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Les chefs des tribus Sunnites lors d’une rencontre avec les officiers de l’armée irakienne, dans l’Anbar, le 10 novembre 2014. Photo: AFP

« Nous voulons établir une armée tribale identique aux Peshmergas kurdes », a déclaré Ahmad Jasim, un résident de l’Anbar. « Nous ne voulons pas d’une armée qui provienne d’ailleurs et qui détruise nos villes ».


Opération anti-terroriste des forces spéciales kurdes.

L’Anbar est le centre de combats sans fin entre l’armée irakienne et divers groupes islamistes, et plus récemment, contre l’Etat Islamique (Daesh).

« Nous, peuple de l’Anbar, seront alors capables de libérer notre région occupée par l’Etat Islamique », a insisté Jasim.

Le peuple de l’Anbar reste suspicieux à l’encontre de l’armée irakienne, à cause de sa mentalité anti-sunnite. D’autres pensent, tout simplement, que l’armée irakienne est incapable de vaincre les Jihadistes islamistes radicaux.

« Nous autres et l’armée irakienne sommes restés sur les mêmes positions, depuis un an et l’armée irakienne n’a pas été capable de terminer cette guerre », confie à Rudaw un autre résident Hamid Jubair. « Par conséquent, je pense qu’une armée doit être créée, à partir des membres du peuple qui connaissent le terrain et peuvent assurer leur propre sécurité ».

Sabah Karhut, chef du Conseil provincial de l’Anbar, a déclaré la semaine dernière, que la coalition menée par les Etats-Unis ont accepté de former une armée tribale dans l’Anbar qui soit forte de 50.000 hommes.

Karhut disait aussi que l’armée tribale coopérerait avec les forces du gouvernement irakien.

Jubair ajoute que des milliers de civils ont fui l’Anbar, au cours des deux dernières années, à cause de la guerre.

« L’armée irakienne n’a rien fait et ces réfugiés ne sont pas en mesure de retourner dans leurs maisons », dit-il.

Ahmad Nafi affirme que l’armée irakienne bombarde de façon indiscriminée les zones résidentielles et a déjà détruit un nombre incalculable de maisons.

« L’armée irakienne a détruit délibérément nos maisons depuis un an, par des bombardements et des tirs d’artillerie, sans aucun résultat probant », dit-il. « Mais si nous-mêmes formons notre propre armée tribale, nous nous tendrons la main et restaurerons la sécurité de nos villes ».

Avec le soutien des forces américaines et du gouvernement irakien, en 2007-2008, les tribus sunnites ont joué un rôle central dans « l’Eveil », permettant de chasser al Qaïda de la région de l’Anbar.

Alaa Ali, membre d’une tribu dominante de l’Anbar est certain que le peuple de cette région est capable de rééditer, une fois encore, l’expérience réussie de 2008.

« Nous n’avons rien contre quiconque, mais à cause de l’arrivée de ces groupes terroristes, nous avons tout perdu », dit-il. « Nous sommes tous prêts à nous porter volontaires pour ce combat, si le gouvernement irakien nous laisse former notre propre armée tribale ».

Par RUDAW dimanche 7 décembre, à 09:12

[rudaw.netArticle original
Adaptation : Marc Brzustowski.

On l’aura compris entre les lignes, les Sunnites de l’Anbar ne sont pas en conflit direct avec les Kurdes, mais par contre, l’intervention indiscriminée de l’armée à majorité chi’ite de Bagdad, avec l’appui et le blanc-seing américano-iranien ne fait qu’attiser les haines et règlements de compte. Un modèle, de type autonome-fédéraliste permettrait aux Sunnites de s’autodéterminer et de poser les limites de leur coopération avec le pouvoir central. Pour cela, Erbil est une ressource plus appréciable que le schéma suivi par la « coalition » -qui semble continuer de vouloir faire le jeu de la Turquie, de l’Iran et de l’axe chi’ite dans la région, au détriment de toutes les « minorités ».

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Peshmergas en 1991, au moment des révoltes contre Saddam Hussein
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Unité mixte d’élite SWAT combattant l’Etat Islamique.

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