RAMALLAH —Le Président de l’Autorité Palestinienne Mahmoud Abbas est confronté à une opposition croissante, au sein même de son propre mouvement, le Fatah.
Abbas, soutenu depuis longtemps par l’Egypte et les Etats-Unis, doit se débattre contre des rumeurs lancées par ses critiques dans les rangs du Fatah, concernant sa santé, autant que contre le manque de loyauté de ses principaux lieutenants. Une de ces rumeurs prétend qu’Abbas, âgé de 80 ans, aurait été terrassé, récemment, par une crise cardiaque.

Ces détracteurs sont des gens particulièrement puissants, qui ont des accès facilités aux médias », précise une source palestinienne.
Les rumeurs qui envahissent la sphère des réseaux sociaux ont été publiées au beau milieu de tensions élevées entre le Président Abbas et son Premier Ministre Rami Hamdallah. Alors que ces rumeurs ont atteint leur paroxysme le 6 décembre, Abbas, accompagné par une équipe de cameramen de la télévision, a cru bon de quitter son domicile de Ramallah et de prendre un bain de foule dans un supermarché, pour démontrer qu’il allait bien.

Mazen connaîtra t-il le sort de Lénine-Staline, Saddam Hussein, puis de l’ensemble des dictateurs arabes? Que nous souffle le vent de l’histoire?
Les réseaux sociaux ont aussi prétendu qu’Hamdallah (qui l’a déjà fait par le passé) aurait, une nouvelle fois, présenté sa démission à Abbas. Ces sources ont affirmé qu’Abbas a, alors, ordonné au Premier Ministre de diffuser un démenti cinglant.
Hamdallah, qui est un faire-valoir disposant de liens étroits avec le Hamas, a poussé une grande colère, en recevant les directives d’Abbas et du Fatah, concernant les nominations au sein du Cabinet. Le Premier Ministre a dévoilé qu’on lui a forcé la main pour accepter les nominations aux postes effectuées par le Chef des Renseignements de l’AP, Majed Faraj et le lieutenant d’Abbas, Azzam Ahmed. La belle-sœur d’Ahmed, Khalwa Shakhshir, a, par exemple, été nommée Ministre de l’Education.
Abbas connaît aussi de vives dissensions avec son Secrétaire-Général de l’OLP, Yasser Abed Rabbo, jusqu’alors un allié très proche. Abbed Rabbo est soupçonné d’avoir rejoint l’ancien Premier Ministre limogé, Salam Fayyad et l’ex-chef de la Sécurité à Gaza, Mohammed Dahlan, lors d’une rencontre avec le Secrétaire d’Etat américain, John Kerry, aux Emirats Arabes Unis, en novembre 2014.
Le 2 décembre, la Police de l’AP a reçu l’ordre d’encercler le Conseil Législatif Palestinien et d’interdire l’entrée à un autre détracteur d’Abbas, le Secrétaire-Général Ibrahim Khreisheh. En novembre, Khreisheh a été limogé par Abbas,en tant qu’ancien supporter de l’Union des Fonctionnaires Civils, mise hors-la-loi par l’Autorité Palestinienne.
« A un moment où les Députés du monde entier sont en train de voter la reconnaissance de la Palestine, c’est inacceptable que la police palestinienne encercle notre propre parlement », a déclaré Tayseer Khaled, l’un des membres du Comité Exécutif de l’OLP.
[worldtribune.comArticle original
Adaptation : Marc Brzustowski
PS : le drame des victoires déclaratives à la Pyrrhus, que remporte la stratégie Abbas semble bien être qu’au moment même où il encaisse ces chèques en blanc, de la part de politiciens occidentaux bien mal informés des réalités du terrain moyen-oriental, son utilité politique est, de plus en plus, mise en doute, fracturée et mûre pour la chute (qui plus dure sera-Maître Yoda). Il n’a pas, autour de lui, de garde prétorienne, hormis, peut-être, les forces de sécurité de l’AP, entraînées par le Général Keith Dayton et la Jordanie, pour tenir tête à la fronde interne, au sein du Fatah-OLP, et aux boute-feux du Hamas, dont son Premier Ministre, qui, maintenant que « l’oeuvre » du Cheval de Troie est en voie d’être achevée, se sentent en droit de reprendre les rênes et de renverser la Statue de Sel des Accords d’Oslo sur le bas-côté de la voie royale vers le Califat…
Comme c’est prévisible, Abbas subit l’effet des « Printemps arabo-islamistes » autour de lui et le bras de fer qui se joue entre les puissances régionales. Lorsque l’article dit qu’il a le soutien de l’Egypte, le Maréchal El-Sissi peut, très bien hésiter, entre un soutien de façade, car on sait ce qu’on perd, pas ce qu’on trouve- et un va-tout, avec les Emirats, derrière un cheval neuf, comme Mohammed Dahlan. Cela dit, celui-ci a été radié des listes, il y a quelques temps, au sein du Fatah-OLP. D’autre part, il n’a pas les moyens militaires, policiers et techniques de faire face au Hamas, toujours soutenu par l’Iran, le Qatar et la Turquie. A moins d’un remake de la « guerre civile » de juin 2007 à Gaza, cette quadrature du cercle est sans solution immédiate.
Le Hamas, quant à lui, n’a pas directement intérêt à prendre le pouvoir, sauf par homme de paille interposé, comme le fameux « universitaire » pro-Hamas Rami Hamdallah, consacré par les idiots utiles d’Europe comme un « technocrate prêt au compromis Hiiisse-torique ». Néanmoins, son QG à Istanbul a démontré préparer plusieurs conspirations visant à cette prise de pouvoir et la folie des grandeurs de ses alliés Erdogan et Tamim au Qatar pourrait avoir raison du besoin de trouver une « légitimité internationale » que les députés européens sont tout prêts à lui offrir.
Lorsque les peuples choisissent de se mentir et s’unissent pour tromper les peuples, il n’y a pas de remède-choc, pour les dégriser de leurs fantasmes. Généralement, seule la guerre, après bien des destructions, remet les esprits en place, pour quelques temps et parce qu’il faut bien panser ses plaies…
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