Les Etats-Unis semblent enfin comprendre qu’aucun intervenant extérieur ne fera la paix à la place des dirigeants impliqués. Personne n’ose, non plus, écarter la possibilité d’élections anticipées, au cas où un accord de substitution serait trouvé, dans des conditions peu satisfaisantes.Même si le processus de paix ressemble de plus en plus à une fiction, nécessaire à maintenir un horizon lointain, voire une enveloppe vide ou gonflée d’illusions, les deux partis peuvent avoir intérêt à le maintenir : Abbas, pour conserver le pouvoir et le bénéfice des aides américaines et européennes ; Netanyahu, parce qu’il a en tête une entente minimale avec les Américains, dans la perspective d’une reconfiguration du pouvoir à Washington, après les Mid-Terms d’octobre, pour une résolution des crises syrienne et iranienne, entre autres… En attendant, les jeux sont toujours aussi loin d’être faits

Le Président Barack Obama et le Secrétaire d’Etat John Kerry, après plusieurs jours d’évaluation des chances subsistantes pour relancer les négociations de paix israélo-palestiniennes, ont décidé de prendre leurs distances avec ce processus, dans les temps à venir, jusqu’à ce que les deux dirigeants, le Premier Ministre Binyamin Netanyahu et le Président de l’Autorité Palestinienne, Mahmoud Abbas, trouvent une façon acceptable de revenir à la table des négociations.

Kerry décrit l’approche américaine, pour le moment, comme devant se limiter à un “léger contact”, tout en comptant sur Netanyahu et la Ministre de la Justice, responsable des négociations, Tsipi Livni pour ramener Abbas dans le droit chemin.

L’offre de l’Administration de libérer Jonathan Pollard, l’espion israélien en détention à vie, tient toujours, dans l’intérêt de faciliter un arrangement, afin qu’Israël libère, en échange des prisonniers palestiniens emprisonnés pour terrorisme.

Les Etats-Unis sont encouragés par l’approche d’Abbas en direction du bureau du Premier Ministre, samedi 13 avril, disant qu’il serait d’accord de reprendre les négociations, à partir de la nouvelle proposition que nos sources attribuent à Livni, et déposée devant l’équipe palestinienne, lorsque les deux équipes se sont à nouveau rencontrées dimanche soir.

Israël serait maintenant, d’accord de relâcher 420 terroristes prisonniers. Y seraient aussi intégrés 14 arabes israéliens, qui faisaient l’objet d’un litige, dont la libération dépendrait de leur expulsion du pays. Ils se verraient aussi retirer leur citoyenneté israélienne.

Abbas a rejeté cette condition. Mais Netanyahu et Livni insistent sur le fait que le dirigeant palestinien n’a pas son mot à dire sur la façon dont Israël accorde ou non la nationalité, ni sur aucun droit qui interfère avec les conditions d’obtention de la citoyenneté.

Concernant les sanctions imposées aux Palestiniens pour avoir porté leur candidature auprès de 15 agences de l’ONU, afin d’en devenir membres, Israël serait d’accord de suspendre le gel du transfert de 115 millions de $ par mois de déduction d’impôts, mais exige que les Palestiniens suspendent sept de ces candidatures et garantissent de mettre un terme à tout geste unilatéral, visant à obtenir une reconnaissance internationale, en dehors du cadre des négociations.

Les sources informées à Washington et Jérusalem ne sont pas encore prêtes à démentir les spéculations entendues cette semaine à Jérusalem, à propos d’une crise gouvernementale avérée et la menace d’élections anticipées, déclenchées par les mises en garde du Ministre de l’économie, Naftali Bennett, d’un départ de la coalition du parti Baït Hayehudi (Foyer Juif), si jamais de nouveaux terroristes arabes sont libérés.

Netanyahu ne voit aucune raison à un éclatement du gouvernement, pas plus qu’il ne vise à des élections anticipées. Le Ministre des Finances, Yaïr Lapid ne souhaiterait sûrement pas que son Parti de l’Avenir (Yesh Atid) soit confronté aux électeurs, à moins d’une sérieuse remontée dans les sondages, où il enregistre une chute conséquente, pas plus, d’ailleurs, que Tsipi Livni, dont le sort du petit parti (Hatnuah) dépend de son succès relatif en tant que négociatrice de paix.

Autant le Likoud que Foyer Juif remportent un soutien important, selon les sondages d’opinion mis à jour et ont moins à redouter d’un suffrage anticipé. Le Ministre des Affaires étrangères, Avigdor Lieberman a déclaré à New York, la semaine dernière, qu’il préférerait une élection anticipée, plutôt que d’accepter l’accord-cadre américain en vue d’une paix sous cette forme avec les Palestiniens. Mais cela peut n’être qu’une bravade. Lors des dernières élections, son parti concourait au sein d’une liste conjointe avec le Likoud du Premier Ministre. La fois prochaine, il se confrontera seul aux électeurs et ce pourrait être un pari dangereux.

Moshe Kachlon, l’ancien ministre populaire des communications, qui a quitté le gouvernement – mais pas le Likoud, après une brouille avec le Premier Ministre, pourrait se tenir sur la ligne de front, en tant que candidat inattendu, en cas de chute du gouvernement. Il prospecte déjà auprès de différents cercles politiques internes.

DEBKAfile Reportage Exclusif 13 avril 2014, 8:49 PM (IDT)

debka.com Article original

Adaptation : Marc Brzustowski.

La rédaction de JForum, retirera d'office tout commentaire antisémite, raciste, diffamatoire ou injurieux, ou qui contrevient à la morale juive.

S’abonner
Notification pour
guest

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

0 Commentaires
Le plus récent
Le plus ancien Le plus populaire
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires