Avertissement : ce texte comporte des images qui peuvent choquer certains lecteurs. La prudence est conseillée.

Le sort de Kobané est, désormais, suspendu en équilibre, alors qu’environ 9.000 combattants de l’Etat Islamique sont entrés dans des zones jusque –là détenues par les Kurdes. Israël suit avec vigilance et inquiétude toutes les informations sur la détention d’armes chimiques dans la région, qu’elles soient aux mains de l’Etat islamique , dont les membres se rapprochent dangereusement du territoire de l’Etat hébreu, ou du régime de Damas et de ses alliés chiites libanais du Hezbollah.

Selon des responsables israéliens, on ne peut pas formellement exclure que les terroristes de l’Etat islamique ne feront pas usage de ces armes non conventionnelles à proximité de la frontière avec Israël lors de combats avec l’armée du président syrien ou au passage de patrouilles de Tsahal le long de la frontière sur le Mont Hermon ou sur le plateau du Golan.

Concernant l’Etat Islamique, l’offensive actuelle n’est pas la première, dans l’acharnement jihadiste à détruire la zone autonome kurde.

L’enclave de Kobané, dont le centre est, maintenant, entre les mains de l’Etat Islamique, s’étend jusqu’à la frontière vers Tel Abyad, à l’Est et Jarabulus à l’Ouest. Elle constitue un obstacle majeur au désir des Jihadistes de maintenir le libre passage de leurs combattants, de la ville de Raqqa jusqu’à la frontière turque et à partir de l’ouest vers les lignes de front de la province d’Alep. L’Etat Islamique cherche doinc depuis longtemps à la détruire.

Avant la campagne actuelle, la plus sérieuse tentative (qui a échoué) de conquérir Kobané, s’est précisément déroulée en juillet 2014, peu de temps avant la progression dramatique de l’EI en Irak.


Kobanî Direnişinde 29. gün! par bestanuce1


Kobane : un combattant kurde témoigne de la… par ITELE

Kobané, aujourd’hui, 14 octobre

C’est au cours de cette offensive contre Kobané que des preuves ont surgi, qui semblent démontrer que l’Etat Islamique a utilisé, en au moins une occasion, certains agents chimiques contre les combatt nts kurdes des YPG (Unités de Protection du Peuple Kurde).

Cette offensive a commencé le 2 juillet. Selon des militants kurdes, l’utilisation d’un agent chimique a eu lieu le 12 juillet, dans le village d’Avdiko, dans la partie Est de l’enclave de Kobani (aujourd’hui entre les mains de l’Etat Islamique) [i]
Nisan Ahmed, Ministre de la Santé de l’Autorité kurde de Kobani a mis sur pied une équipe médicale, afin d’examiner l’incident(. Selon Ahmed, les corps de trois combattant(e)s kurdes ne montrent aucune trace d’imapct de balle. Il s’agit, plutôt de brûlures et de points blancs sur le corps des défunts, qui indiquent l’utilisation d’armes chimiques, qui ont conduit à la mort sans la moindre blessure visible ou de perte de sang externe » [ii]

La Revue des Affaires Internationales sur le Moyen-Orient (journal MERIA) a acquis un accès exclusive aux photographies des corps de ces combattant(e)ts, quiu apparaissent ci-dessus, pour la première fois, dans ce documentaire :

Où l’EI a t-il pu acquérir ces agents chimiques? Selon un reportage du site en arabe Al-Modon, le 16 juillet, des témoins à Raqqa sont affirmatifs sur l’existence d’un entrepôt très proche de la ville, qui contiendrait des agents chimiques [iii]. La fiabilité de ces témoins cités a été confirmée à MERIA par trois parties différentes.

Il est possible que ces agents aient été transférés vers Raqqa depuis l’Irak, à la suite de la conquête par l’EI, en juin, de la base de Muthanna, à 60 kms au Nord de l’Irak.

L’ambassadeur d’Irak, Mohammed Ali Al-Hakim, s’exprimant après la prise de Muthanna par l’EI, a pointé du doigt deux bunkers au sein de cette installation militaire, la 13 et la 41, comme soulevant bien des inquiétudes.

Selon un rapport de l’ONU, compile après le depart des inspecteurs de l’ONU et cite par l’Associated Press, le bunker 41 contenait “2000 obus vides de 155 mm contaminés par l’agent chimique du gaz moutarde, 605 conteneurs d’une tonne de Gaz moutarde, emplis de résidus et du matériel hautement toxique de construction ».

A l’époque, la responsable Jen Psaki, du Département d’Etat a tout fait pour minimiser l’importance de Muthanna. Psaki a suggéré que la base contenait « des restes dégradés d’armes chimiques », mais qu’il serait difficile, si ce n’est « impossible de les utiliser de manière sécurisée dans des objectifs militaires ou, franchement, de les déplacer [iv]».

Un rapport de la CIA de 2007, cependant, apporte des preuves qui remettent sérieusement en question l’apparente absente de toute inquiétude, formulée par Psaki.

Ce rapport remarque que « les moyens de production de l’agent chimique dans cette zone d’Al Muthanna n’ont pas été complètement détruits au cours de l’opération « Tempête du Désert ». Des appareillages permettant la production et le stockage de gaz moutarde ont survécu. Les installations de production de VX et de Tabun (agent innervant) ont en revanche été désactivées [v]».

Le rapport fait observer, plus loin, que « l’ISG est dans l’incapacité de déterminer, sans la moindre ambiguïté le sort réservé aux munitions, aux matériaux et agents chimiques, produits et stockés à cet endroit. Ce problème se complique encore à cause des pillages et razzias effectués par les Irakiens eux-mêmes [vi] »

Des entassements de munitions chimiques y sont encore entreposés. Les plus dangereuses ont été mentionnées à l’ONU et sont scellées à l’intérieur du bunker.

De nombreux bunkers, dont 11 étaient conçus en cruciforme, ont été exploités. Certains bunkers étaient vides. D’autres contenaient de vastes quantités d’obus remplis d’agents chimiques.

De toute façon, ce rapport de la CIA confirme le fait qu’al-Muthanna était bien utilisée à la production d’armement chimique, dont le gaz moutarde. Il confirme aussi que les enquêtes n’ont pas été en mesure de « déterminer sans la moindre ambiguïté » le sort réservé à ces obus émanant du site et que la nature précise des stocks reste non-précisée. On ne dispose d’aucune indication permettant de penser que cette situation ait pu changer depuis la période de rédaction de ce rapport.

Ces preuves semblent soutenir la probabilité qu’en une occasion, au moins, les forces de l’Etat Islamique ont bien employé une forme ou une autre d’agent chimique, acquis quelque part, en Syrie ou en Irak, contre les Unités de Protection Kurdes.

Jusqu’à présent, il n’y a pas d’autres exemples connus qui ont été exposés. Ces preuves indiquent également que, parmi les conséquences de la prise du bastion d’al-Muthanna, des stocks d’armes chimiques sont bien tombés entre les mains du groupe terroriste.

La probable possession, par l’Etat Islamique, d’une capacité d’armes de destruction massive est, pour des raisons évidentes, un motif d’inquiétudes les plus graves et devrait être un sujet d’attention toute particulière et d’enquêtes précises.
.

img

img

img

img

img

img

img

img

img

img

img

img

img

img

img

img

Par Jonathan Spyer

Dr. Jonathan Spyer is a senior research fellow at the Global Research in International Affairs Center in Herzliya, Israel, and a fellow at the Middle East Forum. He is the author of The Transforming Fire: The Rise of the Israel-Islamist Conflict (Continuum, 2010) and a columnist at the Jerusalem Post newspaper. Spyer holds a PhD in International Relations from the London School of Economics and a Masters’ Degree in Middle East Politics from the School of Oriental and African Studies in London. His blog can be followed at: http://jonathanspyer.com/.
________________________________________
[i] Conversations with Kurdish activists, July 2014.

[ii] Hadi Salameh, « Did ISIS use chemical weapons against the Syrian Kurds? » Al-Modon (Arabic), July 16, 2014.

[iii] Ibid.

[iv] Associated Press, July 9, 2014.

[v] Al Muthanna Chemical Weapons Complex, Iraq’s Chemical Warfare Program – Annex B, cia.gov, April 23, 2007.

[vi] Ibid.

[vii] Ibid

[Middle East Review of International Affairs Article original
12 octobre 2014

[meforum.org

La rédaction de JForum, retirera d'office tout commentaire antisémite, raciste, diffamatoire ou injurieux, ou qui contrevient à la morale juive.

S’abonner
Notification pour
guest

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

7.9K Commentaires
Le plus récent
Le plus ancien Le plus populaire
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires