La désintégration de la société israélienne ressemble fort à celle de ses voisins méditerranéens.Il n’y a pas de doute : la sentence de l’ex-Premier ministre Ehud Olmert est ce qui se rapproche le plus d’un tremblement de terre, en ce moment, dans la société israélienne.

Pas seulement parce que celui qui est envoyé en prison ce matin est un ancien Premier ministre, ni même en raison des faits pour lesquels il a été condamné. Le séisme est particulièrement violent en raison de la liste des condamnés mais surtout au regard de l’ampleur des condamnations.

A l’instar de plusieurs politiciens condamnés au cours de ces dernières années, (l’ex-ministre de l’Intérieur Arieh Deri, l’ex-ministre des Finances Avraham Hirschsohn, l’ex-président de l’Etat Moshe Katzav, l’ancien ministre de la Santé Shlomo Benizri, l’ex-ministre de la Défense Itsik Mordehaï et avec eux plusieurs personnalités du monde des affaires), cette liste représente une portion étonnante de la nouvelle élite israélienne: deux riches entrepreneurs impliqués dans des projets géants aux relents d’énormes pots-de-vin, un maire-adjoint du parti Shass (ultra-orthodoxe séfarade) qui prétend représenter les pauvres et les démunis, un ingénieur municipal en charge de l’urbanisme et de l’avenir de Jérusalem, et aussi un ancien PDG de la plus grande banque d’Israël et héritier d’une lignée d’entrepreneurs proches du pouvoir ainsi qu’un homme très réactif, entremetteur corrompu faisant le lien entre toutes les parties.


Manifestation contre la corruption du Gouvernement 2010

Ces six « stars » représentent le dessus du gratin des relations entre le pouvoir politique et celui de la finance en Israël qui est passé du stade des liens discrets tissés avec les gouvernements dans les années 70 à celui du piétinement flagrant et arrogant de la loi à partir des années 90.

La corruption du défunt parti Mapaï (socialiste) de l’époque qui provoqua sa chute et pour laquelle la droite la fustige encore de nos jours, ressemble aujourd’hui à une triste plaisanterie relativement limitée vu son étendue.

La plupart de ceux qui furent accusés de corruption durant ces années du Mapaï n’ont pratiquement jamais pris un sou pour eux-mêmes, ils faisaient tout simplement partie des rouages d’un système défaillant.

D’autre part, selon les normes actuelles, les plus hautes sphères du pouvoir et de la finance en Israël sont infectées par trois affections liées les unes aux autres au sein d’une chaîne préjudiciable: une bureaucratie lourde qui empoisonne la vie du citoyen lambda, le mépris total des hauts fonctionnaires et des politiciens de tous niveaux à l’égard de la loi, des règlements et de l’ordre public et l’implication corrompue du monde des affaires avec le pouvoir politique qui se renvoient systématiquement l’ascenseur.

Les hauts fonctionnaires qui ont quitté leurs fonctions sont nommés à des postes-clés dans des entreprises privées, puis, après quelques temps, retournent dans la fonction publique en dépit des conflits d’intérêt flagrants et ainsi de suite.

La troisième maladie est une forme dégoutante, ostentatoire et hédoniste de la débauche et du profit rappelant les derniers jours de Pompéi.

Cette réalité, mauvaise en soi, n’opére pas dans le vide. Elle s’ajoute à deux problèmes profonds et graves qui pèsent sur l’Etat et la société en Israël: l’occupation et le contrôle d’un peuple voisin et d’énormes disparités socio-économiques qui mènent à une totale désintégration de la classe moyenne israélienne.

Les investissements énormes ainsi que les constructions massives dans les implantations, assèchent le budget, faussent les priorités nationales et poussent les Palestiniens à l’escalade dans leur lutte contre Israël.

Même si le terrorisme est plus ou moins contenu, il semble néanmoins que les Palestiniens ont compris que la pression internationale sera plus efficace et c’est la raison pour laquelle une période difficile attend Israël dans un avenir proche.

Pour ce qui est des disparités socio-économiques, pas la peine d’épiloguer.

L’histoire a prouvé depuis longtemps à quel point elles ont réussi à saper des démocraties bien plus anciennes et puissantes que la démocratie israélienne.

Et c’est là que réside le danger pour la démocratie, illustré par l’affaire Olmert.

A l’opposé de cet exotisme israélien qui compare cet Etat vieux de 66 ans au coeur du Moyen-Orient avec des pays comme l’Angleterre ou la France, Israël est bien plus proche de ses pays frères du bassin méditerranéen (Tunisie, Algérie, Turquie, Grèce et peut-être aussi l’Iran).

Dans tous ces pays, la combinaison empoisonnée et mortelle de la bureaucratie, de la corruption institutionnalisée des disparités économiques injustes et de la dépendance du gouvernement à l’égard du monde de la finance, a conduit à une érosion inquiétante de la démocratie.

Dans tous ces pays, les révolutions ou les changements dangereux ont débuté lorsque le peuple a perdu confiance dans les institutions, dans les politiciens et, pis que tout, dans la démocratie.

Et dans tous ces pays, il y a eu et il y a encore une implication croissante des forces religieuses et nationales-religieuses radicales et ils ont tous connu de sombres périodes de régimes tyranniques et totalitaires ou anarchiques et faibles.

On peut cependant se consoler du fait que le système judiciaire israélien est encore indépendant et assez puissant, mais l’histoire nous enseigne que la probabilité que de telles institutions perdurent, en dépit des énormes pressions des forces corrompues, de l’extrémisme politique et religieux et de la perte de confiance du public, est assez faible.

Effectivement, la démocratie israélienne est en danger.

Avirama Golan/ I 24 NEWS Article original

Avirama Golan est écrivaine, et journaliste. Elle dirige le Centre d’urbanisme et des cultures méditerranéennes à Bat Yam.

Olmert écope de 6 ans de prison ferme

C’est la première fois dans l’histoire d’Israël qu’un ex-Premier ministre est condamné à une peine de prison.

Le juge David Rozen du tribunal de Tel Aviv a prononcé une peine de 6 ans prison de ferme à l’encontre l’ancien Premier ministre Ehud Olmert, âgé de 68 ans, qui avait été reconnu coupable de deux chefs d’accusation de corruption passive dans l’affaire Holyland, suivant ainsi les recommandations du procureur Yonatan Tadmor.

Olmert a également été condamné à payer une amende d’un million de shekels (210.000 euros).

C’est la première fois dans l’histoire d’Israël qu’un ex-Premier ministre est condamné à une peine de prison

Le juge Rozen a également prononcé des peines de prison à l’encontre des autres protagonistes de l’affaire Holyland, parmi lesquels Uri Lupolianski, qui avait succédé à Olmert au poste de maire de Jérusalem, et Danny Dankner, ancien dirigeant de la deuxième plus importante banque d’Israël.

Avant de prononcer la peine, le juge Rozen a rendu hommage à Olmert et l’a décrit comme « un homme impressionnant et très intelligent qui sait convaincre les autres, un homme respectueux qui a grandement apporté à son pays.

Le juge a cependant condamné les infractions d’Olmert, les décrivant comme « nuisibles » et a déclaré que « le crime d’Olmert soulignait son manque de morale ».

« Un serviteur de l’Etat qui reçoit ainsi des pots de vin doit être considéré comme un traitre' », a-t-il ajouté.

Olmert a fait une déclaration avant le rendu du verdict, expliquant que c’était « une triste journée qui voit un innocent condamnée une peine injuste et grave ».

Les avocats de l’ex-Premier ministre ont annoncé leur intention de faire appel du jugement.

Dans l’une des affaires de corruption les plus graves de l’histoire d’Israël, Ehud Olmert est accusé d’avoir reçu un pot-de-vin de 3,5 millions de shekels alors qu’il était maire de Jérusalem (1993-2003), de la part des promoteurs du projet immobilier Holyland, dans le sud-ouest de la ville sainte.

Une peine significative

Le procureur Yonatan Tadmor avait demandé à ce que le tribunal inflige des peines significatives.

« Les peines dans ce cas doivent avoir une certaine résonance », avait déclaré le procureur, présentant ses arguments avant que la sentence impliquant Olmert ne soit décidée.

« Les peines doivent absolument prendre en compte la gravité de ces actes, et entraîner un effet dissuasif auprès des individus et du grand public », a-t-il ajouté.

La condamnation du tribunal a été largement fondée sur le témoignage de Shmuel Dachner (lui aussi impliqué dans l’affaire car accusé d’avoir servi d’intermédiaire pour les transferts d’argent), qui a fourni des preuves incriminant la plupart des personnes condamnées durant ce procès.

La condamnation a été également fondée sur le témoignage du frère d’Olmert, Yossi, qui a confirmé avoir reçu de l’argent de Dachner (environ 120.000 dollars).

Pour Ehud Olmert, il s’agissait du troisième procès pour corruption depuis qu’il a été contraint de démissionner en 2008. Il a été acquitté de la plupart des charges dans les deux premiers.

Mêlé à plusieurs affaires de corruption, Ehoud Olmert n’avait pour l’instant été condamné qu’à une peine de prison avec sursis en septembre 2012 pour abus de confiance.

Il y a quelques semaines, Ehoud Olmert avait été interrogé par la police qui le soupçonnait d’entrave à la justice et de subordination de témoin, suite au témoignage de Shula Zaken qui fut sa plus proche collaboratrice durant 35 ans.

Cette nouvelle enquête contre Olmert a été déclenchée après le témoignage de Shula Zaken qui avait accepté de donner les enregistrements qu’elle détenait de ses conversations avec Olmert, à condition que les charges à son encontre soient levées.

Dans ces enregistrements, Olmert tente de persuader Zaken de ne pas témoigner contre lui.

Ehoud Olmert a fait jusqu’ici l’objet de six enquêtes concernant des affaires de corruption ou de fraude.

13-05-2014/ I 24 NEWS Article original

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Ruth

Il ne faut pas baisser les bras, au contraire! n’oublions pas que cette toute jeune démocratie doit elle aussi être évolutive et équilibrée, c’est précisément le chemin de toutes les démocraties. En France, il y a eu des révolutions, des accords, des conventions…je pense que les juifs français pourraient apporter beaucoup à Israel et aux israéliens, s’ils étaient plus conscients de leur bagage social. Tout le monde doit apporter sa pierre à l’édifice et ne pas croire, qu’il monte en Israel que pour être reçu!

DANIELLE

Oh! il va bien nous faire une pirouette et échapper à la peine, tel qu’on le connait.

Vous êtes surpris qu’un premier ministre soit condamné, et le président Katsav cela ne vous dérange pas, et encore, pour bien moins, sans témoin personne ne peut affirmer ces soi-disant viols. Mais c’est déjà une affaire ancienne, n’est-ce pas ?