France-Télévisions trouve le film sur Ilan Halimi “trop violent”

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Pas gêné de couvrir les conséquences meurtrières de la diffusion du reportage tronqué sur la mort du “petit Mohammed” Al Dura, depuis le 30 septembre 2000, France-Télévisions refuse de s’associer à la programmation du film-vérité d’Alexandre Arcady sur la mort d’Ilan Halimi.

Le réalisateur Alexandre Arcadi est en conflit avec France Télévisions, qui n’a pas voulu s’associer à son dernier film, « 24 jours, la vérité sur l’affaire Ilan Halimi ». Cette adaptation de l’histoire tristement célèbre du jeune Ilan Halimi, enlevé le 20 janvier 2006 et torturé par « le gang des barbares », n’a pas sa place dans les grilles de programme du groupe, car jugé trop dur, a estimé Rémy Pflimlin. Arcadi, qui n’en démord pas, a fait voir son film à Manuel Valls, lequel s’en fait l’avocat: « un film très fort», estime le locataire de la place Beauvau.

Le 25 février 2014 9H06 | par Renaud Revel

blogs.lexpress.fr Article original

Ilan Halimi : Arcady veut briser la complaisance envers les bourreaux

Un Film pour saisir le moment de basculement de la France dans l’antisémitisme.

Le kidnapping sauvage et le meurtre d’un jeune Juif vendeur de téléphones, à Paris, a constitué un tournant, annonciateur d’une crise qui n’a jamais cessé depuis lors.

SAINTE-GENEVIEVE-DES-BOIS, France (JTA) —Les appels téléphoniques venus d’Afrique, le comportement apparemment calme des suspects et leurs précautions extrêmes à ne laisser aucun doute dans l’esprit des détectives travaillant sur le dossier d’Ilan Halimi leur laissaient envisager qu’ils couraient après un réseau international de kidnappeurs professionnels.

Cela prendra plus de trois semaines après l’enlèvement d’Halimi, avant qu’on ne retrouve le jeune Juif vendeur de téléphone en train de mourir sur le bas-côté d’une voie ferrée, dans un terrain vague des environs de Paris, en février 2006 et que la police prenne conscience de son erreur : un gang d’amateurs locaux, de “bras cassés” avait pris Halimi en otage, en espérant l’échanger contre beaucoup d’argent, en employant des méthodes de piratage informatique et quelques tactiques sorties d’un mauvais film hollywoodien, afin de masquer leurs identités.

Cette prise de conscience est la tragique apogée du premier film long-métrage sur le meurtre d’Halimi, œuvre d’Alexandre Arcady, l’un des metteurs en scène les plus connus, en France. Sa sortie est prévue pour le 30 avril.

Ce film s’inscrit dans le contexte d’un intérêt renouvelé en France, pour « l’Affaire Halimi », qui, dès le début, a été tellement choquante, pour le public français, que beaucoup ont préféré la considérer comme un « accident de parcours ». Mais, avec la vague de violence antisémite qui ébranle la France, au cours des dernières années, et, en particulier, depuis les meurtres, en 2012, de trois enfants juifs et d’un Rabbin, à Toulouse, beaucoup en sont venus à envisager le meurtre d’Halimi comme un véritable moment de basculement.

“Ce film concerne des évènements qui se sont déroulés, il y a sept ans, mais qui sont rattrapés par les incidents récents, comme s’ils avaient frappé les trois coups des affaires en cours aujourd’hui », déclare Alexandre Arcady à JTA, lors d’une interview à son bureau parisien.

Alexandre Arcady, l’un des metteurs en scène les plus connus de France, réalise le long-métrage sur le meurtre d’Ilan Halimi. (Cnaan Liphshiz/JTA)

Halimi a été kidnappé à Paris, en janvier 2006, par un gang d’au moins 16 hommes et femmes, menés par Youssouf Fofana, un antisémite autoproclamé d’origine ivoirienne, qui a affamé, mutilé, brûlé et frappé Ilan durant 24 jours, dans une cave, avant de se débarrasser de son corps supplicié à Sainte-Geneviève des Bois. Fofana était certain qu’on lui verserait une rançon, du simple fait qu’Halimi était Juif. Halimi est décédé au cours de son transfert à l’hôpital.

Le film d’Arcady, construit d’après le livre de la mère d’Ilan, Ruth, fait partie d’une série de plusieurs autres, actuellement en production. Les réalisateurs Richard Berry et Thomas Langmann travaillent séparément sur des adaptations cinématographiques, fondés sur quelques-uns des autres livres écrits à propos de cet enlèvement. Les dates de sortie des autres films ne sont pas encore connues.

L’intérêt pour l’histoire d’Ilan Halimi semble avoir explosé, à la suite des meurtres de Toulouse, alors que les médias français se sont lancés dans un processus de réexamen du phénomène de l’antisémitisme, qui a suscité des dizaines d’articles par mois, mentionnant le nom d’Halimi.

Le sinistre comédien Dieudonné, qui a occupé les unes, un peu plus tard, en inventant la « quenelle », un salut de type hitlérien qui déferlé comme une tempête, à travers tout le pays, raillait, aussi le sort d’Halimi en disant qu’il avait été ” transformé en panini fromage“”>Article original, dans ses « spectacles » et a appelé à la libération de Fofana.

“Aujourd’hui, après Toulouse, nous comprenons que ce qui est arrivé à Halimi n’avait rien d’un acte isolé, mais s’inscrivait dans quelque chose de plus grave, et nous n’avons vraiment réalisé à quel point c’était grave, qu’à Toulouse », explique Ariel Kandel, chef des opérations de l’Agence Juive, au JTA.

Le lien entre les deux attaques est, plus fréquemment établi, par un certain nombre d’autres Français de premier plan, comme Jérôme Guedj, le Président du Conseil Général de l’Essonne et de l’endroit où on a retrouvé Ilan Halimi. Guedj a instauré la remise annuelle d’un prix Ilan Halimi Article original, à l’intention des militants qui luttent contre l’antisémitisme.

Arcady a produit et dirigé des dizaines de productions cinématographiques à haut budget, dont « Pour Sacha », en 1991, qui porte sur Israël durant la guerre des Six-Jours et le « Grand Pardon II » en 1992, avec la vedette américaine Christopher Walken.

Ce nouveau film, dit Arcady, est une tentative pour rappeler à l’attention du public la tragédie de la famille Halimi.

“”Je voulais en faire un film, parce que j’ai remarqué, en France, une tendance à trouver des excuses aux criminels, au lieu de se préoccuper du sort des victimes », dit-il. « Faire ce film a été ma façon de remettre les choses à leur place ».

En faisant des recherches pour le film, Arcady a appris que Fofana a téléphoné à Didier Halimi, le père d’Ilan, 700 fois au total, au cours de l’enlèvement. Pour restituer cette détresse, Arcady emploie diverses techniques cinématographiques, opérant des transitions brusques entre des prises sur la famille en proie à l’angoisse sans fond et le travail des enquêteurs, mené par la police en coulisses.

“Imaginez quel calvaire cela a pu être”, explique Arcady. « Ilan Halimi vivait un véritable enfer, durant chacun de ces longs jours, mais il en allait de même pour sa famille, qui devait négocier avec les Kidnappeurs, tout en faisant comme si, selon les instructions de la police, rien n’allait de travers. Ils continuaient à devoir aller travailler, sans être en mesure de souffler le moindre mot sur les choses terribles qui étaient en train de leur arriver ».

Ruth Halimi témoigne du fait qu’écrire le livre et travailler avec Arcady sur ce film a été particulièrement éprouvant et douloureux.

“Cela n’a fait que ramener, plus brutalement, à la conscience, les souvenirs avec lesquels je vis chaque jour », confie t-elle au JTA. « Mais les Juifs sont le peuple de la mémoire. Nous n’avons pas le choix ».

PAR CNAAN LIPHSHIZ 8 Janvier 2014, 6:50 pm

jta.org Article original
Adaptation : Marc Brzustowski.

1 COMMENT

  1. Pourquoi DEUX films en même temps?
    Combien de juifs à France Télévision?
    On balaie devant son pas de porte svp !!!!

  2. France télévision finira bien un jour par récupérer la merde et la violence qu’elle a engendré….qui sème le vent récolte la tempête….

  3. Eric je suis tout a fait d’accord avec vous, moi aussi j’ai quitte la France depuis longtemps pour le pays le plus merveilleux du monde (le notre) et c’est surement la chose la plus intelligente que j’ai pu faire dans ma vie

  4. L’attitude de France Télévision, bien que prévisible, est symptomatique du “lachage” des juifs par la bobocratie Française. Malgré tous les beaux discours politiques, c’est une réalité montante! La philosophie de l’autruche et du “responsable mais pas coupable” s’est répandue comme une trainée de poudre dans les médias.
    Ce qui constituera le test définitif, c’est l’audience accordée au film d’Arcady. Wait and see…

  5. Poser les questions tel que vous le faites, c’est en fait y répondre.

    Je souscris entièrement à votre article.

    Pour ma part j’ai déjà pris ma décision il y a beaucoup d’années et je ne vis plus en France. Je n’ai pas besoin d’attendre d’autres situations telles que celle d’Ilan car les situations d’antisémitisme et autres similaires sont quotidiennes en France depuis autant que je me rappelle.

    Alors que font encore les juifs en France ? Rêver en couleur d’avenir meilleurs ? Pauvres … Nous ne pourrons pas changer ni les arabes ni les autres et le prix que nous payons à essayer est les Ilan et autres juifs de France.

    Laissons la France aux Français, car d’après les autres français nous n’en sommes pas. Il est important de se rappeler que ce n’est pas ce que nous croyons être qui compte aux yeux des autres mais ce qu’eux croient que nous sommes.

    Et partant de cela ils agissent en conséquence et c’est ce qui amène des situations comme celles d’Ilan et autres.

    J’ai même entendu récemment une remarque d’une personne juive, qui a meme vécu en Israel, parlant l’hebreux et a lu le Tamud en entier en Hébreux etc.. ) et qui par ailleurs j’estime beaucoup, dire que les juifs de France n’ont pas de problèmes sauf ceux qui paraissent vraiment juifs.

    Traduction les juifs dont personne ne connait l’identité juive n’ont pas à s’inquiéter, les autres n’ont qu’à dissimuler leur judaïcité. Comme d’habitude on blame les victimes.

    Certains Français acceptent peut être qu’il y ait des juifs en France (reste à voir avec quel accueil), mais pas facilement qu’il y ait des Français juifs.

    Moi j’accepte volontiers qu’il y a des Français qui ne sont pas contre les juifs, mais ils ne semblent pas capable de convaincre ceux qui sont contre les juifs de changer d’avis … (c’est la manière la plus diplomatique je puisse l’exprimer).

    Dans le temps nous avions parfois le choix, rester ou partir, maintenant il ne nous reste qu’un …partir.

    Et vous savez où aller, Rendez vous là bas

    A Bientôt.

    Eric eric1234@hotmail.com

  6. Poser les questions tel que vous le faites, c’est en fait y répondre.

    Je souscris entièrement à votre article.

    Pour ma part j’ai déjà pris ma décision il y a beaucoup d’années et je ne vis plus en France. Je n’ai pas besoin d’attendre d’autres situations telles que celle d’Ilan car les situations d’antisémitisme et autres similaires sont quotidiennes en France depuis autant que je me rappelle.

    Alors que font encore les juifs en France ? Rêver en couleur d’avenir meilleurs? Pauvres …
    Nous ne pourrons pas changer ni les arabes ni les autres et le prix que nous payons à essayer est les Ilan et autres juifs de France.

    Laissons la France aux Français, car d’après les autres français nous n’en sommes pas.
    Il est important de se rappeler que ce n’est pas ce que nous croyons être qui compte aux yeux des autres mais ce qu’eux croient que nous sommes.

    Et partant de cela ils agissent en conséquence et c’est ce qui amène des situations comme celles d’Ilan et autres.

    J’ai même entendu récemment une remarque d’une personne juive, qui a meme vécu en Israel, parlant l’hebreux et a lu le Tamud en entier en Hébreux etc.. ) et qui par ailleurs j’estime beaucoup, dire que les juifs de France n’ont pas de problèmes sauf ceux qui paraissent vraiment juifs.

    Traduction les juifs dont personne ne connait l’identité juive n’ont pas à s’inquiéter, les autres n’ont qu’à dissimuler leur judaïcité. Comme d’habitude on blame les victimes.

    Certains Français acceptent peut être qu’il y ait des juifs en France (reste à voir avec quel accueil), mais pas facilement qu’il y ait des Français juifs.

    Moi j’accepte volontiers qu’il y a des Français qui ne sont pas contre les juifs, mais ils ne semblent pas capable de convaincre ceux qui sont contre les juifs de changer d’avis … (c’est la manière la plus diplomatique je puisse l’exprimer).

    Dans le temps nous avions parfois le choix, rester ou partir, maintenant il ne nous reste qu’un …partir.

    Et vous savez où aller, Rendez vous là bas

    A Bientôt.

    Eric
    eric1234@hotmail.com

  7. Bonjour,
    C’est une bonne idée que de faire un film en hommage à Ilan, dans le contexte nauséabond que nous traversons

    Il me semble, pourtant, que la prise de conscience par les juifs de la réalité de leur condition, ici, devrait les amener à se poser de nombreuses questions ; par exemple :
    – l’affaire Hallimi est-elle la première démonstration d’antisémitisme depuis la fin de la deuxième guerre mondiale ?
    -la disproportion des réactions entre la profanation du cimeterre de Carpentras et l’affaire Hallimi a-t-elle été évaluée à sa juste valeur par notre communauté ? En a-t-on compris la signification quant à l’érosion de l’image de “rescapé” qu’il avait jusqu’alors ?
    -la réunification de l’Allemagne, le départ des troupes soviétiques comme des soldats alliés, n’ont ils pas constitués des avertissements pour les juifs qui auraient du, en ces occurrences, en mesurer les conséquences ?
    -l’enfermement communautaire, essentiellement axé sur un retour vers la religion n’a-t-il pas eu pour effet de “déconnecter” un peu plus une grande partie de notre communauté du monde qui l’entoure ?
    – notre capacité à imaginer notre avenir, malgré les nombreux avertissements que nous avons eu au cours de dizaines d’années, a-t-elle été à la hauteur d’une nation de “prophètes” ?
    -notre communauté s’est-elle dotée, à temps, d’un outil prospectif, d’un organe d’ANTICIPATION basé sur l’observation, l’analyse et la production d’hypothèses ?

    Au risque de paraître brutal, je crois que nous portons une responsabilité dans ce qui nous arrive car ceux qui se sont cru “heureux comme des juifs en France” ont simplement oublié, en l’espace d’une génération, l’enseignement de la génération qui a précédé la notre.

    Comment, après ce qui s’est-passé dans ce pays, nombre de nos leaders, absorbés par les délices de la religion ou, laïques convaincus que la loi les protégerait au même titre qu’un citoyen “normal” (hum…), comment ces gens ont-ils pu croire que les mentalités avaient évolué ?

    Comment ces personnes n’ont-elles pas compris que, seule, la présence d’armées d’occupation (soviétiques, américaines) rendait les antisémites prudents ?

    Les survivants de la génération précédente nous ont laissé un message ; en dehors de commémorations devenues routinières au fil du temps, nombre d’entre nous ont oublié la solitude des juifs….

    -et, quand on oublie son passé…., ai-je besoin d’aller plus loin ?

    Pour ma part, depuis les années 80, j’ai tenté d’éveiller ma communauté.
    Conclusion ? Je suis arrivé à la conclusion que le terme “anticipation” est un gros mot chez nous
    ….alors qu’il a toujours été un des secrets des succès de Tsahal !

    Alors, contentons-nous de REagir, puisque, désormais, nous baignons dans la bienveillance de nos “concitoyens” puisque, majoritairement, les juifs n’ont pas vu venir les dangers.

  8. Sortie prévue au printemps 2014 – pourvu que le film soit à la hauteur.
    On attend aussi le film de Richard Berry sur le même sujet.

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