Barzani : nos frontières sont là où s’arrêtent nos tanks!©

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Les Kurdes votent pour leur Indépendance. Barzani : nos frontières se situent où sont stationnés nos tanks

Les 5, 2 millions d’électeurs ayant le droit de vote au sein de la République Kurde semi-autonome d’Irak avouent leur désir, ce lundi 25 septembre,d’établir le premier Etat Kurde Indépendant de l’histoire. On estime que les Kurdes d’Irak, qui ont obtenu leur autonomie en 1991, représentent 15-20 % de la population irakienne. Cette autonomie n’est que la moitié du chemin vers leur but final qui est également refusé à leurs frères de Syrie, de Turquie et d’Iran.

On s’attend à ce que les électeurs favorables au “Oui” fassent le plein de voix à Dahuk, Irbil et Sulaimaniya, les trois provinces officielles du GRK, plus les “zones hors de sa juridiction”, comme Kirkouk, Makhmour, Khanaqin et Sinjar, où les Peshmergas kurdes ont établi leur contrôle après en avoir chassé les envahisseurs de l’Etat Islamique.

La plupart des puissances mondiales, dont le Conseil de Sécurité de l’ONU, ont mis en garde le Président du GRK, Massoud Barzani, pour qu’il reporte indéfiniment ce référendum, à cause de son impact potentiellement “déstabilisateur”sur la région et comme un détournement de l’attention qui devrait se focaliser uniquement que la guerre principale contre Daesh.

L’Irak, la Turquie et l’Iran ont menacé le Kurdistan de “contre-mesures”. Ces pays craignent l’impact de cette indépendance sur leurs propres minorités kurdes. Redoublant de menaces, leurs armées mettent sur pied de grands exercices militaires autour des frontières de la République Kurde pour des prétextes divers et variés.

Voici la réplique de Barzani : “Nos frontières se situent là où nos tanks s’arrêtent”. En outre, les dirigeants kurdes ont expliqué que leur référendum n’est pas un Kexit sur le modèle du Brexit. Il ne comporte pas de déclaration construite de sécession à l’égard de l’Irak. “Sur la route de l’Indépendance,le référendum n’est qu’une étape”, a déclaré Hoshyar Zebari, ancien Ministre des affaires étrangères d’Irak.

Ni la Turquie, l’Iran ni l’Irak, tout en réalisant des mouvements lourds de menaces, ne vont probablement lancer de guerre totale contre les féroces Peshmergas kurdes, en particulier quand ils obtiennent l’appui logistique des Etats-Unis, de la Russie, de l’Allemagne, de la France et, de façon plus discrète, d’Israël.

Avec cette carte en main, les dirigeants kurdes d’Irak ne sont pas pressés. Ils pensent que l’engagement de leur peuple envers l’Indépendance, même s’il est non-consommé, les arme d’un as dans la manche pour lancer les longues négociations qui s’annoncent avec le gouvernement de Bagdad en vue de leur séparation – et probablement autant sur les droits de leurs communautés-sœurs, avec Ankara, Téhéran et la Syrie (Rojava, qui tenait des élections municipales ce week-end).

Ces négociations vont probablement faire des zig-zag et générer des éruptions de violence, avec une potentialité de mettre le feu aux ambitions nationales des communautés kurdes en-dehors d’Irak. C’est la Turquie qui a la plus vaste minorité kurde – forte de 15 millions de têtes ; l’Iran autour de 6 millions et la Syrie, 2 millions – ce qui ensemble avec l’Irak produit un total de 35 millions de personnes, qui résident dans des régions fragmentées et partagées entre les quatre pays voisins. La lutte nationale kurde porte en elle le potentiel d’être prise dans un conflit sanglant avec les Arabes Sunnites ou les opposants chiites iraniens, avec des conséquences imprévisibles.

La perspective la plus immédiate, actuellement serait une confrontation irako-kurde, déclenchée, non seulement par le référendum national Kurde, mais par la bataille pour le contrôle des puits de pétrole du nord de l’Irak, axés autour de Kirkouk.

Les Kurdes chérissent Kirkouk comme leur propre Jérusalem, tandis que pour Bagdad, cela représente un quart du pétrole produit dans la région nord.

La Russie est la seule puissance mondiale qui n’a pas condamné publiquement les Kurdes pour avoir organisé ce référendum – pour l’excellente raison que le géant russe de l’énergie, Rosneft, a annoncé la semaine dernière une promesse estimée à 4 milliards de $ pour l’exploitation des champs de pétrole et de de gaz kurdes, en direction soit de la consommation intérieure, soit d’une exportation éventuelle.

Barzani dispose, non seulement de ses tanks sur le qui-vive, mais aussi d’une garantie d’assurance opportune, de la part d’une grande puissance. Moscou ne va très probablement pas laissé l’armée irakienne attaquer Kirkouk, après avoir implanté avec succès le premier pied à terre stratégique de la Russie en Irak, depuis que les Américains ont renversé Saddam Hussein en 2003.

D’ailleurs, on apprenait, lundi 25 septembre, en plein déroulement du référendum pourtant perçu comme hostile par l’Irak, que le gouvernement irakien et l’armée Peshmerga sont parvenus à un compromis sur leur coopération militaire. Les chefs de l’armée irakienne et des Peshmergas ont signé un accord en cinq points, pour pouvoir combattre ensemble pour la libération d’Hawija, l’une des dernières places fortes encore détenues par l’Etat Islamique. Le Major-Général Muhammad Hajji Qadir, commandant du Front kurde de Daquq, a déclaré : “Après deux jours d’intenses discussions, les deux parties sont parvenues à un accord stipulant que les Peshmergas pourront aussi participer à l’opération. Toutes leurs brigades ont donc ét”é mises en état de branle-bas de combat”.

Ainsi donc les Kurdes peuvent continuer à pomper en toute sécurité leurs près de 600.000 barils de pétrole par jour sous leur drapeau tricolore rouge, blanc et vert, frappé d’un soleil flamboyant.

Iraqi Kurds vote for independence. Barzani: Our borders lie where our tanks stop

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