Pendant les 8 jours de Souccot, l’Israélien s’installe dans une cabane précaire; oubliera-t-il pour autant la cherté du logement et de l’alimentation?
Après le fromage et le concombre, c’est au tour du yoghourt “Milki” de provoquer une mini-protestation sociale : un groupe d’internautes Israéliens vivant à Berlin a soulevé une vague d’indignation en appelant leurs compatriotes en Israël à fuir la cherté de la vie et à venir s’installer dans la capitale allemande où la vie serait moins chère. Chiffres en mains, les expatriés israéliens ont mis au défi leurs compatriotes de trouver en Israël des produits alimentaires moins chers qu’à Berlin.

UNE POLITIQUE HÉSITANTE

La tempête soulevée par l’appel de jeunes Israéliens à émigrer à Berlin n’a pas laissé indiffèrent le ministre israélien des Finances dont la réaction ne s’est pas fait attendre. Yaïr Lapid a menacé les producteurs et distributeurs d’un contrôle de prix si l’envolée des étiquettes ne s’arrêtait pas. Le ministre des Finances est particulièrement sensible au coût de la vie puisqu’il a été élu en surfant sur la vague des manifestations de l’été 2011.

Seulement voilà : la menace de restaurer un contrôle des prix sur une large vague de produits ne s’accorde pas avec les principes du libéralisme prôné par l’actuelle coalition gouvernementale. C’est lorsque la politique libérale a été lancée en Israël, à partir de 1986, que le contrôle des prix a été progressivement levé. Aujourd’hui, on compte 25 groupes de produits dont le prix est fixé ou plafonné par le ministère israélien compètent : ministère de l’Économie, de l’Agriculture, des Transports, de l’Énergie ou des Télécoms.

LA RÉPLIQUE DES DISTRIBUTEURS

La menace de Yaïr Lapid concerne essentiellement les produits alimentaires. Aujourd’hui, 9 groupes de produits alimentaires sont contrôlés par les ministères de l’Économie et de l’Agriculture: le pain, le sel, le lait, des produits laitiers dérivés, le beurre, le fromage dur, les crèmes fraîches et les œufs.

La réplique des producteurs d’agroalimentaire a été aussi cinglante que celle du ministre des Finances : « en Israël, les impôts locaux et l’énergie coûtent 50% de plus qu’ailleurs » a déclaré l’un deux à la presse israélienne. Certains distributeurs ont bien tenté de prendre les devants – comme la chaîne Rami Levy qui propose symboliquement les yaourts Milki à 1 shekel la pièce, mais pour une semaine seulement.

BERLIN, TERRE PROMISE DES ISRAÉLIENS ?

L’expatriation des Israéliens vers l’Allemagne n’est pas une nouveauté. Il y a trois ans déjà, le site d’information Rue89 titrait un reportage « Berlin (pas l’Allemagne), terre promise des jeunes Israéliens ». La première raison invoquée par les jeunes Israéliens ayant établi leur domicile à Berlin était avant tout culturelle : « la volonté de s’émanciper du microcosme de Tel Aviv, pour vivre dans une ville multiculturelle, ouverte à tous les possibles », expliquait l’un d’eux.

Venaient ensuite les motifs professionnels, comme ce romancier israélien qui estimait que « l’Allemagne est ouverte aux œuvres expérimentales et a pris le risque de me publier, même si le marché est étriqué ». Quant aux motivations économiques des Israéliens qui s’installent à Berlin, elles ne venaient qu’en dernière position (« une ville pas chère »). C’est pourquoi, beaucoup d’observateurs en Israël estiment que le coût de la vie est une « excuse » pour s’expatrier.

[Israel Valley, Jacques Bendelac (Jérusalem)

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