Ehoud Olmert est le premier chef de gouvernement qui pourrait être mis en prison. Il s’agit d’un des plus grands et des pires scandales de fraude jamais révélé en Israël. Il n’y a pas l’ombre d’un doute. Olmert, qui fut Premier ministre pendant 3 ans et demi jusqu’en juillet 2009, mérite d’être puni, et sévèrement puni.Olmert ou l’occasion manquée


Le leader audacieux dans la guerre comme dans la paix, mais qui sombre dans la corruption.

Quel dommage. Un des meilleurs Premiers ministres d’Israël a été reconnu coupable d’accepter des pots-de-vins dans le projet immobilier « Holyland » à Jérusalem, qui est entâché de corruption.

Israël, qui a déjà été témoin d’un président (Moshe Katsav) purgeant une peine pour crimes sexuels, d’un ministre des Finances (Avraham Hirschsohn) pour fraude, de dizaines de députés et hauts fonctionnaires suspects ou/et reconnus coupables de corruption, doit, dans ce cas, envoyer un message clair et fort selon lequel la corruption est intolérable.

Olmert ne fut jamais populaire au sein de son parti, le Likoud, mais il était cependant connu comme étant un politicien ambitieux et rusé.

Après avoir été le maire de Jérusalem pendant une décennie, il fut élu à la Knesset et nommé vice-Premier ministre.

Lorsque le Premier ministre Ariel Sharon a sombré dans le coma en janvier 2006 duquel il ne se réveilla jamais, Olmert l’a remplacé durant une courte période d’intérim, puis il fut réélu Premier ministre.

Il se révéla comme étant un dirigeant compétent, prêt à prendre des décisions difficiles et parfois risquées dans l’intérêt national d’Israël.

Ce fut Olmert qui, en 2007, eut le courage, en dépit des incertitudes et les craintes d’une escalade majeure, d’ordonner à l’armée de l’Air de bombarder un réacteur nucléaire construit en Syrie avant qu’il ne devienne radioactif et opérationnel.

Et ce fut Olmert qui a intelligemment formulé la décision de garder le silence sur l’opération, ne confirmant ni n’infirmant sa responsabilité, permettant ainsi au président Bachar al-Assad de ravaler sa fierté et de ne pas répliquer.

Dans ses Mémoires, « Decision Points », le président George W. Bush écrit qu’Olmert lui avait demandé dans un premier temps que les Etats-Unis bombardent le site. Olmert n’a ordonné le raid qu’après le refus de Bush et affirma qu’il préférerait l’action diplomatique et les sanctions déjà! »>Article original.

La décision de détruire le réacteur syrien a été prise en dépit de l’opposition inexcusable du ministre de la Défense d’alors, Ehud Barak.

Rétrospectivement, ce fut une des plus importantes décisions stratégiques de l’histoire d’Israël, du même ordre que celle prise en 1981 par le Premier ministre Menahem Begin de bombarder et détruire le réacteur irakien Osirak près de Bagdad à l’époque de Saddam Hussein.

Quatre mois après la destruction du réacteur syrien, Olmert a approuvé une autre opération audacieuse, à savoir, l’élimination d’Imad Moughniyeh , le « ministre de la Défense » du Hezbollah et un des terroristes les plus recherchés du monde. Les artificiers ne laissèrent aucune trace.

Même les deux guerres controversées menées durant le mandat d’Olmert, l’une durant l’été 2006 contre le Hezbollah au Liban et la seconde en décembre 2008 contre le Hamas à Gaza, se sont avérées rétrospectivement très efficaces et ont aidé Israël à maintenir sa dissuasion à l’égard de ces deux groupes terroristes.

En tant que membre du gouvernement Sharon et, par la suite, comme Premier ministre, la vision du monde et l’idéologie d’Olmert ont subi un changement spectaculaire.

Il a pris conscience que ses opinions de droite, voire parfois d’extrême-droite, avec lesquelles il a grandi (son père fut un député d’extrême-droite au Parlement israélien), comme le soutien des implantations juives en Cisjordanie et le rejet d’un Etat palestinien, n’étaient pas compatibles avec la réalité.

Olmert s’est profondément impliqué dans les négociations, bâtissant une amitié personnelle et professionnelle avec le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas. NDLR : Il s’agit bien de l’avis de Yossi Melman : or, il n’entrevoit pas une seconde qu’Olmert & Livni se sont impliqués à Annapolis, comme jamais auparavant, en novembre 2007 et qu’Abbas a refusé toutes leurs concessions, même les plus généreuses. Il n’en est strictement rien ressorti »>Article original .

Si Olmert était resté au pouvoir, avec les concessions qu’il était prêt à faire, avec son ambition et sa conduite des affaires et surtout avec sa flexibilité pragmatique, Israël aurait trouvé un accord avec l’Autorité palestinienne. Idem : On peut en douter »>Article original

Maintenant, selon ses convictions, sa carrière est finie. Il n’y a aucune chance, vraiment pas la moindre chance, qu’il puisse faire un « comeback ».

Beaucoup d’Israéliens, déçus par la politique rigide et sans compromis du Premier ministre Benyamin Netanyahou, espéraient le retour d’Olmert.

Avec un Olmert peut-être sur le chemin de la prison et aucun candidat à l’horizon, le camp de la paix est abandonné sans aucun candidat ni challenger face à Netanyahou.

Israël se retrouve avec un seul joueur : il s’appelle Bibi. On comprend que l’auteur y est très opposé »>Article original

PS : on peut aussi faire l’hypothèse inverse à celle de Yossi Melman et se demander jusqu’à quel point, par certaines opérations ambitieuses ou par des « risques » pour la « paix à tout prix », Ehud Olmert n’aurait pas cherché à se couvrir et à dissimuler ses affaires courantes, qu’il menait parallèlement. C’est ce qui met le plus en cause la fonction de Premier Ministre, pouvant agir pour des intérêts personnels aux commandes d’un Etat et la source véritable du scandale. Tout comme on s’est interroger sur la relation entre le retrait de Gaza et les affaires en cours contre les fils Sharon, au moment de cette décision. Selon qu’on sera plus ou moins enclin à lui -ou à leur- trouver des circonstances atténuantes par d’autres « bons et loyaux » services, l’interprétation divergera. Quoi qu’il en soit, Israël ne peut s’accommoder d’aucune excuse explicative, venant atténuer un jugement pour fautes graves

Yossi Melman

Yossi Melman est un expert dans les secteurs relatifs à la sécurité et au renseignement en Israël.

i24news.tv Article original

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david c

« ….Yossi Melman est un expert …» devinez en quoi ? ….J’espère qu’il accompagnera son « idole » là où est sa place !