Alors que le Rabbinat avertit que cette motion mettrait en danger la “validité halakhique” des conversions, ses soutiens affirme qu’elle restaure le “rôle traditionnel » des Rabbins locaux.


Le bâtiment du Grand Rabbinat israélien à Jérusalem (photo credit: Yonatan Sindel/Flash90)

La Commission des lois de la Knesset a voté en faveur d’un avancement du texte qui permettrait à un cercle plus étendu de Rabbins de mener des conversions, sous l’égide de l’Etat.

Cette loi permettrait à des Rabbins locaux de mettre sur pied des tribunaux rabbiniques et de mener formellement des conversions au Judaïsme, qui seraient reconnues par la loi israélienne. Ainsi, la législation transférerait le pouvoir officiel de convertir des gens au Judaïsme, d’un petit groupe de juges rabbiniques, dans seulement quatre tribunaux rabbiniques, à 30 tribunaux rabbiniques de trois membres, et éventuellement plus, en poursuivant dans cette voie.

Ce texte de loi a été voté par la Commission des lois et va maintenant se diriger en première de ses trois relectures devant l’assemblée plénière de la Knesset – et face à une opposition véhémente du Grand Rabbinat. Le député Elazar Stern (Hatnua), le parrain à l’origine de ce texte, a promis de faire en sorte qu’il prenne force de loi, et le Président de la commission, David Rotten (Yisrael Beytenu) a promis de le faire avancer, en dépit des critiques qu’il soulève.

Le Grand Rabbinat s’oppose au texte, en affirmant qu’il conduirait à une fragmentation des normes de conversion et à la confusion dans la répartition des rôles entre les religieux et l’Etat.

“Nous devons tout faire pour améliorer les services apportés aux convertis”, déclare le Rabbinat, dans un communiqué de janvier, sur le site internet Haredi Kikar Hashabat. « Mais nous ne devons faire aucun compromis sur les exigences de la Halakha (loi religieuse juive), quand il s’agit de conversion. Ce texte sur les conversions donne à des clercs non-qualifiés le pouvoir de juger et met en danger la validité halakhique des conversions en Israël », affirme le Rabbinat.

Cette semaine, le Grand Rabbinat a appelé les députés à différer ce vote dans le but de permettre au Rabbinat lui-même de présenter un texte de compromis. « Ce vote est un geste unilatéral qui contredit les accords passés avec le Rishon LeZion » – terme honorifique désignant le Grand Rabbin Séfarade Yitzhak Yosef – « qui est actuellement, en train de développer une version qui serait acceptable par toutes les parties », déclare le Rabbinat dans son communiqué.

“Si ce vote a lieu, il sera mis fin à toute coopération avec le Rabbinat », avertissait ce communiqué.

Mais ce texte a aussi ses chauds partisans, comprenant certains décisionnaires parmi les Rabbins d’Etat. Le Rabbin David Stav , ancien candidat au poste de Grand Rabbin et Président de l’organisation Tzohar, considérée comme orthodoxe, mais relativement libérale (souple), a affirmé, le mois dernier, que ce texte représentait un retour plus que nécessaire à la façon dont les conversions étaient, précédemment, conduites sous les auspices du Grand Rabbinat.


Le Rabbin David Stav assiste à une conférence promouvant l’éducation auprès des enfants et de la jeunesse, au Parlement israélien, le 6 Janvier 2014 (photo credit: Miriam Alster/Flash90)

“Ce texte de loi renvoie essentiellement au rôle traditionnel des rabbins locaux, pour qu’ils puissent contribuer à la conversion de ceux qui veulent rejoindre la communauté juive, comme cela existait depuis des décennies, sous l’égide de générations entières de Grands Rabbins », avait rappelé Stav en janvier dernier.

Cette loi aiderait un public tout entier “qui veut faire partie du peuple juif” – dont des centaines de milliers de membres non-juifs de familles juives russophones, qui sont arrivés en Israël au cours de ces deux dernières décennies.

“En même temps, cela contribuerait à trouver des familles adoptives à ces convertis, par l’entremise du Rabbin local et de la communauté”, souligne Stav. Le processus de conversion comprend souvent une phase importante, consistant à mettre en relation un Guer en conversion avec une famille juive observante, pour lui permettre de devenir plus familier avec les rituels juifs et la vie quotidienne qu’implique sa démarche.

Le système de loi israélienne est hérité des institutions religieuses officiellement reconnues par les systèmes juridiques Ottoman et Britannique, qui ont précédé la fondation de l’Etat. Dans le cadre actuel de la loi israélienne, la plupart des sujets relatifs au statut personnel, y compris l’identité religieuse, le mariage, le divorce, les enterrements et plus encore, sont gérés par des autorités religieuses contrôlées et financées par l’Etat, dont les tribunaux rabbiniques juifs, les institutions musulmanes de la Chari’a et bien d’autres.

PAR HAVIV RETTIG GUR 17 Février 2014, 10:29 am 1

Knesset moves to decentralize conversion to Judaism | The Times of Israel Article original

Adaptation : Marc Brzustowski

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