Tsahal arrête 51 anciens prisonniers libérés lors de l’accord Shalit.
Les opérations nocturnes se succèdent, avec l’arrestation de 64 prisonniers, dont des terroristes du Hamas libérés lors de l’échange contre l’otage Gilad Shalit. Tsahal a fait une descente dans les bureaux des stations de radio du Hamas à Ramallah et Hébron.
Tsahal a arête 64 Palestiniens cette nuit, dont 51 membres du Hamas précédemment libérés lors de l’échange contre l’otage Gilad Shalit, alors que l’opération « Gardiens de nos frères » entre dans son sixième jour.

Tout au long de la journée de mercredi, 240 personnes ont été arrêtées au cours de l’opération visant à retrouver les trois adolescents disparus en Judée-Samarie, durant la nuit de jeudi dernier, dont 180 agents opérationnels du Hamas ; quelques 800 structures ont fait l’objet de fouilles intensives.
Les 51 derniers détenus faisaient partie du groupe des 1.027 Palestiniens libérés des prisons israéliennes en 2011 en échange d’un soldat israélien pris en otage par des terroristes de Gaza, lors d’une incursion souterraine par un tunnel transfrontalier, en 2006.
Les forces de Tsahal ont aussi opéré une descente au cœur de la station radio du Hamas, Al-Aqsa, à Ramallah et dans l’entreprise de communication

Le Premier Ministre Binyamin Netanyahu a salué l’effort des forces de Tsahal pour l’accomplissement de la mission complexe menée la nuit dernière.
“L’opération de la nuit dernière, contre des terroristes du Hamas –dont beaucoup de ceux injustement libérés dans le cadre de l’accord pour le retour de Gilad Shalit – envoie un message important et clair et ce n’est que l’une, dans une série d’opérations qui vont se poursuivre, dans le but de ramener nos jeunes enlevés à la maison et de frapper les infrastructures du Hamas en Judée-Samarie ».
Selon Ron Ben-Yichaï Article original, Bibi Netanyahu et Moshé Ya’alon sont, très exactement, en train de faire au Hamas ce que le Président Abdul-Fattah al Sissi fait aux Frères Musulmans, depuis juillet 2013. Tout comme Sissi travaille à empêcher la «
La seule différence réside dans la manière, moins brutale, d’intervention de Tsahal, mais l’objectif est exactement le même.

Depuis deux ans, la Division de recherche des renseignements militaires s’inquiète des risques d’infiltration, dans la Bande de Judée-Samarie et en Israël, d’éléments du Jihad radical, bien plus que ne le fait le Shin Bet. Mais, cette crainte diffuse n’a fait que se renforcer, au moment de l’accord de réconciliation entre le Fatah d’Abbas et le Hamas.
Ce sentiment de quasi-panique a failli tourner à l’hystérie, lorsque Daesh ou l’EIIL s’est emparé de

On peut dire qu’actuellement, les services de sécurité israéliens perçoivent le danger du Jihad islamique global comme équivalent à la menace que représente le programme nucléaire iranien. C’est ce qui a déclenché, à cause de l’enlèvement des trois adolescents, une opération que, de toutes façons, Tsahal aurait été amené à effectuer, quoi qu’il arrive.

Ce kidnapping peut apporter un certain crédit au Hamas, dans les rues de Ramallah et ailleurs, mais ce n’est qu’une réalisation de court-terme. Sur le long terme, il va perdre l’occasion d’instaurer sa loi et son objectif stratégique : la prise physique et politique de l’entité dite « Autorité Palestinienne », de la même façon qu’il contrôle Gaza.
Il est, maintenant, clair, tant aux yeux des Israéliens que des Palestiniens, que les opérations nocturnes à Naplouse ou dans la zone de Bethéhem n’ont pas pour but, uniquement, de ramener les adolescents kidnappés à la maison, mais de déjouer la prise de contrôle du Hamas sur l’Autorité Palestinienne et l’OLP.
La saisie des ordinateurs du Hamas, à Bethléhem, lundi dans la nuit, n’a pas le moindre lien, le plus fantaisiste soit-il, avec l’affaire concernant les 3 jeunes adolescents. Mais, ils renseignent Israël, et, indirectement Abbas, sur les activités économiques, sociales et civiques du Hamas, la « Dawah », qui est la source du pouvoir du Hamas et le principal outil utilisé pour recruter des « militants », des agitateurs et renforcer sa propagande dans la rue arabe.
Ces opérations peuvent même aussi aider à libérer les 3 otages, en rendant la population palestinienne bien plus anxieuse sur ce qui peut lui arriver, en plongeant les dirigeants du Hamas dans la plus profonde perplexité, face à un énorme dilemme : doit-il accepter de tout perdre, pour conserver l’avantage tactique de cet enlèvement? Ou doit-il lui sacrifier ses intérêts de long terme, la domination de la rue palestinienne, sachant que chaque jour et chaque nuit qui passe, les éloigne un peu plus de leurs objectifs?
Ce kidnapping peut conduire à la fin du Hamas, tout comme le zèle fanatique de Mohamed Morsi et de ses Frères Musulmans a mené à leur éviction en Egypte.
L’agenda même de cette atteinte à la sécurité des 3 jeunes se déroule au plus mauvais moment, pour la campagne de communication du Hamas : Israël peut obtenir un certain soutien relatif, malgré les éternels morceaux de propagande de la presse, notamment française contre les « adolescents-colons », alors que la communauté internationale est, déjà, sérieusement échaudée par les crimes et enlèvements de masse de Boko Haram au Nigéria, Kenya, Somalie et les exactions de Daesh-EIIL, en Syrie et en Irak.
Le monde occidental, malgré tous ses relents d’hypocrisie, commence, à peine, à réaliser que le Jihad mondial le menace, tout comme il menace Israël ou le gouvernement d’Al Maliki à Bagdad.
Du coup, jusqu’à présent, Tsahal obtient une sorte de blanc-seing pour agir avec perspicacité contre les branches souterraines du Hamas, tant qu’il évite tout bain de sang et toute forme de « punition collective ».
Malgré toutes les oppositions idéologiques classiques, émanant du monde arabe, actuellement, Israël appartient, de fait, à une large coalition qui combat directement le Jihad mondial. Les premiers pays à prendre la tête de cette coalition informelle et non-déclarée, sont la Jordanie, l’Egypte, qui demande, en langage très diplomatique, à Israël de « faire preuve de retenue » dans le cadre de ses opérations (hommage du vice à la vertu!), mais s’abstient de la moindre « condamnation » de ces opérations, on pourrait dire, bien au contraire.
Entre les lignes, il devient évident que le Hamas représente un danger de tout premier ordre, d’abord pour l’Egypte, ensuite pour la Jordanie.
Par contre, aucun de ces régimes, ni l’Arabie Saoudite, ne pourrait, actuellement, soutenir, même du bout des lèvres, une opération massive à Gaza, se soldant par de nombreux tués, sans que « la rue arabe » ne se retourne contre leur « silence complice ». Il faut donc avancer phase par phase, avec l’impression de marcher sur des œufs, pour reprendre le contrôle sur le plus long terme.
L’opération se déroule donc en deux temps : encercler et neutraliser les éléments violents du Hamas en Judée-Samarie, puis resserrer l’étau et retrouver les 3 adolescents, par l’accumulation de renseignements.
Loin d’une opération de représailles, cette opération est clairement une investigation en vue de recueillir le maximum de renseignements. Il y a les forces visibles en uniforme et celles qu’on ne voit pas. Cet « écrémage » est destiné à capter l »information en or », qui permettra à Tsahal de mettre la main sur les kidnappeurs et leur faire avouer où les jeunes sont séquestrés, en vue de l’opération finale.
La présence massive de Tsahal a aussi pour but de contrer les appels à l’émeute, tels que ceux de Badran, à Gaza, juste après l’annonce des enlèvements. Ce quadrillage dissuade, en même temps qu’il mettrait peu de temps à disperser les émeutiers.
C’est ce qui explique la présence de trois brigades et demi, et d’autres unités du génie qui, pourtant, ne semblent pas agir directement dans le cadre de l’enquête elle-même, mais pour en faciliter le déroulement.
Les kidnappeurs bénéficient, pour le moment, des leçons tirées de leurs précédents échecs, dans le kidnapping, d’une bonne connaissance du terrain et du soutien massif des Palestiniens de la rue, qui les hébergent, les alertent, etc. Ils ont aussi pris l’avantage des huit heures de latence, avant le déclenchement des recherches. Tout ceci incite Israël à montrer beaucoup de patience, avant que des indices évidents mènent vraiment à la cachette des terroristes qui ont enlevé les jeunes. Mais ils seront retrouvés, même si cela doit prendre des années.
Jusqu’à présent, à part quelques groupes farfelus ou fantômes, aucune revendication sérieuse n’est parvenue, indiquant que les kidnappeurs savent que Tsahal est sur leurs talons. Leur prise d’otages ne leur sert, sur le plan politique et tactique, à rien, à cette heure. S’ils bougent, on leur mettra la main dessus.
Situation qui les rend otages de leurs otages…
Yoav Zitun
Publié le: 18. 06.14, 09:24 / Israel News
Atila Somfalvi a contribué à ce reportage.
ynetnews.com Article original
Adaptation et remarques : Marc Brzustowski.
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