Tout se passe comme si le Bataillon Lavi avait un compte personnel à régler avec la cellule terroriste du Hamas qui a kidnappé les trois adolescents, alors que la course contre la montre, dans cette enquête, se poursuit.

“Nous avons pris Johnny”, declare le message de l’émetteur-récepteur radio de l’armée, et les soldats font route vers la prochaine cible. A la nuit tombée, les troupes conduisent leurs véhicules à travers la Bande occidentale de Judée-Samarie-Cisjordanie, à bord de véhicules blindés. On leur jette des bouteilles et des briques, mais ils poursuivent impassibles vers les maisons d’autres terroristes du Hamas.

Près de quarante bataillons travaillent contre la montre pour arrêter des suspects en Judée-Samarie, et pour collecter des renseignements sur le terrain, qui puissent aider le Shin Bet à trouver les trois adolescents israéliens enlevés et leurs kidnappeurs.

Ce kidnapping, la plus importante attaque terroriste dans la region depuis la Seconde Intifada, est particulièrement dure pour l’un de ces bataillons – le Bataillon Lavi de la Brigade Kfir, qui s’est vu confier la zone de Gush Etzion, au cours des sept derniers mois.

Au cours de la nuit, ils ont arrêtés 25 Palestiniens, dans les campas de « réfugiés » de Dura et Dheisheh.


Photo: Roee Idan

Moins de 300 m séparent le principal avant-poste du point d’autostop d’Alon Shvut – d’où les trois adolescents : Gil-Ad Shaer, 16 ans, Naftali Frenkel, 16 ans et Eyal Yifrach, 19 ans, ont été enlevés, au cours des dernières heures du jeudi 12 juin.

Le bataillon, qui a déjoué plus de dix attentats terroristes au cours des six mois précédents, n’a pas reçu d’information sur le moindre complot terroriste dans le secteur.

Depuis vendredi dernier, lorsque les recherches pour retrouver les trois jeunes ont commencé, c’est comme si on pouvait lire l’extrême fatigue dans les yeux des commandants de Lavi, l’un des bataillons les plus estimés par le Commandement Central, et qui a été formé au beau milieu de la Seconde Intifad, en tant que groupe « expert » en matière de terrorisme palestinien dans la Bande occidentale de Judée-Samarie-Cisjordanie.


Photo: Yoav Zitun

“J’étais en train de passer des vacances à Eilat avec ma femme et mes cinq filles, mais le lendemain, je les ai laissées et me suis dirigé vers la Judée-Samarie. J’ai décidé que personne ne retournerait chez lui, mais ce sont les soldats eux-mêmes qui m’ont fait comprendre qu’ils n’iraient nulle part, tant qu’on ne les aurait pas retrouvés. L’un d’entre eux est un soldat isolé, qui devait prendre un vol pour aller voir sa mère qu’il n’a pas vue depuis longtemps. Je l’ai laissé partir », affirme le Commandant du Bataillon, le Lieutenant-Colonel Shachar Sapada.

Entre une arrestation et une descente, Shachar a reçu un message Whatsapp de la part de sa fille la plus jeune. « Papa, as-tu trouvé les enfants qu’on nous a volés ? ».


Photo: Yoav Zitun

Les combattants de Lavi contrôlent les villages dans la région, aussi bien que la ville de Bethléhem. Quand ils sont partis en incursion sur le terrain, ils ont été remplacés à leurs postes de garde par des troupes de renfort venus des bases d’entraînement et des soldats du Commandement du front intérieur, envoyés dans le secteur.

Pendant ce temps, les combattants de Lavi fouillent les grottes et les caves, pour retrouver les jeunes enlevés, ou au moins un indice qui puissant les conduire vers eux.

Avant de partir en raid sur Beit Ummar, mercredi soir et, de là, aller procéder à de nouvelles arrestations à Bethléhem, les combattants ont été brieffé par le commandant-adjoint du Bataillon, le Major Liel Havusha : “ Nous allons sortir pour aller chercher les jeunes kidnappés et les ramener à la maison. Soyez prêts à une situation où nous allons tombés sur les kidnappeurs ou les kidnappés ».


Photo: Roee Idan

Ce type de déclaration ne repose pas nécessairement sur un code obscur du renseignement et les combattants, comme ils le disent, n’ont pas besoin de motivation supplémentaire.

Le commandant du bataillon l’explique : “Il y a un sentiment de colère, d’un côté, mais d’un autre côté, nous ne quitterons pas le terrain avant d’avoir retrouvé ces trois garçons et de les avoir ramenés chez eux».

Tout se passe comme si les soldats de Lavi voulaient personnellement régler son compte à la cellule terroriste du Hamas qui opérait dans cette zone.


Photo: Roee Idan

Au cours de ces incursions, ils partagent cette mission avecd des combattants des corps d’élite, de l’Unité de Reconnaissance Egoz (Golani) et de l’Unité parachutiste 669 de secours et d’évacuation.

Les troupes de Lavi résistent à la tentation de sortir de leurs véhicules blindés pour répliquer aux jets de pierre, aussi intensifs puissant-ils être, à l’entrée et à la sorite des différents villages.

“Nous nous concentrons sur la mission en cours” explique le commandant-adjoint du bataillon. Le chauffeur de sa Jeep est moins content : les Palestiniens ont fait éclater les rétroviseurs des côtés de sa Jeep « David » et l’épais capot montre des signes que les Palestiniens peuvent balancer des briques très lourdes même à 2 heures du matin.

Photo: Yoav Zitun

Les familles des miliciens du Hamas ne montrent pas de signes de résistance, lorsque les soldats de Lavi viennent les arrêter, et personne ne pleure, mais il y a comme un état de choc ou de stupeur.

Dans la première maison, les soldats rencontrent un agent opérationnel du Hamas âgé de 60 ans, qui se lave la figure, juste un moment avant d’être emmené dans le véhicule de l’armée. Des images de la carte d’Israël avec des symboles palestiniens sur chaque ville des deux côtés de la « ligne verte » montrent clairement que, lui aussi, croit encore à l’idée de Grande Palestine sans Juifs.


Photo: Yoav Zitun

Au cours de l’arrestation suivante, un jeune agent du Shin Bet, accompag né par des soldats, ne perd pas de temps : il interroge un terroriste du Hamas de 30 ans, en employant le dialecte local arabe, dans la propre arrière-cour de cet homme.

L’agent du Shin Bet indique aux soldats qu’il est temps de retourner à la voiture et de foncer vers la prochaine arrestation.

Un barrage routier, fabriqué à la hâte, avec des poubelles, ainsi qu’une salve de pierres sur le chemin à la sortie de Bethléhem contraignent les soldats à sortir de leurs véhicules et à répliquer avec leurs armes dotées de gaz lacrymogène et de balles en caoutchouc.

Il apparaît que les Palestiniens se sont remis du premier choc qu’ils ont subi au début de la semaine et que le niveau de frictions et de violence, au cours de ces incursions ne peut qu’aller en augmentant.

Yoav Zitun

Publié le : 20.06.14, 12:21 / Israel News

ynetnews.com Article original

Adaptation : Marc Brzustowski.

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