A chaque fête, nous nous remémorons un épisode de l’épopée du peuple juif : avec HANOUCCAH nous rappelons l’héroïsme des Maccabées; avec POURIM, nous évoquons la civilisation perse avec Esther face à Assuérus et PESSAH nous ramène à l’esclavage des hébreux au temps des Pharaons d’Egypte .Ainsi nos rites transmettent notre mémoire millénaire et ses moments les plus tragiques, de façon à nous faire réfléchir sur ce qui s’est passé pour mieux affronter le présent et appréhender l’avenir dans les meilleures conditions .

Chacun de ces évènements, ont été de terribles menaces pour notre peuple, et grâce à D.eu, nous avons réussi à les surmonter et échapper à chaque fois à ces dangers d’extermination.

Le summum a été atteint avec la Shoah au cours de laquelle la barbarie nazie a bien failli parvenir à un anéantissement total des juifs d’Europe tout entière, c’est-à-dire la moitié du peuple juif.

A chaque fois, ainsi que nous le rappelle le texte de la Haggadah «le Tout Puissant, béni Soit-Il, nous sauve de ses mains» .

En lisant en famille ces écrits, lors du Seder, nous prenons conscience de la véracité de la Parole divine et nous nous efforçons de la faire partager par tous les présents autour de la table de fête .

Ne faut-il pas aller plus loin et actualiser davantage cette perpétuelle opposition entre le danger d’extermination et le sauvetage divin, puisqu’à chaque génération le problème se repose avec encore plus d’acuité ?

Il ne faudrait pas que nos enfants ne prennent pas conscience de l’antisémitisme grandissant, en s’imaginant que ces drames ne se déroulaient que dans un passé lointain, en Egypte ou en Perse.

Il est donc impératif d’amplifier nos commentaires, en ouvrant l’horizon de nos réflexions collectives à une actualisation historique.

Alors que le premier soir de Pessah raconte l’esclavage et la libération du peuple hébreu on pourrait, lors du deuxième soir, vécu souvent comme une redite monotone de la veille, compléter la lecture de la Haggadah par un éclairage d’événements plus proches de nous, qu’on peut marquer par les quatre temps forts de l’histoire récente du peuple juif : la nuit noire de la déportation ( Yom HaShoah), le courage et l’héroisme des soldats morts pour la libération d’Israël ( Yom Hazikaron ),l’indépendance de la terre d’Israël ( Yom Haatsmaout ) et la reconquête de Jérusalem (Yom Yerushalaïm ).

Le seder se termine par le souhait formulé par toutes les familles juives de la terre et qui a retenti de génération en génération :

«l’an prochain à Jérusalem ! »

Pourquoi, dans cette perspective, ne pas terminer cette belle soirée par l’hymne national de l’état d’ Israël, la Hatikva, chantée par tous les convives, car ce chant incarne pleinement la concrétisation de la promesse divine.

Il nous fait vibrer de joie et de fierté, chaque fois que nous l’entendons.

Cette actualisation aurait un double mérite : celui d’amplifier la transmission haggadique et démontrer que l’histoire juive continue .

Elle ne s’arrête pas avec Moïse, elle se poursuit, conformément à la promesse divine.

Nous confirmons ainsi le serment du Mont Sinaï, en reconnaissant le mérite des Juifs du passé et en assumant notre rôle présent, pour que cette chaîne qui nous relie aux générations futures subsiste à jamais.

Moïse COHEN

Président d’Honneur du Consistoire de Paris

Tags : Pessah Seder ACIP Haggadah Egypte Pharaon Morsi Sinaï

Histoire Juive Maccabi Antisémitisme Judéophobie

1 COMMENTAIRE

  1. Merci pour cet article tres pertinent, sur la fête de Pessah , avez vous des articles qui traite de la fête de hanouka ? j’essaye de me renseigner, pour des achats de cadeaux pour mes amis juif, dans la librairie juive [jplanete->http://www.jplanete.com/fr/hanouka] ? Merci

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