Choftim שופטים: le remède à l’orgueil (vidéo)

par Rabbi David Hanania Pinto

« Si tu es impuissant à prononcer sur un cas judiciaire, sur une question de meurtre ou de droit civil ou de blessure corporelle, sur un litige quelconque porté devant tes tribunaux, tu te rendras à l’endroit qu’aura choisi l’Eternel, ton Dieu ; tu iras trouver les prêtres, les Lévites ou le juge qui siègera à cette époque ; tu les consulteras et ils t’éclaireront sur le jugement à prononcer. » (Dévarim 17, 8-9)
Dans la section de Choftim comme dans celle de Reéh, figure l’ordre divin de monter à Jérusalem. Il est écrit dans la seconde (16, 16) : « Trois fois l’an, tous tes mâles paraîtront en présence du Seigneur, ton D.ieu, dans l’endroit qu’Il aura élu : à la fête des Azymes, à celle des Semaines et à celle des Tentes. » Le spectacle des nombreux pèlerins qui montaient allègrement vers Jérusalem avait le pouvoir de raffermir la foi en D.ieu, de même que celui des dix miracles qui se produisaient dans le Temple (Avot 5, 5). Ce renforcement de la foi en D.ieu entraînait dans son sillage la soumission au joug divin.
Dans la section de Choftim, la Torah ordonne également à celui qui ne parvient pas à trancher un jugement de monter à Jérusalem et de se rendre auprès du Cohen ou du juge afin qu’il lui donne son verdict. Autrement dit, si quelqu’un ne parvient pas à prendre de décision dans les cas cités par notre verset, il doit d’abord se rendre chez le juge de sa ville pour recevoir son verdict. S’il n’est pas encore convaincu et a des doutes, il doit monter à Jérusalem pour demander l’avis du Cohen ou du juge.
Dans la suite de notre section, il est expliqué que les décisions du Cohen et du juge sont définitives et ne peuvent être contestées. Celui qui n’est pas disposé à les accepter sera condamné à mourir, comme il est dit (Dévarim 17, 12) : « Et celui qui, téméraire en sa conduite, n’obéirait pas à la décision du prêtre (…) ou à celle du juge, cet homme doit mourir, pour que Tu fasses disparaître ce mal en Israël. »
Dans l’ouvrage Maor Vachamech (section Choftim), figure une question : pourquoi la Torah ordonne-t-elle à celui qui a besoin de prendre une décision juridique de se rendre au préalable chez le Cohen ? Il aurait été a priori plus adéquat d’aller chez le juge, assigné à cette fonction, celle des prêtres et des Lévites étant de servir dans le Temple. Ce n’était que dans le cas de contamination par la tsaraat que le grand prêtre jouait ce rôle et déterminait le statut de pureté ou d’impureté du lépreux.
Et l’auteur de cet ouvrage d’expliquer que les doutes et les questions existant dans le monde ont tous une origine commune : la faute d’Adam qui fut le premier à mettre en doute les paroles divines. Il est écrit dans la Torah que Dieu le plaça dans le jardin d’Eden et lui permit de manger de tous les arbres, sauf de celui de la connaissance. Au lieu d’obéir à l’ordre du Créateur, il choisit d’écouter le conseil de sa femme qui l’attira pour en manger. Le choix d’Adam attestait de l’existence d’un doute dans son esprit. Car, dans le cas contraire, il ne serait pas passé outre à l’interdiction divine.
Tous les doutes existants sont donc la conséquence du premier qu’Adam sema dans le monde. Ces incertitudes ont également donné naissance aux questions sur la loi, si bien qu’il fut nécessaire de la clarifier.
Quand un homme donne la préséance aux propos de l’élève sur ceux du maître – à l’instar d’Adam qui écouta le serpent plutôt que D.ieu –, cette attitude démontre un manque de considération pour l’avis de celui-là. Car s’il l’estimait sincèrement, il aurait certainement accepté son opinion sans la contester. Ajoutons que le doute est également le produit de l’orgueil. Dès lors qu’un homme pense que son opinion est la seule qui prévaut, il aura tendance à remettre en question les paroles de nos Maîtres, tant sa suffisance l’aveugle.
A présent, répondons à notre question initiale. Celui qui ne parvient pas à résoudre un cas juridique et qui, après consultation de l’instance juridique de sa ville, n’en accepte pas la décision, vraisemblablement à cause de l’orgueil qui l’habite, doit monter à Jérusalem. Mais, avant d’aller chez le juge, il se rendra au Temple. Car le spectacle des Cohanim immolant les sacrifices a le pouvoir de secouer un homme, lui faisant prendre conscience de ce que devrait subir un fauteur. En outre, les chants des Lévites ont pour effet de renforcer son amour pour D.ieu et sa foi en Lui, annulant tout sentiment d’orgueil qu’il aurait pu ressentir.
La raison de l’ordre divin de se rendre au Temple avant d’aller chez le juge est donc bien d’ôter l’orgueil du cœur de l’homme et de le remplacer par un sentiment de soumission qui lui permettra d’accepter la décision du juge sans contestation.
par Rabbi David Hanania Pinto  hevratpinto.org

 

 

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