Cancer du rectum : Un traitement a guéri tous les patients d’un essai clinique, une réussite inédite.

Le dostarlimab est normalement utilisé dans le traitement du cancer de l’endomètre.

Douze patients atteints d’un cancer du rectum ont participé à un essai clinique visant à tester les effets du dostarlimab, un médicament normalement utilisé dans le traitement du cancer de l’endomètre. Les résultats sont inespérés. Après 6 mois de traitement, les volontaires ne présentaient plus de tumeur, selon une étude publiée le 5 juin dernier dans le New England Journal of Medecine.

Le cancer indétectable six mois après la fin du traitement

« C’est la première fois que cela arrive dans l’histoire du cancer », a assuré dans les colonnes du New York Times le Dr Luis Diaz, l’un des auteurs de l’étude, cancérologue au Memorial Sloan Kettering Cancer Center à New York.
Six mois après l’arrêt du traitement, le cancer était devenu indétectable et les patients n’ont rapporté aucun effet secondaire lié au dostarlimab.

Booster le système immunitaire

« Ces médicaments ne fonctionnent pas en attaquant directement le cancer lui-même, mais font en sorte que le système immunitaire d’une personne fasse l’essentiel du travail. Ce sont des traitements qui existent depuis longtemps pour le mélanome et d’autres cancers », a déclaré la Dr Hanna Sanoff, cancérologue de l’Université de Caroline du Nord qui se réjouit de ses résultats.
La seule limite à cet essai pour l’heure est le faible nombre de patients qui ont bénéficié de ce traitement. Il faudra donc renouveler l’expérience sur un nombre plus important de personnes atteintes d’un cancer du rectum pour pouvoir tirer des conclusions définitives.
Parmi tous les cancers du rectum, les adénocarcinomes sont les plus fréquents. Pour les soigner, les cancérologues proposent généralement une chirurgie pour enlever la région cancéreuse, suivi d’une chimiothérapie. Mais, l’immunothérapie pourrait bien remplacer ce protocole lourd pour les patients. En effet, un petit essai clinique réalisé au Memorial Sloane Kettering Cancer Center à New York a donné des résultats impressionnants : 100 % des patients étaient en rémission, sans avoir besoin d’une chirurgie ou d’une chimiothérapie, après un traitement par un anticorps thérapeutique, le dostarlimab.

100 % de rémission 

Testé sur une petite cohorte de douze patients, atteints d’un adénocarcinome rectal de phase II ou III, le dostarlimab a permis d’éradiquer purement et simplement la tumeur après une injection toutes les trois semaines pendant six mois. Chez 100 % des patients, la tumeur était indétectable au scanner, à l’IRM, à l’endoscopie et dans des biopsies rectales. Ils n’ont pas eu besoin de chirurgie ou de chimiothérapie pour compléter l’action du dostarlimab. Aucun patient n’a fait de rechute dans le temps de suivi qui a duré de 6 à 25 mois. Le dostarlimab n’a pas provoqué d’effets secondaires graves chez la plupart des patients, seulement des rashs, de la fatigue, des nausées et un prurit. Seule une personne a développé un problème de thyroïde qui n’a pas mis sa vie en danger.
Le dostarlimab constitue aussi un espoir pour les personnes atteintes du syndrome de Lynch – huit parmi les douze participants à l’essai clinique. Cette maladie héréditaire augmente drastiquement les risques de développer un cancer colorectal au cours de la vie, et est associée avec des moins bons résultats après une chirurgie ou une chimiothérapie anti-cancéreuse. L’immunothérapie pourrait être un outil prometteur pour soigner les patients concernés par le syndrome de Lynch.

L’évolution clinique impressionnante d’un patient traité par le dostarlimab. Le cancer du rectum présent au début a complètement disparu dès trois mois de traitement. © A. Cercek et al. The NEJM 

Des résultats durables ?

Cette approche ne fonctionne que sur les cancers du rectum dits déficients du système de mésappariements de l’ADN, qui représentent entre 10 à 15 % des adénocarcinomes rectaux diagnostiqués chaque année. Le dostarlimab est un anticorps qui empêche la reconnaissance du récepteur PD-1, situé sur les lymphocytes T, avec son ligand PDL-1, situé sur les cellules cancéreuses. L’interaction du récepteur avec son ligand paralyse la réponse immunitaire – au lieu de détruire la cellule anormale, le lymphocyte T l’épargne. En bloquant mécaniquement cette interaction, le dostarlimab permet aux lymphocytes T de détruire la cellule anormale.
Des résultats impressionnants qui devront être reproduits lors de futurs essais cliniques indépendants incluant plus de participants. La question de la durabilité des résultats sera aussi cruciale ; si les participants sont en rémission depuis plusieurs mois, rien ne permet de dire à ce jour qu’ils le seront toujours dans plusieurs années.

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