La menace nucléaire iranienne sert de mémo pratique aux Juifs israéliens et leur rappelle que nous sommes tous liés par un même destin. Ceux d’entre nous qui aimeraient vivre sans ce rappel constant peuvent trouver d’autres problèmes, comme les restrictions d’eau par exemple. Le temps est venu pour les membres de toutes les « sous-communautés » juives de reconnaître que la vie ici n’est pas une équation équilibrée : en somme, ce qui habille Pierre ne vient pas forcément déshabiller Paul. On trouve un excellent exemple de cette maxime dans les transports.

Les haredim veulent de plus en plus se mettre au travail.
Photo: Ariel Jerozolimski , JPost

Le Pr Dan Ben-David, du centre Taub, remarque que si en Israël, le nombre de voitures correspond à la moitié du nombre d’habitants, le pays est trois fois plus embouteillé que les autres Etats occidentaux. La faute à une mauvaise infrastructure des transports, qui influe sur la productivité au travail – un domaine loin d’être le point fort du pays. La clé du développement de la périphérie réside en un système de transport rapide et organisé, qui la rapprocherait du centre du pays.

La communauté ultra-orthodoxe, qui vit majoritairement dans la périphérie, bénéficierait grandement d’une telle évolution.
L’un des grands problèmes du monde orthodoxe aujourd’hui est le manque de logement pour les jeunes couples. Les appartements à l’achat sont chers et ne sont pas légion. Résultat : des milliers de jeunes foyers n’ont pas d’autre choix que de vivre dans de petits appartements en location, ressemblant fort à des nids de poule. Sur le long terme, l’Etat se verra contraint de développer de nouvelles localités excentrées, dont la capacité à attirer de nouveaux résidents dépendra de leur facilité d’accès vers le centre du pays. Sans la Route 6 (dite trans-Israël) par exemple, il est fort probable que le projet de la nouvelle communauté haredi de la ville de Harish n’aurait pas vu le jour. Et l’expansion de la périphérie permettrait de baisser les prix du logement au centre du pays.

Il n’est aucun domaine, cependant, où les intérêts des ultra-orthodoxes et ceux du reste de la population se rejoignent, exception faite de l’emploi. Le haut taux de chômage en Israël – qui touche un grand nombre de haredim – est l’une des principales causes d’une productivité peu élevée ainsi que d’une relative baisse du niveau de vie. La première ressource naturelle d’Israël est sa richesse en matière grise. Et les ultra-orthodoxes sont notre réserve la plus inexploitée. Un professeur laïc chargé de préparer les élèves de la Mihlala Haredit de Jérusalem aux examens psychométriques a expliqué à un journaliste d’Haaretz que leur exposition à la logique rigoureuse du Talmud et leur capacité à se concentrer des heures durant leur permettent de combler leurs lacunes relativement rapidement. 70 % des élèves de son cours de préparation ont obtenu une note supérieure à la moyenne nationale aux psychométriques et 15 % ont reçu un score au-delà de 700 (ce qui est le cas de 5 % seulement de la population). Et ce, presque sans aucune formation en anglais ou en mathématiques.

Embauche discriminatoire ?

Au sein de la communauté orthodoxe, le besoin de travailler se fait de plus en plus ressentir. Selon les chiffres du ministère de l’Industrie, du Commerce et du Travail, plus de la moitié des familles ultra-orthodoxes ne parviennent pas à couvrir leurs dépenses mensuelles. La pression économique donne naissance à une multitude de problèmes corollaires. Le Talmud mentionne que la plupart des disputes de couples proviennent de problèmes économiques et nombre de sondages récents viennent appuyer cette sage observation. Le sentiment de privation pousse souvent les enfants élevés dans une société de consommation à abandonner leur communauté orthodoxe. Environ 2 000 d’entre eux demandent des bourses universitaires, selon Haaretz.

Lors du dernier forum des gestionnaires d’entreprises organisé par Hamodia, le gouverneur de la banque centrale israélienne, Stanley Fischer, a fait mention de l’impact du haut taux de chômage sur le futur de l’économie israélienne. Des députés ultra-orthodoxes avaient alors répondu que la discrimination à l’embauche constituait un facteur majeur de chômage pour les hommes de cette population. Il devient par conséquent urgent de renforcer et d’améliorer leurs conditions d’emploi. Et l’argument de discrimination ne peut pas être balayé d’un revers de main. Selon un sondage récent, 56 % des employeurs déclaraient ouvertement ne pas vouloir employer de haredim. Et n’étant pas bacheliers, ceux-ci sont dans l’impossibilité des se retrouver à la tête d’institutions ou d’organisations nationales. Bien que le nombre de personnes concernées soit faible, se débarrasser de telles règles lancerait un message des plus symboliques.

Quand il ne reste que la foi

Le gouvernement pourrait faire davantage pour faciliter l’emploi de cette partie de la population, notamment à travers les formations professionnelles. L’instauration d’un programme d’action destiné, non pas à forcer les employeurs à embaucher de la main-d’œuvre moins qualifiée, mais à surmonter la méconnaissance du monde haredi, est une autre possibilité. Les barrières structurelles à l’emploi haredi sont déjà en train de tomber. Par le passé, si un orthodoxe, étudiant dans un Kollel, pensait rejoindre le monde du travail, il était souvent décontenancé par le coût des formations et la perte de sa bourse d’études au Kollel, qui était son seul revenu. Aujourd’hui, ils peuvent obtenir des bourses de différentes sources.

Kemah, une association philanthropique privée, qui reçoit des financements du gouvernement et du Comité de distribution Joint, a amélioré le quotidien de 2 000 étudiants et compte fournir 2 500 bourses en 2010. La grande majorité des bénéficiaires de ces bourses (85 %) sont des hommes, âgés en moyenne de 29 ans et pères de
3,4 enfants. Sans ces bourses, entreprendre trois années d’études est simplement impensable pour la majorité d’entre eux. Parmi les diplômés de Kemah, 76 % travaillent à temps plein, 78 % ont fait part d’une augmentation significative dans leurs revenus mensuels, et 89 % croient en une évolution positive de leur situation dans le futur.

http://fr.jpost.com/servlet/Satellite?cid=1265206485348&pagename=JFrench%2FJPArticle%2FShowFull

La rédaction de JForum, retirera d'office tout commentaire antisémite, raciste, diffamatoire ou injurieux, ou qui contrevient à la morale juive.

S’abonner
Notification pour
guest

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

0 Commentaires
Le plus récent
Le plus ancien Le plus populaire
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires