L’isolation phonique de ce logement de Budapest était sans aucun doute excellente, optimisée par le trésor dissimulé dans ses murs.

C’est par hasard, à l’occasion des travaux de rénovation d’un appartement, qu’un ouvrier a découvert en septembre dernier 61 kilos de vieux documents camouflés derrière les briques d’une cloison. « J’ai cru qu’on avait saccagé le papier peint des voisins », explique la propriétaire à l’AFP. En réalité, ces piles de fiches manuscrites sont des archives d’une immense valeur puisqu’il s’agit en effet de 6 300 fiches de recensement des Juifs de Budapest établies par les autorités hongroises en 1944 afin de préparer leur déportation vers les camps nazis.

Des archives d’une grande valeur

Selon Istvan Kenyeres, directeur des Archives de Budapest, « le contenu et l’échelle de la découverte est sans précédent […] Il nous aide à compléter des lacunes dans l’histoire de la Shoah à Budapest ». Car il faut savoir que la plupart des documents de l’époque se sont énormément dégradés, en raison notamment de la mauvaise qualité du papier due au rationnement. Les archives trouvées dans le mur de cet appartement hongrois sont, en revanche, totalement exploitables.

Des renseignements donnés par les Juifs eux-mêmes

Ces formulaires contiennent le noms de habitants de chaque immeuble ainsi que leur religion. Des renseignements que les Juifs ont indiqué honnêtement, n’imaginant pas ce qui les attendait. Pourtant, c’est à la suite de ce recensement que le ghetto de la capitale hongroise s’est peu à peu mis en place, lequel abritera dans des conditions déplorables près de 70 000 Juifs à sa libération en février 1945. Plus de 600 000 Juifs hongrois ont par ailleurs péri dans les camps de concentration nazis.

Casser les cloisons

Selon Istvan Kenyeres, ces archives pourraient avoir été cachées par les autorités hongroises juste avant de fuir l’avancée soviétique. Bien que d’une grande valeur, ces documents ne concernent néanmoins qu’une partie des arrondissements de la ville. Des milliers d’autres manquent à l’appel : « les gens devraient regarder derrière les murs de chez eux, poursuit l’archiviste en souriant ; on ne sait jamais ».

ArchiMag

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