C’est submergée par l’émotion que j’écris ces quelques lignes. Je reviens juste de la place Rabin où se tient en ce moment un rassemblement de soutien à Eyal, Naftali et Gilad, les trois adolescents kidnappés par le Hamas le 12 juin 2014.
Des milliers de personnes se sont réunies sur la place. Sur la scène, défilent le nouveau président de l’état d’Israël, Reuven Rivlin, le grand rabbin de Tel Aviv, les artistes et les mères des enfants enlevés.
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Ce sont bien des images d’enfants qui défilent sur l’écran géant… Je ne parviens pas à étouffer un sanglot lorsque je vois les photos de leurs Bar Mitzvah, sans doute par que je viens tout juste de célébrer celle de mon fils, ce sont bien des photos de jeunes adolescents qui s’affichent aussi, beau brun au sourire ultra-brite allongé sur le sable en compagnie de sa famille, il ressemble tellement à mon fils du même âge… La colère fait place à l’émotion. Comment ? Comment la presse étrangère a-t-elle pu parler de « colons » plutôt que d’adolescents ? La course à l’audimat fait elle perdre tout sens d’humanité ? Comment peut-on titrer « 3 colons disparus » quand il s’agit de 3 adolescents enlevés ? Comment peut-on ainsi banaliser la terreur ?
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…Et puis mon regard se porte sur cette foule dans laquelle jeunes et vieux se côtoient, droite et gauche, religieux et laïques s’unissent, priant chacun à leur manière pour le retour des 3 enfants.
C’est un sentiment de fierté qui me parcourt en regardant ce spectacle d’hommes et de femmes unis dans la dignité et par l’espoir. Pas de cris de vengeance, pas de drapeaux brûlés ou piétinés, pas de slogan de guerre… Juste l’espoir. Sur les panneaux, les slogans sont : ramenez nos enfants et vivons en paix…
Nous sommes des milliers à nous être rassemblés, debout, pour affirmer notre détermination à ne pas les oublier, à ne jamais cesser de les chercher. De vaines paroles ? Ailleurs peut-être, ici nos enfants font ou feront l’armée. Ici, pour citer l’une des mères, nos enfants auront les yeux rougis par le manque de sommeil, parce que jours et nuits, ils chercheront leurs trois frères enlevés, jusqu’au jour où… ils les ramèneront à leur famille.
La maman de Naftali a confié combien elle était profondément touchée par les témoignages de solidarité, par la force de la mobilisation du peuple d’Israël. « Face à notre douleur immense, face à l’ignorance quant à l’endroit où ils se trouvent, à leur état de santé morale et physique, une seule chose nous dit qu’ils tiendront bon: Ils savent que jamais, JAMAIS, la nation ne les abandonnera ».
Il ne faut jamais dire jamais ? Voici donc l’exception qui confirme la règle. Nous ne baisserons JAMAIS les bras, ni ne ménagerons nos efforts pour qu’ils retrouvent leurs familles.
La maman d’Eyal remercie toutes les personnes présentes, son témoignage est poignant…Ces moments de bonheur, qu’elle évoque avec son fils qui lui manque tant, ressemblent tellement à ces petites scènes de la vie quotidienne d’une famille « normale ».
En voyant ce peuple réuni ce soir, digne, je suis fière d’appartenir à cette nation qui sait trouver en elle la force de l’union quelques soient ses différences.
Ce soir, plus que jamais notre hymne national prend tout son sens. HaTikva…L’espérance… Etre un peuple libre sur notre terre….
29 juin 2014 |
par Céline Benhamou pour Tel-Avivre.com Article original
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