autre part, pour que les habitants ne remarquent pas ces intrus, nous  enseigne le midrash, D. « occupa » les Cananéens et les « géants » à enterrer  les membres de leurs familles qui mourraient. La région de Kyriat Arba était  habitée par 4 géants3 d’où le nom de Kyriat Arba (la cité des 4). Nos  explorateurs profitèrent de cette occasion qui leur était donnée pour déformer  la vérité et déclarer au contraire, que la « Terre dévore ses habitants ».  

Cette péricope offre un rapport direct avec la parasha dans laquelle nous avons  vu Aharon et Myriam médire sur leur frère. La différence réside en ceci : Aharon  et Myriam ont médit de leur frère alors que les explorateurs en dehors de Caleb  et de Josué ont médit de la terre d’Israël et c’est à ce niveau qu’il est important  de signaler que si la médisance envers des êtres humains est très grave elle  l’est encore bien plus, lorsque la médisance concerne la Terre d’Israël, et ceci,  pour les raisons suivantes :  

Affubler le pays de toutes sortes de défauts et dire qu’à cause de cela il est  impossible d’y vivre est une faute grave car en donnant cette terre à Son  peuple, D sait exactement ce qu’IL fait et ne « voir » les qualités du pays  uniquement pour les détruire est non seulement un manque de confiance en D  mais, ce qui est encore plus grave dirais-je c’est que l’on ne veut pas se  reconnaître incapable de lutter pour se mettre à niveau mais de poser le  problème en d’autres termes et accuser le pays au lieu de se remettre en  cause : « Moi, je suis bien, mais ce pays est trop dur ». Ou bien tout autre  raison : le pays ruisselle de lait et de miel mais ces géants me font peur, jamais  on n’arrivera à les détruire ! » Alors que D a promis « Je vous livrerai le pays et  ses habitants ». Démontrer de cette faiblesse d’esprit est une faute car  HaShem a promis IL TIENDRA DONC SA PROMESSE EN TOUS POINTS….. 

Le manque de confiance se répète sans cesse et Moïse sans cesse également  défend le peuple qui récrimine lui aussi sans fin. Un peuple de pleutres,  incapable de voir que LE chemin à suivre est celui de D et de la Torah. Moïse  tend la perche aux explorateurs mais ils ne savent pas la saisir.  

Une autre crainte se fait jour : les honneurs dont ont fait l’objet tous ces  « notables » devenus explorateurs ne leur seront plus attribués : leur  conclusion est donc facile, ne pas aller plus avant et retourner en Egypte. Le Zohar est ferme sur ce point c’est à cause de l’éventualité de perdre leur rang  social, qu’ils déclarent haut et fort que la terre de Canaan n’est pas un  « cadeau ». 

Aujourd’hui : rien n’a changé : les commentaires négatifs continuent à pleuvoir  sur Israël pour de multiples raisons il faut surtout savoir qu’en proférant toutes  sortes de critiques l’on se livre non seulement à un hiloul HaShem (profanation  du Nom de D) mais encore qu’en dénigrant le pays on affiche sa propre  incapacité à accepter ce avec quoi bien d’autres font leur quotidien et vivent  avec fierté dans ce pays où D habite au milieu de Son peuple. 

JForum.fr avec Caroline Elishéva REBOUH

1 Caleb, époux de Myriam la prophétesse et sœur d’Aharon et Moïse.

2 HaShem transforma ce nom de Hoshéâ en lui ajoutant la lettre Youd (pour HaShem) et il devint  Yéhoshouâ (Josué) à cause de sa grande piété.

3 Ces géants étaient issus de l’union des « Nefilim » ou Anges déchus avec les filles d’Adam.

La rédaction de JForum, retirera d'office tout commentaire antisémite, raciste, diffamatoire ou injurieux, ou qui contrevient à la morale juive.

S’abonner
Notification pour
guest

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

0 Commentaires
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires