Par Maître Bertrand-Ramas-Muhlbach.
Compte tenu du refus palestinien d’avancer sur le chemin des négociations, l’Etat d’Israël a décidé, le 29 avril 2014, de stopper les transferts des devises israéliennes (le Nouvel Shekel Israélien mentionné sous le sigle NIS), des territoires sous contrôle palestinien vers la Banque Centrale Israélienne.

Cet évènement, à l’origine d’un tollé général du côté palestinien, constitue un épisode très intéressant dans les relations israélo-palestiniennes, en ce qu’il révèle, d’une part, à quel point les palestiniens sont économiquement dépendant de l’économie israélienne, et, d’autre part, en quoi la campagne BDS (Boycott désinvestissement sanction) n’est qu’une vaste comédie décalée de la réalité économique, destinée à salir Israël sur la scène internationale, sans jamais couper les liens israélo-palestiniens.
Sur un plan économique, les palestiniens sont à 90 %, dépendants (on peut dire en réalité sous la tutelle) de l’économie israélienne : 85% de la consommation dans les territoires sous contrôle palestinien (en termes de produits et services), sont importés d’Israël. Par ailleurs, l’Etat juif absorbe 80 % des exportations de Ramallah. Or, toutes les transactions s’effectuent dans la monnaie israélienne, le Nouveau Shekel Israélien, qui constitue la monnaie utilisée par les palestiniens dans leur vie quotidienne (autrement dit, et à l’attention des promoteurs de la campagne BDS, si les palestiniens devaient réellement boycotter les biens et services israéliens, il s’agirait d’un suicide collectif palestinien).
L’inquiétude manifestée dans les territoires palestiniens à la suite de l’annonce de la Banque Centrale israélienne, illustre aussi en quoi, les campagnes BDS n’ont pas pour vocation de sanctionner économiquement Israël mais uniquement de servir de propagande anti israélienne pour inviter les pays et les firmes dans le monde, à cesser de traiter avec Israël pour des motifs idéologiques, alors que c’est l’Etat juif qui maintient en vie la population et l’économie palestinienne.
Rappelons également que si le Shekel israélien est exclusivement utilisé par les palestiniens dans les échanges de biens avec Israël, il l’est également pour payer les salaires des palestiniens qui travaillent dans les entreprises israéliennes : 47 350 travailleurs palestiniens entrent légalement chaque jour en Israël pour y travailler (chiffre de mars 2014) alors que 15 à 20 000 entrent illégalement, c’est à dire sans permis de travail. Certes, ce chiffre a considérablement diminué depuis que les palestiniens ont entrepris leurs attaques terroristes lors des pourparlers de paix qui ont accompagnés l’ère « dite d’Oslo » (1993-2000).
Antérieurement, le nombre de travailleurs palestiniens qui se rendaient chaque jour en Israël pour y travailler s’élevait à 120 000 (Cisjordanie et Bande de Gaza confondue). En tout état de cause, les salariés palestiniens qui travaillent dans les firmes israéliennes sont payés en Shekels (qu’ils ne boycottent pas), devise qu’ils réinvestissent dans l’économie palestinienne.
S’agissant des biens de première nécessité, les palestiniens s’approvisionnent en Israël pour ce qu’il en est de l’électricité (70 à 80 millions de Nis chaque mois), du pétrole (600 million de Nis chaque mois), du Gaz naturel, de l’alimentation, et des soins médicaux (25 millions de Nis mensuels), le Shekel israélien constituant l’unique monnaie pour les opérations. Globalement, l’économie palestinienne représente un budget de 6 milliards de dollars avec 85 % des biens et services qui sont d’origine israélienne (sans qu’il ne soit envisagé le moindre boycott).
Or, compte tenu de la pauvreté de l’économie palestinienne, les palestiniens ne disposent pas de monnaie propre : toutes les transactions s’effectuent en devise israélienne. Soit les revendeurs palestiniens effectuent leurs achats en Israël dans la monnaie locale, soit l’Autorité Palestinienne (qui dispose du monopole pour la revente locale de l’électricité et du pétrole raffiné en Israël), utilise encore le Shekel dans ses relations avec les revendeurs palestiniens.
Aussi, l’annonce de la Banque centrale israélienne visant à interdire aux palestiniens de transférer le surplus des devises israéliennes vers l’Etat hébreu, a fait l’effet d’une douche froide. En effet, lorsque les banques palestiniennes effectuent un transfert électronique vers les banques israéliennes, elles garantissent le transfert avec de l’argent liquide réel. Or, comme la Banque Centrale d’Israël a (pour l’heure), décidé de stopper le retour de l’Argent israélien en Israël, les territoires palestiniens se retrouvent en possession de liquidités en masse, dont ils ne savent plus quoi faire.
Les palestiniens aiment diffuser la campagne de boycott entreprise contre les produits israéliens (en provenance des territoires disputés de Cisjordanie), mais n’apprécient pas lorsque Israël boycotte la monnaie israélienne détenue par les palestiniens : les banques palestiniennes regorgent désormais de NIS dans leurs coffres forts et sont obligées de refuser les nouveaux dépôts. Par ailleurs, les sociétés palestiniennes ne peuvent plus faire de transfert électronique des devises israéliennes vers la Banque Centrale Israélienne et seront contraintes de transférer d’importantes sommes d’argent en liquide aux fournisseurs israéliens, via des intermédiaires palestiniens peu scrupuleux ou très coûteux.
L’Autorité Monétaire Palestinienne (qui fait office de Banque Centrale Palestinienne dans les territoires sous contrôle palestinien bien que l’Autorité Palestinienne soit dénuée d’une monnaie propre) regrette cette mesure de la Banque Centrale israélienne et envisage, soit de substituer le dollar à la monnaie israélienne (ce qui serait absurde puisqu’Israël décide de la monnaie d’échange pour les biens et services qu’il commercialise), soit d’instituer sa propre monnaie (ce qui est impossible compte tenu du coût engendré au regard de l’insuffisance de richesse générée).
C’est finalement, l’administration civile israélienne (représentant le Ministère de la défense dans les territoires disputés) qui devrait voler au secours des palestiniens en intervenant auprès de la Banque Centrale israélienne pour qu’elle accepte de nouveau l’échange des devises israéliennes.
En tout état de cause, les palestiniens apparaissent une fois encore comme les propres victimes de leur folie meurtrières.
Avec leur refus de normaliser les relations avec Israël et de renoncer à la lutte armée, ils ne disposent plus, en Cisjordanie, d’aucune liberté de mouvement (alors que c’était le cas avant l’engagement de l’ère d’Oslo) et ne peuvent se rendre en Israël, que dotés d’un permis spécial. En effet, Israël contrôle l’espace électromagnétique palestinien (en les empêchant d’accéder au service de la téléphonie mobile de troisième génération alors que l’Etat hébreu met en place celui de la cinquième génération sur son territoire), mais également les terres (avec le contrôle des frontières), les ressources naturelles ou l’exploitation des puits pour l’approvisionnement en eau potable. Désormais, c’est la monnaie israélienne qu’ils ne peuvent plus réexpédier en Israël, compte tenu du refus opposé aux transferts par la Banque Centrale israélienne.
BDS ne manquera certainement pas d’annoncer au monde que pour une fois, ce ne sont pas les propagandiste anti-israéliens qui militent pour le boycott des produits israéliens mais c’est Israël qui boycotte sa propre monnaie en provenance des territoires palestiniens. Une fois n’est pas coutume : le « boycotteur est boycotté ».
Par Maître Bertrand-Ramas-Muhlbach.
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ISRAEL NE DOIT PLUS FAIRE DE CADEAUX A CES SAUVAGES,LRES ACCORDS D’OSLO SONT MORTS,IL FAUT LEUR FAIRE PYER LE PRX FORT