Sécurité renforcée autour des dépôts d’Ashkelon et Eilat.
PS : il est encore difficile de discerner les nouvelles frontières et lignes de fractures qui se dessinent, au moment où l’Irak, après la Syrie, implose en trois entités distinctes. Masoud Barzani a livré un discours fort, laissant clairement entendre que le temps de l’Indépendance est proche. Celle-ci ne sera possible que si le GRK équilibre un budget déficitaire, du fait de la suspension des financements irakiens centraux, donc exporte son pétrole. Aussi bien les acteurs israéliens que kurdes démentent, à ce stade, l’arrivée de tankers dans les eaux israéliennes. Néanmoins, ce projet de transit existe, qu’il soit ou non, effectif. Sur le plan géostratégique, les blocs se dessinent, s’opposent, mais peuvent aussi faire alliance provisoire, pour faire échouer la percée de tel ou tel rival, qui changerait la donne. Si Kirkouk, future capitale du Kurdistan, devenait une sorte de « Jérusalem Kurde« , en miroir de l’autre, israélienne, au nord de l’Irak et à cheval sur la Turquie, la Syrie et l’Iran, il est certain que ces puissances régionales ne l’accepteraient pas sans déclencher un autre conflit régional. Ce qui est sûr, c’est qu’Israël gagnerait son premier allié au Moyen-Orient Article original, au détriment des autres acteurs régionaux »>Article original

Le Pipeline à travers Israël, allant d’Ashkelon à Eilat est la véritable cible de l’augmentation des tirs de roquettes Grad contre Ashkelon et les zones côtières proches, selon les sources militaires de Debkafile. Cette tendance s’est accélérée depuis le lancement, ce mois-ci, d’une route de transit pour les exportations de pétrole en provenance du Gouvernement Régional Kurde (KRG), dans le Nord de l’Irak, par la Turquie et Israël.

Le Jihad Islamique et d’autres terroristes salafistes à Gaza sont de mèche avec le groupe Ansar Bayt al-Maqdis appartenant à Al Qaïda et opérant depuis le Sinaï. Tous constituent des sources potentielles pour l’intensification des tirs de roquettes et ont certainement des cibles civiles dans le collimateur, mais l’augmentation, constatée ces jours derniers, est une tentative claire pour rendre impraticable cette nouvelle voie d’exportation kurde. (Voir la carte ci-dessus).

Le Jihad Islamique et Al Qaïda dans le Sinaï forment un drôle de tandem : leurs appuis, l’Iran et l’Etat Islamique en Irak et au Levant sont à couteaux tirés en Irak. Mais ils partagent un intérêt commun à empêcher Israël d’utiliser ses petits ports pétroliers, Ashkelon et Eilat, pour devenir un convoyeur important du pétrole kurde. Du fait de sa situation géographique et de ses infrastructures, Israël est rapidement devenu un facteur déterminant de la guerre en Irak et de ses développements à venir.

L’Iran veut, plus que tout, mettre un terme à ces ventes pétrolières issues des puits de pétrole du nord de l’Irak près de Kirkouk, alors que l’EIIL considère le pétrole irakien comme un important trésor de guerre et un atout stratégique, à l’instar des autres puits de pétrole qu’il contrôle dans l’Est de la Syrie. L’EIIL utilise déjà la contrebande du produit des puits pétroliers syriens comme une source cruciale de ressources, qui lui rapporterait environ 1 milliard de $ par an. Par le contrôle des puits de pétrole de l’Irak, de ses raffineries et pipelines, ce groupe affilié à Al Qaïda pourrait facilement doubler, voire tripler ses revenus annuels issus du pétrole.

Le rôle et la position d’Israël risquent d’étouffer ces projets.

Autant Téhéran, qui a de l’influence via l’Union patriotique du Kurdistan (UPK) de Jalal Talabani »>Article original et ses propres visées sur Kirkouk conçue par les Kurdes comme leur Jérusalem et leur propre capitale historique »>Article original, que l’EIIL ont été stupéfaits de découvrir que le Premier Ministre turc Recep Tayyip Erdogan avait contresigné un accord d’entente kurdo-turco-israélien concernant cette voie d’exportation du pétrole kurde.

La mise en œuvre de cette transaction n’a pas perdu de temps, dès que les Peshmergas kurdes ont fait mouvement pour entrer à Kirkouk, alors que les troupes irakiennes fuyaient l’arrivée des combattants jihadistes de l’EIIL.


Peshmergas à l’entraînement.

Le brut transite par Ceyhan, la ville portuaire de Turquie sur la Méditerranée. De là, il est chargé sur des Tankers qui naviguent vers Ashkelon, où les cargos sont déchargés, soit pour être stockés, soit pour alimenter le Pipeline Trans-Israël d’une longueur de 254 kms.

Traditionnellement, ce pipeline a servi de relais pour des compagnies pétrolières de Russie et d’Asie Centrale (Azerbaïdjan, notamment) qui utilisent Israël comme intermédiaire pour leurs ventes exportatrices vers les pays asiatiques. Mais, avec l’arrivée des premiers navires pétroliers kurdes, au cours des dernières semaines, le pipeline a commencé à opérer à une capacité équivalant à 20 millions de tonnes par an.

Nos sources révèlent que le Kurdistan, qui exporte 120.000 barils de pétrole par jour, aurait déjà envoyé 2 millions de barils de pétrole en direction d’Israël, via Ceyhan. L’essentiel de cette cargaison devrait parvenir à Ashkelon et Eilat dans les jours à venir.

Les initiés de l’industrie pétrolière pensent qu’Irbil (capitale du Kurdistan) paie 1 dollar à la Turquie et à Israël pour tout baril transitant par leur territoire.

Alors que ce canal pétrolier entre la Turquie et Israël est en train de se mettre en service, les sources militaires occidentales disent que les marines de ces deux pays ont renforcé leur coopération dans l’Est de la Méditerranée, afin de sécuriser cette route maritime, ses tankers et leur précieuse cargaison.

Elles ajoutent qu’Israël a pris des mesures spéciales de sécurité pour renforcer ses défenses contre les attaques terroristes et les tirs de roquettes, à Eilat et dans le Golfe d’Aqaba, redoutant que les agents iraniens et milices de l’Etat Islamique en Irak et au Levant, nouveaux arrivants dans le Sinaï, ne prennent pour cibles les terminaux d’Eilat et les tankers pleins de pétrole kurde.

DEBKAfile Reportage Exclusif 25 juin 2014, 12:12 PM (IDT)

debka.com Article original

Adaptation : Marc Brzustowski.

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