Depuis que la Knesset, le parlement israélien, a voté l’extension du service militaire aux juifs haredim, dont ils étaient jusqu’ici exemptés, 30.000 d’entre eux, âgés de 22 à 28 ans, ont obtenu ou vont recevoir une dérogation permanente.

Jusqu’à présent, ces « haredim » (« craignant-Dieu ») devaient justifier d’études dans une yeshiva – une école talmudique – jusqu’à l’âge de 28 ans pour ne pas être obligés d’effectuer la conscription.
Désormais, ces quelque 30.000 ultra-orthodoxes pourront choisir de poursuivre leurs études ou de de rejoindre le marché du travail pour subvenir aux besoins de leur famille. Ils n’auront plus à demander chaque année un report de leur exemption. Un comité ministériel doit évaluer les efforts à faire pour intégrer ces jeunes Israéliens dans le monde du travail, via notamment des stages ou des incitations pour les entreprises. Par ailleurs, pour répondre à une forte demande des haredim qui effectuent bel et bien leur service militaire, en dépit des réticences de leur famille, le gouvernement israélien réfléchit à la création d’un second bataillon réservé. Il n’en existait jusqu’à présent qu’un seul, le « nahal haredi », qui accueille 3.000 ultra-orthodoxes et leur permet d’évoluer dans un environnement conforme à leurs convictions religieuses.
Egalité entre les Israéliens
Les religieux âgés de 18 à 26 ans étudiant la Torah à plein temps dans les yeshivot – pluriel de « yeshiva » – étaient jusqu’à il y a peu dispensés de service militaire. Une exception difficilement compréhensible pour les autres jeunes Israéliens, qui doivent accomplir trois ans de service pour les hommes, deux pour les femmes. Votée le 12 mars dernier, la loi qui abolit ce privilège entrera en vigueur dans trois ans. Elle menacera les Haredim récalcitrants de sanctions – des peines de prisons sont prévues. Ces derniers n’ont pas manqué de témoigner de leur opposition au texte. 300.000 d’entre eux avaient manifesté début mars contre ce projet de réforme, évoquant une « persécution religieuse ».
Cette loi qui cherche à mettre sur un pied d’égalité tous les jeunes habitants d’Israël, vise aussi à répondre aux mouvements de mécontentements exprimés par la population. Forte de 700.000 individus sur une population les 8 millions d’Israéliens, la communauté haredie est régulièrement pointée du doigt pour les avantages dont elle bénéficie. Lors des études religieuses, ses membres ne travaillent pas et vivent en grande partie grâce aux subventions de l’Etat.
Sources : The Jewish Press, AFP
LA RÉDACTION | LE 07.04.2014 À 11:56
fait-religieux.com Article original
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