Abbas : la fin programmée du « concept palestiniste »? ©

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Le 30 septembre 2015, Mahmoud Abbas a prononcé un discours (pathétique) devant l’Assemblée Générale des Nations Unies, annonciateur d’une fin programmée du « concept palestiniste », c’est-à-dire de l’idée selon laquelle les palestiniens constituerait un peuple en mesure de jouir du droit à l’autodétermination. Sa seule présence et son discours ont, une nouvelle fois, illustré en quoi les palestiniens ne sont qu’un peuple inventé par la Charte de l’Olp en 1967, avec pour unique objet la destruction d’Israël. Cette finalité les rend incapables de s’auto déterminer.
Mahmoud Abbas a entamé son discours sur la responsabilité internationale dans ce qui est couramment appelé « le drame palestinien » en évoquant le rôle de l’Unrwa (l’organisme qui finance les réfugiés palestiniens avec les impôts de l’occident, depuis décembre 1949). Pour lui, l’Unrwa « incarne la responsabilité internationale dans le sort des réfugiés palestiniens, qui sont les victimes d’Al-Nakba (Catastrophe) qui a eu lieu en 1948 ». En réalité, les pays arabes dans lesquels les arabes de Palestine sont venus s’établir en 1948, ont toujours refusé de leur accorder la nationalité, ce qui leur a conféré le statut de « réfugiés pour l’éternité ». Ce n’est pas le cas en occident : les palestiniens prennent la nationalité du pays de résidence et ne sont plus financés par l’Unrwa. En somme, les palestiniens sont instrumentalisés pour la mémoire des évènements de 1948, ce qui les rend incapables de se gérer.
Mahmoud Abbas a ponctué son discours avec les termes : « les droits inaliénables, nationaux légitimes du peuple palestinien, tels que définis par les résolutions de la légitimité internationale de l’Organisation des Nations Unies » (bien que personne ne sache exactement de quoi il s’agit), et par la responsabilité contemporaine d’Israël dans l’absence de sortie de la crise, avec les termes : « occupation israélienne », « occupation militaire israélienne », « occupation coloniale israélienne » du « territoire de l’Etat de Palestine », ou du « territoire palestinien » (comme si Israël usurpait une terre qui ne lui appartenait pas). Rappelons donc à Mahmoud Abbas que la Palestine existe depuis le 29 novembre 2012 et qu’aucun territoire ne lui a été affecté. Qu’il cesse donc de marteler des inepties en boucle concernant un supposé établissement de l’Etat d’Israël sur l’Etat palestinien : c’est faux.
Mahmoud Abbas a également rappelé les bonnes dispositions d’esprit dans lesquelles il se trouvait l’année dernière, lorsqu’il désirait ardemment avancer sur le terrain de la paix avant que le projet (une nouvelle fois) n’avorte : « des discussions étaient engagées avec le Quatuor, et avec la participation égyptienne et jordanienne, pour atteindre un accord de paix au sein d’un an. Nous sommes entrés dans les négociations avec des cœurs ouverts et les oreilles attentives et des intentions sincères, et nous étions prêts avec nos documents, pièces et propositions. Mais les négociations ont été rompues quelques semaines seulement après leur lancement ». Il a, hélas, omis de rappeler que l’échec des négociations n’a rien à voir avec Israël mais uniquement avec le Hamas qui ne partage pas les mêmes objectifs, alors qu’il est beaucoup plus représentatif que lui, au sein de la société palestinienne.
Pour Mahmoud Abbas, Israël est bien entendu responsables des maux palestiniens avec « la discrimination raciale contre notre peuple », ou« la confiscation systématique de la terre palestinienne et la construction de milliers de nouvelles unités de logement dans les différents domaines de la Cisjordanie, en particulier à Jérusalem-Est, et de la construction accélérée du mur d’annexion ». Pour lui, il s’agit d’« exemples de la politique de l’occupation de la colonisation ». Ainsi, il a osé avancer : « La puissance occupante continue également de refuser des permis pour notre peuple de construire à Jérusalem-Est occupée, dans le même temps qu’il intensifie sa campagne de démolition et de la confiscation des maisons depuis des décennies », voire encore « L’occupation est une course contre le temps pour redessiner les frontières sur notre terre ».
Ces soit disant griefs ne sont, en réalité, que l’illustration de la pleine et entière souveraineté d’Israël sur le territoire juif. Les palestiniens sont souverains à Gaza (pour le Hamas) et dans les villes de la zone A de Cisjordanie (pour l’Olp). En dehors de ces zones, la souveraineté juive lui est opposable, soit parce qu’il s’agit du territoire israélien, soit parce qu’il s’agit de la « zone C » de Cisjordanie, en vertu des accords d’Oslo signés par son prédécesseur.
Mahmoud Abbas n’a pas manqué de fustiger Israël pour les discriminations religieuses en déplaçant le conflit sur le terrain religieux : « La puissance occupante continue également à entreprendre des fouilles qui menacent nos lieux saints, et ses postes de contrôle militaires empêchent nos citoyens d’avoir accès à leurs mosquées et des églises, et il continue à assiéger la ville sainte avec un anneau de colonies imposé de séparer la ville sainte le reste des villes palestiniennes». Il a alors évoqué «  le débat enflammé dans un conflit religieux ». Sur ce point, les fouilles révèlent en quoi les arabes ont colonisé les Lieux Saint du Judaïsme.
Résultat : il faudra bien, un jour, laisser les juifs prier sur leurs sites sacrés (c’est le jeu de l’arroseur arrosé).
Enfin, pour Mahmoud Abbas, Israël est responsable de l’absence de paix avec les palestiniens « Cette politique va détruire les chances de parvenir à une solution à deux Etats sur lesquels il y a un consensus international, et ici je garde haute voix: Cette politique de colonisation menace aussi de saper la structure de l’Autorité nationale palestinienne et même finir son existence ». Sur ce point, saluons la clairvoyance de Mahmoud Abbas : il n’y aura effectivement pas « un Etat palestinien » mais peut être « deux ». Par ailleurs, l’Autorité palestinienne va disparaître naturellement puisqu’elle ne représente personne (raison pour laquelle il annonçait lui-même vouloir la dissoudre). Il a finalement rappelé les points non négociables :
– Jérusalem Est comme capitale de l’Etat palestinien (cela ressort de l’obstination)
– le renoncement à la violence (c’est aux palestiniens qu’il faut en parler)
– reprise des négociations par l’Olp (il faudrait d’abord changer de nom)
– la poursuite de « la résistance pacifique » des palestiniens« armés que de leurs rêves » (de qui se moque-t-on ?)
– délégitimation de « l’occupation et l’apartheid » (culture du mensonge historique)
A la fin de son allocution, Mahmoud Abbas s’est même présenté en « qualité de Président de l’Etat de Palestine et Président du Comité exécutif de l’Organisation de libération de la Palestine ». De même il a indiqué « je confirme, au nom de l’Organisation de libération de la Palestine, seul représentant légitime du peuple palestinien ». Bien évidemment, Mahmud Abbas est illégitime faute de mandat populaire.
Pire, conscient de sa parfaite illégitimité, il a même abordé la dimension institutionnelle de l’Etat indiquant avoir renforcé «  les caractéristiques de notre Etat, la promotion de l’autorité judiciaire et l’État de droit, le rôle des femmes, les libertés publiques, les institutions de la société civile… » (sic), et avoir « enraciner les fondements de la démocratie comme base de la vie politique palestinienne » (sic). Il s’agit bien évidemment de mots vides de sens qui ne correspondent pas à la réalité palestinienne. Ses déclarations illustrent néanmoins en quoi le concept de « peuple palestinien » a été inventé comme antithèse du projet sioniste et que ses soutiens ne sont en réalité, que des opposants à ce projet… inouï. Bien évidemment, un peuple fabriqué dans cette seule finalité est, par essence, incapable de s’auto déterminer.
Par Maître Bertrand Ramas-Muhlbach

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