Par Maître Bertrand Ramas-Muhlbach
Le 12 mai 2014, La garde sceaux Christiane Taubira a refusé de chanter La Marseillaise lors de la commémoration de l’abolition de l’esclavage, assimilant l’hymne national français à un « karaoké d’estrade ».

La guyanaise (ex indépendantiste) à l’origine de la loi qui a fait de l’esclavage un crime contre l’humanité, ne se reconnaît manifestement pas dans « l’amour sacré de la patrie ». Elle n’est d’ailleurs pas la seule. Le même jour, le Ministre de l’Education Benoît Hamon a reconnu que, lui non plus, ne chantait pas l’hymne national et s’étonnait qu’on ne lui fasse pas le même procès. En mars 2013, le joueur de football Karim Benzema a affirmé que ne pas chanter l’hymne national n’était pas un problème et en 2011, la députée européenne franco norvégienne Eva Joly, (candidate aux élections présidentielles) a même rêvé d’une disparition du défilé militaire du 14 juillet…

Ainsi, de plus en plus de responsables politiques français et de personnalités publiques françaises ne se reconnaissent pas dans les symboles de la République ni ne se sentent concernés par les étapes historiques, refusant généralement d’endosser la violence qui en a été le corollaire. Il en est de même des jeunes générations de français qui ne se considèrent plus comme des maillons du processus historiques, à l’origine des valeurs mises en place dans le pays. D’aucuns n’hésitent d’ailleurs pas à siffler la Marseillaise à l’occasion de compétitions sportives.
Ils ne sauraient être blâmés. C’est le concept de nationalité qui est en pleine mutation, et en voie de désintégration en Europe. Les pays y ont décidé de donner à leurs frontières un caractère virtuel, de faire disparaître leur monnaie au profit d’une monnaie européenne et de voter majoritairement les lois à Bruxelles. Désormais, les pays européens sont composés d’un brassage de populations disparates, hétérogène venus d’horizons différents qui viennent s’implanter à l’intérieur des frontières en fonction des opportunités économiques, fiscales ou sociales, alors que les prérogatives politiques locales sont résiduelles. Or, le concept de nation suppose pour une population donnée, une identité d’histoire, de valeurs, de pratiques locales, à l’origine d’un sentiment d’appartenance au pays.
S’agissant de la France, notons que les modes pédagogiques d’apprentissage du sens national ont également disparu qu’il s’agisse de la religion catholique qui unifiait la population et la fédérait autour d’un corpus de règles morales enseignées dans les églises. De même, il a été mis fin au service national militaire à l’occasion duquel les jeunes générations découvraient ce que signifiaient l’appartenance nationale et les devoirs à l’égard du pays. Les français ne sont plus « de souche » mais « d’adoption » dans la mesure où leurs ancêtres n’ont pas participé aux combats menés pour mettre en place les principes des Droits de l’homme dont ils profitent pleinement.
En Europe (du nord), il n’y a plus de nations, c’est-à-dire de populations soudées autour de principes étatiques, de valeurs ancestrales et d’étapes historiques : la nation a ainsi fait place à des populations qui sont des agrégats humains sans unité spécifique. Il pourrait même être décidé, à l’avenir, de modifier les couleurs du drapeau, si la population qui compose les pays à l’instant « t » ne s’identifie plus à leur sens historique et se reconnaît dans d’autres couleurs.
Si les nations européennes ont décider de se dissoudre dans de vastes ensembles humains, elles n’en ont pas moins crée une nationalité artificielle « palestinienne », en se référant à des textes internationaux qui ne les concernaient pas.
La résolution 181 du 29 novembre 1947 a décidé du partage de la Palestine entre un « Etat juif » et un « Etat arabe », tous les deux indépendants : il n’a jamais été question d’un « Etat palestinien ». Cette résolution de 1947 est pourtant invoquée en Droit international pour justifier de la fondation de l’Etat palestinien.
De même, les palestiniens invoquent la résolution 194 de l’Assemblée générale de l’Onu (11 décembre 1948, article 11), qui a indiqué « qu’il y a lieu de permettre aux réfugiés qui le désirent de rentrer dans leur foyers ». Ce texte n’a jamais parlé de « réfugiés palestiniens » mais simplement de « réfugiés », et pour cause : le peuple palestinien a été inventé en 1968 avec la Charte palestinienne qui en a fait état pour la première fois, afin de justifier l’éviction des juifs de la Palestine mandataire. D’ailleurs, la résolution de 1948 a institué l’Unrwa qui est « l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine », et non des « réfugiés palestiniens ». Le peuple palestinien, institué en 1968, se réfère donc à des textes qui ne le mentionnaient pas puisque les intéressés eux-mêmes se considéraient, en 1948, comme des arabes de Palestine, non comme des palestiniens.
L’abus de langage s’est poursuivi avec l’exploitation de la résolution du Conseil de Sécurité 242 du 22 novembre 1967 qui traite de « l’occupation par Israël des territoires jordaniens », devenue, l’occupation des « territoires palestiniens». Il en est de même de la résolution 338 du 22 octobre 1973 qui institue un principe d’échange de territoire contre la paix avec l’Egypte, non avec les palestiniens.
La reconnaissance internationale de la « Nation palestinienne » est, en effet, intervenue plus tard avec la résolution 3226 du 22 novembre 1974 sur la « question de la Palestine » qui a reconnu ce qu’elle appelle depuis « les droits inaliénables du peuple palestinien » (qui seraient le droit à l’autodétermination, le droit de retourner dans leurs foyer, le droit à la souveraineté nationale et à l’indépendance). L’Onu a même conféré à l’Olp un statut d’observateur en 1974, alors qu’il s’agit d’une organisation terroriste qui appelle au meurtre des juifs et à l’éradication de l’entité sioniste. Le Droit international a ainsi bafoué les principes même contenus dans la Charte de l’Onu. En tout état de cause, et grâce à cette substitution habile, les résolutions telles 1397 du conseil de sécurité 12 mars 2002 ou 1515 du 19 novembre 2003, appellent la création de deux états Israël et la Palestine vivant côte à côte dans des frontières sures et reconnues…
De même, le Conseil de sécurité s’est régulièrement inquiété de la situation sur le terrain et a déclaré nulles et non avenues les mesures prises par Israël pour changer le statut de Jérusalem, appelant à la cessation des implantations israéliennes (qu’il a déclarées sans valeur légale). Il ne cesse de réaffirmer l’applicabilité de la Quatrième convention de Genève aux territoires arabes et palestiniens occupés par Israël depuis 1967 (Jérusalem incluse), alors que les textes concernaient la Jordanie, non les palestiniens. D’ailleurs, la communauté internationale a créé artificiellement la nation palestinienne, alors que les palestiniens précisent bien dans l’article 1er de la Charte de l’Olp qu’ils font partie de la nation arabe…
Le concept de Nation est en pleine mutation : les pays renoncent à cette spécificité pour leur population, ou inventent une « nation palestinienne » en travestissant les textes internationaux. Résultat : alors que la résolution de 1947 devait instituer un Etat juif aux côtés d’un Etat arabe, il est envisagé en 2014, la création d’un Etat palestinien aux côtés d’un Etat sans spécificité. Il appartient donc à l’Etat d’Israël de revenir à la définition originelle « d’Etat juif » (telle que voulu par l’Onu en 1947 et dans la déclaration de David ben Gourion en 1948), en figeant définitivement le lien entre la terre d’Israël et la nation juive toute entière, dans une véritable constitution.
Par Maître Bertrand Ramas-Muhlbach
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