Lundi, deux responsables de Médecins sans frontières (MSF) présents à Port-au-Prince organisaient une vidéo-conférence. En plus de l’urgence d’une situation catastrophique, les humanitaires pointent du doigt de lourds problèmes logistiques.
Les humanitaires font ce qu’ils peuvent face à l’aflux de blessés. (Reuters)
Pour Benoît Le Duc et MSF, l’heure n’est pas aux polémiques, mais bel et bien à l’urgence. Invité à répondre aux journalistes dans le cadre d’une vidéo-conférence organisée lundi après-midi, le responsable des programmes de Médecins sans frontières en Haïti n’a pas souhaité s’étendre sur le contrôle de l’aéroport de Port-au-Prince par l’armée américaine. Une mainmise pourtant dénoncée par de nombreux acteurs sur le terrain et dont MSF se trouve en partie pris au piège. Rien que pour la journée de dimanche, deux avions cargo de l’organisation ont en effet été déroutés et n’ont donc pu débarquer leur cargaison d’aide et de matériel humanitaires. « Oui, nous sommes frustrés, s’indigne Benoît Le Duc, qui ajoute toutefois que ce n’est pas notre problème de savoir qui contrôle l’aéroport. Nous, ce que nous voulons, c’est que notre matériel soit prioritaire. Les victimes en ont besoin ».
« De plus en plus de plaies par balles »
Et ces dernières sont légions dans les rues de Port-au-Prince, mais également dans l’ouest d’Haïti, où certaines villes ont été détruites « à 80% ». Coordinateur opérationnel de MSF sur place, Loris de Filippi parle lui d’une situation « dramatique du point de vue médical ». « Les besoins sont énormes. Plusieurs milliers de personnes nécessitent des interventions chirurgicales », poursuit l’humanitaire. « A ce jour, « près de 500 » d’entre elles ont pu être opérées par MSF, a fait savoir l’organisation. Mais, le pire est à craindre. Pointant du doigt un besoin urgent de médicaments, Benoît Le Duc affirme que « chaque minute qui passe entraîne une hausse des risques de gangrène ou de pathologies infectieuses, d’autant que le couverture vaccinale est très faible dans le pays ». Précision inquiétante, Loris de Filippi relève lui que, « depuis deux, trois jours, on traite de plus en plus de plaies par balles ou par armes blanches ».
L’humanitaire se fait l’écho de l’insécurité de plus en plus palpable dans le pays depuis le début du week-end et contre laquelle la communauté internationale s’est dit prête à agir lundi. « On entend souvent des tirs, de manière sporadique, mais qui sont de plus en plus fréquents », témoigne Benoît Le Duc. « Les gens sont fatigués, en état de choc et surtout furieux de cette aide qui n’arrive qu’au compte-gouttes », décrypte-t-il. « Des tirs ont éclaté à l’aéroport à cause d’un problème de distribution de fuel, provoquant quelques minutes de panique », enchaîne Loris de Philippi. « La situation est effectivement assez tendue. » Les humanitaires ont-ils peur pour leur propre sécurité? « Pour l’instant, ça va, dédramatise Benoît Le Duc. « On travaille dans nos structures qui sont connues et reconnues. Mais on tient compte de ce climat, on évite notamment de sortir la nuit. »
SOURCE jdd
http://www.lejdd.fr/International/Ameriques/Actualite/Haiti-La-frustration-de-MSF-165840/
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